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L'UJA de Paris lance son Lab en parlant engagement citoyen

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L'UJA de Paris lance son Lab en parlant engagement citoyen
© D.R. - Le commandant Christophe Cazorla, la députée Liliana Tanguy, l'entrepreneur Julien Leclercq et le président de l'UJA Paris Frédéric Perrin ont parlé d'engagement citoyen.

La première réunion officielle du “Lab UJA”, think tank réunissant la jeune génération du barreau parisien, s'est tenue récemment sur le thème “Comment favoriser l'engagement des jeunes ?”. « C'est l'échange qui nous intéresse », explique Frédéric Perrin, président de L'Union des jeunes avocats de Paris.

Le syndicat professionnel apolitique vient de créer son think tank pour permettre aux jeunes avocats, qui partagent de nombreux points communs mais interagissent peu, d'échanger avec des acteurs du monde du droit sur des sujets d'actualité.

« L'objectif est de discuter de thématiques sociales d'actualité qui nous intéressent et touche notre profession », selon Frédéric Perrin, président de l'UJA de Paris.

La jeunesse française est-elle moins engagée qu'avant ? C'est sur cette problématique que le Lab UJA a décidé d'ouvrir les débats en réunissant un panel original de trois intervenants d'horizons très divers : une parlementaire, un militaire et un entrepreneur engagé.

Pour Frédéric Perrin, les jeunes s'engagent toujours mais de façon différente, davantage dans les milieux associatifs (social, artistique, humanitaire) que politiques. Si la forme de l'engagement diffère, il subsiste et est même parfois plus fort qu'auparavant. En témoigne l'exemple de la marche pour le climat initiée par la jeune Greta Thunberg.

L'engagement se cultive

La parlementaire Liliana Tanguy ne partage pas non plus l'idée selon laquelle les jeunes s'engagent moins qu'avant. Toutefois, ils sont, selon elle, moins engagés dans un esprit collectif et « sont trop consuméristes, ce qui pose problème ». Elle constate aussi une crise du bénévolat en province, faute de moyens et d'opportunités. Il faut donc travailler à lever ces freins à l'engagement.

« La transmission de l'engagement n'est pas une évidence, il faut vraiment que ça se cultive », explique-t-elle, mettant en avant la nécessité de l'enseigner très tôt. D'origine yougoslave, la députée LREM a fait partie des jeunesses socialistes : « à ce moment-là s'est forgé mon esprit citoyen ».

« L'éducation populaire doit être enseignée dès le plus jeune âge, c'est ce qu'on essaie de faire avec le Service national universel (lire encadré) à partir de la troisième », assure la députée.

« L'engagement est une notion de parcours et vient des rencontres », pour le commandant Christophe Cazorla, chargé de mission Rayonnement et coordinateur zonal DSNJ au cabinet du Gouverneur militaire de Paris.

Premier événement du Lab UJA à la Maison du barreau. © A.P.

Entré dans l'Armée un peu par hasard pendant ses études d'histoire, Christophe Cazorla a été reçu en école d'officiers de réserve alors qu'il essayait d'échapper à son service militaire. Il « découvre alors le milieu particulier de la défense » et prend « goût à l'engagement dans l'Armée ».

L'importance du collectif

Après avoir longuement exercé dans le service historique de la défense, ce dernier gère aujourd'hui la réserve citoyenne. Pour lui, l'engagement est une notion individuelle mais aussi collective car il faut réussir à proposer des projets intéressants qui fédèrent.

Comme le président de l'UJA de Paris, Julien Leclercq, président de la fédération Entreprendre pour Apprendre, porte un regard plutôt optimiste sur l'engagement des jeunes.

« Je pense qu'on a le devoir de transmettre », insiste Julien Leclercq, président de la fédération Entreprendre pour Apprendre.

Déplorant le French bashing ambiant, l'entrepreneur est convaincu « qu'on a gagné au tirage » et que la France favorise la quête de sens permanente « très présente chez les jeunes ».

Prenant le parcours du célèbre chef Thierry Marx en exemple, l'entrepreneur est convaincu que l'éveil à la curiosité est un devoir, et présente la fondation avec son programme phare « la mini-entreprise », projet pédagogique mis en place dans les collèges, les écoles de la deuxième chance, les prisons...

« Il faut lutter contre l'isolement et ouvrir le champ des possibles aux jeunes », proclame-t-il, devant des jeunes avocats intéressés par ce dispositif.

Qu'est-ce que le SNU ?

La mise en place d'un Service national universel (SNU) est un engagement du président de la République Emmanuel Macron visant à impliquer davantage la jeunesse française dans la vie de la Nation, de promouvoir la notion d'engagement et de favoriser un sentiment d'unité nationale autour de valeurs communes.

« Il y a beaucoup d'espoir dans ce SNU qui a pour objectif de transmettre un socle républicain à notre jeunesse », explique Liliana Tanguy, députée LREM, qui déplore que la citoyenneté ne soit pas assez bien expliquée et assimilée à l'école.

Le groupe de travail sur le SNU a proposé un dispositif opérationnel soumis à l'arbitrage des Pouvoirs publics. Il indique l'ensemble des éléments clés nécessaires et trace le chemin qui pourrait conduire à ce déploiement.

Différent du service militaire

Le SNU n'est pas le rétablissement du service militaire, suspendu en 1997, mais un dispositif de cohésion sociale et territoriale visant à développer la culture de l'engagement.
Il diffère de l'ancien service militaire en ce qu'il ne définit pas un parcours rigide et obligatoire, qui ne répondrait ni aux objectifs des Pouvoirs publics ni aux attentes des jeunes.

« L'Armée apporte sa compétence d'organisation mais laisse les jeunes apporter leurs idées », commente le commandant Christophe Cazorla.

Le SNU mettra davantage en avant le volet engagement citoyen et humanitaire que le volet sécuritaire. Les jeunes pourront ainsi choisir parmi un panel d'offres de missions très varié allant de l'engagement volontaire dans les armées, la police, la gendarmerie, les pompiers, la sécurité civile, à l'accompagnement des personnes, à la préservation du patrimoine ou de l'environnement ou encore au tutorat. Cette liste ne sera pas limitative pour laisser libre cours leur créativité.

Retour de l'hébergement collectif

En revanche, le SNU se rapproche du service militaire dans son objectif de cohésion territoriale. En effet, le SNU sert aussi à faire du brassage géographique pour « faire sortir les jeunes de leur cité ou de leur campagne », explique la députée Liliana Tanguy. Cette dernière espère qu'il palliera au « manque d'ouverture et d'horizons qui leur limite l'esprit ».

Pour le commandant Christophe Cazorla, le SNU permettra « un vrai brassage, géographique et genré » car il réunira garçons et filles de tous horizons en internat, pendant au moins 15 jours.

Le Gouvernement a validé les grands principes d'architecture proposés par le groupe de travail, et notamment son organisation en deux phases distinctes, dont la première comportera une période d'hébergement collectif et la seconde la poursuite volontaire d'un stage d'engagement d'au moins trois mois




Anne MOREAUX
Journaliste

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