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L'Ordre des experts-comptables intensifie son action

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L'Ordre des experts-comptables intensifie son action
© A.P. - Charles-René Tandé, président du Conseil supérieur de l'ordre des experts-comptables, lors du dernier Congrès de l'Ordre

Tout juste réélu pour un second mandat, Charles-René Tandé, président du Conseil supérieur de l'ordre des experts-comptables, est déterminé à poursuivre son programme d'accompagnement et de promotion de la filière comptable. « Nous entrons dans le temps de la concrétisation », explique-t-il faisant référence aux nouvelles missions offertes aux experts-comptables par la loi Pacte.

En pleine transition, les experts-comptables ont un besoin criant d'accompagnement au changement. Le virage numérique, l'automatisation, l'intelligence artificielle, le prélèvement à la source et le projet de loi Pacte sont en effet en train de bouleverser la profession.

Pour Charles-René Tandé, il y a une chance pour tous, à condition de redéfinir une stratégie tenant compte des évolutions technologiques et réglementaires.

"Il est nécessaire que le marché nous identifie comme des sachants"

« Deux ans c'est très court pour initier des actions et les mettre en œuvre », se réjouit ce dernier d'avoir été réélu. Avec ce second mandat, il pourra ainsi intensifier son action en faveur de l'attractivité et de la modernisation de la profession.

Prendre le virage numérique

Les experts-comptables ont une carte à jouer dans le domaine du conseil et de l'accompagnement des PME dans le virage numérique. © A.P.

Très à la pointe sur les évolutions du secteur numérique (intelligence artificielle, blockchain, Big data), l'ordre veut imposer l'expert-comptable comme référent pilote de l'exploitation de tous les flux dématérialisés (financiers, humains, données des PME).

Deux prototypes de plateformes de traitement des factures intégrant de l'IA seront d'ailleurs présentés au prochain Congrès, fin septembre à Paris, ayant le numérique pour thème.

« Nous avons un gros travail à faire sur le numérique car il est important que l'expert-comptable soit au cœur des flux », explique Charles-René Tandé qui anticipe une généralisation de la facture électronique et un environnement 100 % dématérialisé à horizon 2023.

D'ailleurs, « le mot numérique va être intégré dans les missions de l'institution ». Pour le moment, « la blockchain n'est pas mûre pour traiter les factures électroniques au volume trop conséquent », constate Charles-René Tandé. En revanche, l'Ordre présentera bientôt une application concrète de la blockchain pour la gestion des diplômes d'expertise comptable depuis les années 1960.

Côté Big data, l'Ordre travaille mais fait face à des contraintes et problématiques juridiques sur l'exploitation des données de son portefeuille client, qui constituent une mine d'or sur l'état actuel de la conjoncture économique française.

Ce qui est certain est que l'Ordre veille à rester dans la course.

« Préparons-nous pour la suite », se réjouit le président du CSOEC.

Une réforme liée à la loi Pacte

Si la loi Pacte semble condamner une partie des commissaires aux comptes avec le relèvement brutal des seuils d'audit légal, elle contient plusieurs mesures positives pour la profession comptable. Très impliqué dans le processus législatif depuis sa genèse en septembre 2017, l'Ordre des experts-comptables estime que la loi sera votée en juin et ses décrets d'application en septembre-octobre.

« Notre réforme est liée à la loi Pacte », constate Charles-René Tandé, déterminé à faire des experts-comptables de véritables référents économiques.

Ce projet de loi offre en effet aux experts-comptables la possibilité d'utiliser les dispositifs d'honoraires de succès, le mandat de paiement, le mandat implicite, les activités commerciales accessoires, la reconnaissance de leur rôle dans l'accompagnement numérique des PME, et le statut d'experts-comptables en entreprise. De quoi réformer en profondeur l'exercice de la profession, déjà modifié par l'utilisation croissante du digital.

Accroître les synergies avec la CNCC

Afin d'augmenter le poids de la profession du chiffre dans le monde économique, les représentants des experts-comptables et des commissaires aux comptes ont décidé de renforcer leur partenariat. Le Conseil supérieur de l'ordre des experts-comptables (CSOEC) et la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) vont ainsi souder leur alliance géographiquement.

"Nous souhaitons approfondir les synergies entre la CNCC et le CSOEC, notamment en étant dans les mêmes locaux", annonce Charles-René Tandé.

A la rentrée, les deux institutions s'installeront dans le 14e arrondissement de Paris, rue Raymond Losserand, près de la Porte de Vanves.

Les partenaires se soutiennent dans ce tournant important pour leurs professions et « espèrent sortir une norme professionnelle compatible entre commissaires aux comptes et experts-comptables ».

Moderniser la formation

Pour accompagner la réforme de l'exercice professionnel, le CSOEC planche actuellement sur une réforme de la formation des experts-comptables, qui restera au niveau européen du Master (Bac + 5 avec un stage validé par un examen), et sera certainement dévoilée cet été.

« La réforme du diplôme est un de nos grands chantiers car il y a un trop grand décalage entre le programme et les besoins », commente Charles-René Tandé.

Comme il l'avait annoncé lors du dernier congrès annuel à Clermont Ferrand, l'Ordre souhaite mettre en valeur les différents savoir-faire de ses membres.

« Il est nécessaire que le marché nous identifie comme des sachants », précise le président de l'Ordre.

Le Conseil supérieur réfléchit à la création d'un dispositif souple de mise en avant des compétences techniques ou sectorielles par le biais de la validation des acquis de l'expérience (VAE) et de diplômes universitaires (DU).

Les professionnels pourront ainsi indiquer qu'ils sont spécialistes dans trois domaines au maximum, la transmission d'entreprise, l'accompagnement à l'export et les missions de directeur financier externalisé par exemple.

Le CSOEC mettra en place des modalités de contrôle a priori (en créant des options et des certifications dans le diplôme) et a posteriori, intégré dans les contrôles qualité des cabinets d'expertise effectués régulièrement par l'ordre.

Un Ordre dynamique en campagne

Rassemblant 21 000 professionnels, 130 000 collaborateurs et 6 000 experts-comptables stagiaires, l'Ordre des experts-comptables est placé sous la tutelle du ministère de l'Economie et des Finance. Il a pour missions d'assurer la représentation, la promotion et le développement de la profession française d'expert-comptable.
Il mène une campagne de lobbying à l'échelle nationale, télévisée et radiophonique, portée par la signature “L'expert-comptable : un conseil qui compte” dont le deuxième acte consacré à la transmission d'entreprise prend tout juste le relais du premier acte sur le prélèvement à la source. L'Ordre consacre ainsi un million d'euros de budget par an à cette campagne de communication dont le troisième acte abordera le numérique.
L'objectif, selon le président de l'Ordre, est d'abord de « toucher le grand public » pour casser les préjugés et « la vision réductrice du professionnel du chiffre » en « montrant aux clients tout ce qu'on sait faire », puis de « booster l'attractivité de la profession auprès des jeunes ».
Charles-René Tandé souhaite par ailleurs conforter le rôle de l'Ordre en tant qu'acteur consulté, écouté et respecté ; ainsi que celui des experts-comptables au service de l'économie et des dirigeants d'entreprise. Il entreprend donc un travail d'information et d'accompagnement sur l'expansion des missions de l'expert-comptable.
L'ordre veille, en outre, au respect de la déontologie, de la qualité et de la discipline professionnelle.




Anne MOREAUX
Journaliste

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