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La blockchain, le futur des entreprises ?

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La blockchain, le futur des entreprises ?
© A.P.

Au-delà des crypto-monnaies, l'usage de la blockchain se concrétise dans des domaines aussi variés que les services juridiques, financiers, bancaires ou encore les transports, l'environnement et la santé. Plus de 1 200 professionnels ont participé au salon Blockchain Paris 2018 pour en savoir plus sur cette révolution technologique et sociétale.

La blockchain est la nouvelle révolution technologique du xxie siècle qui va profondément impacter les modes de travail. Elle promet de disrupter de nombreux secteurs, comme les acquisitions immobilières, les contrats commerciaux et les transactions monétaires.

C'est pourquoi le premier congrès Blockchain Paris a organisé deux journées d'échanges avec les acteurs innovants du domaine, autour d'ateliers, de conférences stratégiques et de rendez-vous d'affaires, les 27 et 28 novembre dernier, à la Cité internationale universitaire.

En plus d'une belle mise en contexte, les nombreux participants ont pu rencontrer des experts de la blockchain et networker avec les pionniers du domaine et les entreprises proposant des solutions utilisant cette technologie pour apporter sécurité et efficience.

Pour ouvrir ce salon inédit, Jean-Michel Mis, député co-rapporteur de la mission d'information sur la blockchain, est venu présenter les premières conclusions de la mission sur “les usages des bloc-chaînes (blockchains) et autres technologies de certification de registres” lancée par l'Assemblée nationale.

Gilles Babinet, digital champion auprès de la Commission européenne, a ensuite expliqué quels changements cette nouvelle technologie implique sur les paradigmes économiques et sociaux, tandis que Damien Lecan, CTO d'Unik-Name, a passé en revue l'état de l'art de la blockchain.

Définition du concept

La blockchain est une base de données distribuée. Le principe de cette technologie de stockage et de transmission d'informations, est qu'elle est transparente, sécurisée, et surtout, qu'elle fonctionne sans organe central de contrôle. Elle peut être privée comme publique, c'est-à-dire ouvertes à tous à l'instar du réseau bitcoin (lire encadré), et stocker n'importe quel type de données.

En effet, la philosophie de cette technologie est fondée sur le duo gagnant liberté/partage. Dans ce système complexe tout le monde a accès à l'intégralité des données partagées. Cette preuve de confiance pose malgré tout un véritable problème de confidentialité et de sécurité juridique.

La base de données est dite « sécurisée et distribuée » car elle est partagée entre ses différents utilisateurs, sans intermédiaire. Les données sont diffusées dans le réseau de “nœuds” puis vérifiées et rassemblées dans un “block” par les ”mineurs”. Ces derniers appliquent une fonction de “hash”, fonction mathématique qui donne une suite de caractères, jusqu'à obtenir un résultat avec certaines caractéristiques. C'est de ce cryptage informatique complexe que naît la confiance dans le réseau.

La blockchain peut donc être assimilée à un grand livre comptable public, anonyme et infalsifiable. Comme l'écrit le mathématicien Jean-Paul Delahaye, il faut s'imaginer « un très grand cahier, que tout le monde peut lire librement et gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, mais qui est impossible à effacer et indestructible ».

L'essor des applications business

« Nous sommes entrés dans une phase où la blockchain est devenue un incontournable technologique et économique », explique Romane Clausse, responsable du congrès Blockchain Paris, ce qui explique l'affluence des professionnels.

Une étude menée en Europe par Cognizant le confirme : plus de la moitié des managers interrogés, tous secteurs confondus, affirme que cette technologie a fait l'objet de réflexions stratégiques ou qu'elle est en cours de déploiement.

« L'engouement que nous ressentons sur cette première édition traduit bien le besoin exprimé en France par les grands groupes et les acteurs du secteur technologique : s'ils identifient désormais le potentiel de la blockchain, ils ont encore parfois des difficultés à l'envisager pour leur propre activité. Le congrès pourrait servir à la fois d'accélérateur à ce déploiement et de fédérateur de la filière en construction », témoigne Romane Clausse.

De fait, ce congrès a permis de réunir de nombreux directeurs de l'innovation et directeurs de la stratégie des grands groupes, sans oublier les directeurs métiers et DSI, en première ligne sur les projets d'implémentation.

