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La Cour des comptes se penche sur les paradoxes franciliens

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La Cour des comptes se penche sur les paradoxes franciliens
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La Cour des comptes a récemment rendu public son rapport annuel et le constat est globalement alarmant. Aux récentes complications induites par l'introduction de mesures d'urgence sociales et économiques s'ajoutent, en Ile-de-France, des difficultés bien ancrées.

« La situation apparaît, à bien des égards, très incertaine », soulignent les magistrats de la rue Cambon.

Le mouvement des “Gilets jaunes” marque ce rapport annuel 2019 et rend les perspectives plutôt floues. « La trajectoire inscrite en septembre 2018 dans le projet de loi de finances a été substantiellement modifiée par les mesures d'urgence annoncées en décembre », explique la Cour, invitant le Gouvernement à présenter « dès que possible » des projets de lois de finances rectificatives pour l'État et la Sécurité sociale.

Le rôle de la Cour des comptes

Les missions de la Cour des comptes sont multiples : ses magistrats contrôlent l'action du Gouvernement, l'exécution des lois de finances et l'application des lois de financement de la Sécurité sociale. L'institution contribue également à l'évaluation des politiques publiques (mission la plus récente), et à l'information des citoyens.
Concernant l'effectivité du travail des magistrats, sur les 1 571 recommandations formulées par la Cour des comptes entre 2015 et 2017, pas moins de 72 % ont été totalement ou partiellement mise en œuvre par les administrations.

Parmi les nombreux sujets abordés par la Cour des comptes, la situation des communes défavorisées d'Ile-de-France fait l'objet d'une d'un examen approfondi. Les magistrats pointent du doigt « des difficultés structurelles appelant des réformes d'ampleur ».

« Alors que les disparités tendent à s'accroître d'année en année, ces collectivités cumulent les difficultés. Elles doivent répondre aux besoins de populations vivant dans la précarité socio-économique, habitant dans de grands ensembles urbains anciens et souvent dégradés, et percevant des ressources limitées », mentionne le rapport.

Terre des disparités

La région Ile-de-France est un véritable patchwork composé de communes concentrant les richesses et des collectivités défavorisées, gangrenées par le chômage, malgré la présence massive d'entreprises.

C'est la région dans laquelle les disparités économiques et sociales entre départements sont les plus fortes. Parmi les exemples fournis dans le rapport de la Cour des comptes, on apprend notamment que le revenu disponible médian dans les Hauts-de-Seine est supérieur de plus de 50 % à celui mesuré en Seine-Saint-Denis.

Alors que le 92 concentre 30 % du PIB national, 13 des 20 communes de plus de 20 000 habitants en difficulté sont situées en banlieue parisienne. La chambre régionale des comptes d'Ile-de-France a dénombré 12 communes franciliennes présentant un taux de pauvreté relative supérieur à 30 % (avec moins de 1 026 euros par mois pour une personne seule, selon les données de l'Insee de 2016) : Aubervilliers arrive en tête avec 45,5 %, suivie par Garges-lès-Gonesse et Saint-Denis, avec 39,7 % et 38,8 % des habitants sous le seuil de pauvreté.

Alors qu'en 2015, la médiane du revenu disponible par unité de consommation (UC) était de 22 639 euros dans la région Île-de-France, elle se situait entre 12 900 euros et 15 000 euros à Aubervilliers, Bobigny, Clichy-sous-Bois, Garges-lès-Gonesse, Saint Denis, Sarcelles, Villiers-le-Bel et Grigny, commune la plus pauvre de l'échantillon.

La faiblesse du niveau de revenu s'explique notamment par un taux élevé de chômage. Pourtant, la population de ces territoires est jeune. En 2015, selon le recensement effectué par l'Insee, la moitié des habitants de Clichy-sous-Bois et de Grigny avait moins de 25 ans.

« Le manque de qualification d'une partie des populations locales explique parfois davantage cette situation que l'absence d'emplois à pourvoir » observent les magistrats.

Ce phénomène est d'autant plus présent dans les communes de taille importante jouxtant Paris (comme la Plaine-Saint-Denis, par exemple), dans lesquelles a lieu « un réel dynamisme économique qui ne bénéficie cependant que peu à leurs habitants dont la formation ne répond souvent pas aux besoins de ces nouvelles activités ».

Les emplois de cadres sont ainsi massivement occupés par des actifs originaires de communes extérieures.

Une récente étude menée conjointement par la Banque de France et le Club ETI Ile-de-France confirme une concentration importante des entreprises dans les villes proches de Paris. Les entreprises de tailles intermédiaires (ETI) franciliennes ont déjà créé 100 000 emplois depuis 2012, mais la recherche de talents n'est pas aisée.

« Nous sommes en tension d'emploi, c'est-à-dire qu'on cherche des collaborateurs », souligne Pierre-Olivier Brial, président du Club ETI Île-de-France, qui a lancé de multiples initiatives sur le long terme en Ile-de-France, comme des actions dans les lycées, afin de faire découvrir des métiers aux étudiants, mais également des projets de mises en relation des étudiants de formations existantes avec les entreprises.

« Nous ne sous-estimons absolument pas les problèmes auxquels les communes défavorisées peuvent être confrontées. (…) Cela ne les dispense pas de nécessaires efforts de gestion et d'une meilleure maîtrise de leurs charges », estime Didier Migaud.

« Nous sommes tout à fait conscients que la maîtrise des charges n'est pas la seule réponse », ajoute le président de la Cour des comptes.

Les recommandations de la Cour des comptes pour l'Ile-de-France

À l'État : 1. Transférer l'ensemble des opérations d'aménagement urbain aux communautés d'agglomération et aux communautés urbaines de la grande couronne, comprenant les communes les plus défavorisées ;
2. Initier une démarche de contractualisation entre les communes les plus défavorisées, leur intercommunalité et l'État, afin d'établir des engagements fermes en matière de maîtrise des finances publiques en contrepartie du renforcement des dispositifs d'aide existants.

Aux communes : 3. Mettre à profit les marges de manœuvre existantes, notamment en matière de maîtrise des dépenses de personnel, pour améliorer l'efficience de la gestion des communes et conforter leur capacité d'autofinancement.




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