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La Banque de France réunit des experts pour soutenir les dirigeants de TPE-PME

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La Banque de France réunit des experts pour soutenir les dirigeants de TPE-PME
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Dans la première édition des « Webinaires du possible : ne plus rester figé dans mes incertitudes de dirigeant ? », la Banque de France a donné la parole à des représentants de la Direction générale des entreprises, des Chambres de commerce et d'industrie, du Barreau et des Tribunaux de commerce afin de rassurer les entrepreneurs en difficulté face à l'impact de la crise sanitaire. Des conseils et outils pratiques dans les domaines numérique, juridique et psychologique bienvenus en cette période difficile.

Pour ouvrir le bal, Bénédicte Roullier, cheffe du pôle Transformation numérique à la Direction générale des entreprises (DGE) représentante de France Num, présente le dispositif « diagnostic digital » mis en place depuis la crise Covid et entièrement pris en charge par France Num pour les commerçants et artisans (ainsi que les hôtels d'outre-mer).

S'appuyer sur le numérique

« On peut traiter 110 000 dossiers d'ici la fin mars et aujourd'hui il reste de la marge », assure-t-elle, enjoignant les dirigeants de TPE à y avoir recours car le numérique peut-être une superbe béquille en période pandémique.

« On va aussi proposer des programmes d'accompagnement-action dès le printemps avec des défis concrets à résoudre comme faire sa page sur un réseau social ou bien ouvrir son premier site d'e-commerce », ajoute l'intervenante en précisant qu'il faut que l'entreprise ai déjà une activité car ces dispositifs ne s'adressent pas aux créateurs mais aux dirigeants.

« L'e-commerce vient en appuis du commerce classique et est un relais puissant, un complément et un vecteur de croissance intéressant en période de crise », confirme Maurice Oms, correspondant national start-up à la Banque de France. « Selon la Fevad le chiffre d'affaires réalisé sur des places de marché a augmenté de 27 % en un an ce qui est un bilan très encourageant », précise-t-il en soulignant l'essor des market place. En outre, la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) identifie les start-up, à l'instar de la licorne française Mirakl, qui s'adressent aux e-commerçants pour améliorer leur développement.

« On fait beaucoup de conseil sur la création d'e-shop en ce moment, ce qui demande de la promotion, de la mise en place de fichier-clients et tout un système de visibilité très fort qui prend à peu près entre 3 à 6 mois », ajoute Marie-Angélique Thiébault, responsable Transition numérique à la CCI Paris.

L'experte accompagne des entreprises dans leur digitalisation à travers le programme national de la CCI entièrement gratuit car pris en charge par France Num « qui permet de dresser des diagnostics digitaux pour les dirigeants intéressés par téléphone ou en rdv présentiel d'environs 1h30 ». « Aujourd'hui, nous travaillons sur le plan relance de la Région Ile-de-France sur deux axes ; par le biais de webinars, notamment sur le référencement, la fidélisation, le commercial ou encore les réseaux sociaux, et par le biais de formations en ligne prises en charge par la Région », explique l'intervenante.

Pas besoin de se lancer dans l'e-commerce pour bénéficier de conseils précieux afin d'utiliser la toile à bon escient. Marie-Angélique Thiébault en profite ainsi pour faire un focus sur le Chèque numérique pour les commerçants franciliens qui finance jusqu'à 1 500 euros de leurs dépenses de fonctionnement.

Prendre soin de soi

Après le versant économique, l'exposé convaincant de Marc Binnié, greffier du tribunal de commerce de Saintes et co-fondateur de l'Association Apesa, a mis en lumière le versant psychologique de l'impact de la crise.

Après avoir dédramatisé la faillite et l'échec entrepreneurial, il rappelle à tous la nécessité de prendre en charge la souffrance morale des dirigeants en difficulté. Ce greffier estime, à raison, que ne pas aider ces professionnels en détresse, seuls face aux tribunaux de commerce, peut être qualifié de non-assistance à personne en danger. Il fait ainsi le parallèle entre les défibrillateurs cardiaques en libre-service dans la rue et le dispositif Apesa qui a formé un grand réseau de sentinelles qui lancent des alertes et orientent vers des psychologues formés spécialisés dans l'écoute et le soutien de la souffrance morale aiguë.

Un dispositif en accès libre, confidentiel et totalement gratuit, désormais accessible par le biais du numéro vert 0 805 50 50. « Ce n'est pas si simple de demander à un entrepreneur s'il a des idées noires, il faut être formé », souligne-t-il en précisant que ces derniers n'ont pas de droits sociaux ni de médecine du travail et ont tous un rapport affectif à leur entreprise. « Ce sont les greffiers des tribunaux de commerce et les mandataires judiciaires qui déclenchent le plus d'alertes aujourd'hui grâce à leur proximité avec les entrepreneurs », précise-t-il en appelant à la vigilance en ces temps de crise qui augmentent les risques de suicides.

Oser faire appel à un avocat

Dans son intervention, Jérôme Gavaudan, président du Conseil National des Barreaux, a fait la promotion du recours à l'avocat qui représente une aide précieuse pour les dirigeants d'entreprise dans de nombreux domaines, et particulièrement en temps de crise.

« Nous donnons des conseils stratégiques car nous sommes des ingénieurs juridiques mais aussi des entrepreneurs avec les mêmes problématiques de coûts que vous », souligne l'avocat.

Aux côtés d'une de ses consœurs, le représentant des Barreaux de France, donne de nombreux exemples de ce que les avocats peuvent faire pour accompagner les TPE-PME « dans un monde de crise qui devient de plus en plus difficile pour les entrepreneurs ».

L'avocat peut ainsi être utile dans le cadre de la mise en place de services numériques ou d'un site internet car il faut respecter le droit des données personnelles, ou bien dans le développement de nouvelles activités commerciales, dans la protection des actifs et de la propriété intellectuelle, ou encore dans la renégociation des baux commerciaux ou la gestion des ressources humaines particulièrement bousculée dans ce contexte pandémique. Jérôme Gavaudan alerte notamment sur les risques juridiques de la mise en place de l'activité partielle et du télétravail où « mieux vaut prévenir que guérir » car ces sujets sont très pourvoyeurs de contentieux.

Si ça paraît évident, il rappelle que « l'avocat apporte de la sécurité » et rassure ceux qui n'osent pas où craignent une facture mirobolante. « Le mieux que vous ayez à faire c'est de demander à l'avocat combien ça va vous coûter car il existe des aides », précise-t-il.

Il met aussi l'accent sur l'importance de se faire aider et de « dépasser certains freins psychologiques sur le droit des entreprises en difficulté » car il existe des mesures juridiques à prendre en amont d'une faillite qui restent confidentielles et très efficaces. Enfin, il désacralise le dépôt de bilan et l'accès aux procédures collectives parfois inévitables en période de crise.




Anne MOREAUX
Journaliste

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