Plusieurs cas concrets d'usage de la blockchain ont ainsi été explorés, comme le projet de traçabilité des produits du Groupe Casino, l'auditabilité et la sécurité des données alimentaires sur la plateforme B2B Foodia, la certification de l'origine verte de l'énergie chez Engie, la réduction des délais d'attribution des identifiants créanciers SEPA de la Banque de France, ou la gestion des stocks chez Daher.

En outre, des représentants des grands groupes Carrefour,
Orange, Air France KLM et Ubisoft ont participé à une table ronde consacrée aux prérequis pour mettre en place un projet blockchain.

Les besoins des entreprises en la matière sont immenses et loin d'être encore explorés. C'est pourquoi les investisseurs croient et investissent massivement dans les start-up de la blockchain : 1,4 milliard de dollars d'investissements cumulés en 2016. La start-up française Woleet — créée en 2015 par Gilles Cadignan, considéré comme l'un des pionniers de la blockchain en France, et Vincent Barat, ancien co-fondateur de Capptain revendu à Microsoft — vient d'ailleurs de lever un million d'euros pour développer sa technologie d'horodatage et d'authentification de données.

Blockchain et services juridiques

De nombreuses réflexions sont conduites sur la blockchain dans le secteur juridique. Legaltechs, avocats, notaires, huissiers, commissaires aux comptes et directions juridiques développent des technologies avancées pour les smart contracts gérés par la blockchain, qui permettent de certifier les différents acteurs, intervenants et parties prenantes de ces conventions.

La Chambre des notaires de Paris développe, par exemple ,deux projets de blockchain : un pour sécuriser l'espace collaboratif des notaires, l'autre pour éditer les copies exécutoires authentiques sous format numérique et faire signer les clients à distance.

La Chambre nationale des huissiers de justice (CNHJ) a, de son côté, développé Alertcys, une plateforme numérique conjuguant blockchain et expertise juridique. Cette solution dématérialisée est « destinée à lutter contre la corruption au sein des entreprises et des collectivités, tout en préservant l'anonymat et les droits des lanceurs d'alerte », explique Patrick Sannino, président de la CNHJ.

Ça bouge aussi côté barreau, notamment avec le cabinet Touati — La Motte Rouge Avocats qui s'appuie sur la start-up Deep BlockTM, opérateur de blockchain légale, pour fournir un service inédit de protection des créations.

Bitcoin : la blockchain initiale

La première blockchain est apparue en 2008 avec la monnaie numérique bitcoin, développée par un anonyme se présentant sous le pseudonyme Satoshi Nakamoto.

Cette blockchain est aujourd'hui très active puisqu'elle fait transiter pas moins de 69 milliards de dollars par jour. Elle repose en partie sur une création monétaire contrôlée.

Aujourd'hui, un bitcoin vaut environ 3 532 euros (4 045 dollars américains), mais sa valeur est très volatile. Cet “or digital”, n'est pas encore tout à fait devenu une valeur refuge même s'il engendre beaucoup de spéculation et d'échanges internationaux.

« Les personnes utilisent le bitcoin pour avoir recours à toutes les caractéristiques d'une monnaie classique sans passer par un Etat », explique Xavier Lavayssière, expert en informatique.

Toutefois, le bitcoin n'est pas considéré partout comme une monnaie classique. Ainsi, un magistrat américain a jugé en Floride que le bitcoin n'était pas une monnaie mais un « collectible », un objet à collectionner en somme, comme des pièces rares, des cartes de baseball ou des timbres de collection. La CJUE assimile quant à elle le bitcoin à « une monnaie ayant cours légal mais uniquement aux fins de la TVA ». Il n'est donc pas assimilé à une monnaie légale en termes monétaires.

Le minage est le procédé par lequel les transactions bitcoin sont sécurisées. Les “mineurs”, qui construisent les blocks de données du réseau avec leur matériel informatique, sont rémunérés par des pourboires et une prime en bitcoins par block codé. Cela demande beaucoup d'effort de calcul pour crypter le modèle et beaucoup d'énergie électrique pour faire fonctionner les ordinateurs qui calculent les algorithmes.
« Une véritable usine à gaz », dénoncent certains.




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