AccueilActualitéEuropeLa campagne présidentielle s'invite dans l'hémicycle européen

La campagne présidentielle s'invite dans l'hémicycle européen

« Je vous rappelle qu'ici ce n'est pas la campagne française » : le Parlement européen à Strasbourg a pris des allures d'arène présidentielle, à la faveur de l'intervention des oppositions.
La campagne présidentielle s'invite dans l'hémicycle européen
© DR

ActualitéEurope Publié le , Avec l’AFP

Après un discours initial d'Emmanuel Macron tourné seulement vers les institutions européennes, c'est avec les interventions des eurodéputés français, qui prenaient la parole pour leurs groupes respectifs, que l'ambiance s'est réchauffée.

« Vous resterez dans l'histoire comme le président de l'inaction sur le climat ! », a martelé le candidat écologiste, Yannick Jadot. « Vous préférez procrastiner (...) plutôt que sonner la mobilisation générale », s'est-il exclamé. Depuis le pupitre central, Yannick Jadot s'est tourné tout le long de son intervention vers Emmanuel Macron, assis à trois mètres.

Le chef de l'État a d'abord pris des notes avant de relever la tête pour fixer son probable concurrent à l'élection présidentielle, lui qui n'a pas encore confirmé briguer une réélection.

Des exclamations ont fini par s'élever des bancs de certains eurodéputés, ulcérés que Yannick Jadot ne les regarde même pas : « C'est pas un meeting ! », a lancé l'un d'eux. Même chez les alliés de l'écologiste, ça grognait : dans un tweet, le député du groupe des Verts Reinhard Bütikofer a regretté que « Yannick Jadot profite de l'occasion pour prononcer un discours de campagne ». Les représentants des groupes sociaux-démocrates et Renaissance ont ensuite pris la parole pour demander du "respect". « On n'est pas à l'Assemblée nationale », a dit Stéphane Séjourné, maillon important de la Macronie. « Je vous rappelle qu'ici ce n'est pas la campagne présidentielle française », a fini par tonner la nouvelle présidente du Parlement européen, la conservatrice Roberta Metsola.
Depuis Paris, le ministre Marc Fesneau a jugé la prestation de M. Jadot « lamentable », « il abaisse le projet européen, il abaisse la France ».

« Marchepied »

Les oppositions assument cette "prise" temporaire de l'hémicycle européen, estimant qu'Emmanuel Macron, en ne demandant pas le report de la présidence française de l'UE, s'exposait à la politiser en pleine campagne. « Il faut qu'on se prépare activement, (...) si ça se trouve fin avril c'est moi qui vais entrer ici, par une autre porte, pour dire en quoi ça change », a souri l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui a organisé un point presse à l'extérieur de l'hémicycle juste après l'intervention de M. Macron. Il s'est dit « déçu » : « La substance était pauvre (...). C'était le discours usé d'un homme usé... par ce qu'il dit ».
Quant à François-Xavier Bellamy, ancienne tête de liste de LR aux européennes de 2019, il a reproché à Emmanuel Macron une « obsession de la communication », préférant la "sobriété de l'action", un langage proche de sa candidate, Valérie Pécresse.
Face à ces accusations, Emmanuel Macron a fini par entrer dans l'arène. Au proche de Marine Le Pen, Jordan Bardella, qui l'a accusé de favoriser la « submersion » des nations européennes, il a ironisé, déclenchant l'hilarité du groupe centriste : « Vous avez très méthodiquement dit n'importe quoi sur tous les textes évoqués, cela mérite une forme de respect ».

A Yannick Jadot, le chef de l'État a donné du « président », avant que l'intéressé ne le lui fasse remarquer. « Vous vous êtes exprimé avec le cœur d'un président de groupe », lui a lancé Emmanuel Macron, comme pour bien clarifier qu'il ne pensait certainement pas à lui pour la présidence française. Il a enchaîné : « Il faut être très précis sur les sujets, la mobilisation générale on est tous d'accord, mais comment ? ». Sur l'agenda climatique en Europe, « la France a été aux avant-postes de cette stratégie, vous ne pouvez pas le nier, ou vous mentiriez ».

A Manon Aubry, la présidente du groupe de la gauche radicale, il lui a reproché sa trop grande politisation : « vous avez dit que la présidence française de l'UE ne doit pas être un marchepied pour la présidentielle, et vous avez tout à fait raison ». « Quelle mauvaise foi ! », a pesté l'eurodéputé LFI Manuel Bompard, directeur de campagne de l'Insoumis.

A l’issue de l’intervention du président de la République, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon ont poursuivi leur campagne dans leurs meetings respectifs sur l'Europe à Strasbourg. « Ce sera le chaos si nous ne gouvernons pas ! », a tonné le premier devant plusieurs centaines de personnes. « Nous désobéirons à toutes les dispositions des traités qui sont contradictoires à notre programme », a expliqué le second à propos de sa volonté d'utiliser une clause sur le désengagement au niveau européen, « l'opt-out », devant 2 500 personnes.

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 20 mai 2022

Journal du20 mai 2022

Journal du 13 mai 2022

Journal du13 mai 2022

Journal du 06 mai 2022

Journal du06 mai 2022

Journal du 30 avril 2022

Journal du30 avril 2022

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?