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L'Incubateur du barreau de Paris : un agitateur d'idées

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L'Incubateur du barreau de Paris : un agitateur d'idées

Interview de Béatrice Brugués-Reix et Benjamin Pitcho, avocats à la cour, membres du Conseil de l'Ordre et coordinateurs en charge de l'Incubateur.

Affiches Parisiennes : L'Incubateur du barreau de Paris a bien grandi depuis 2012 la date de sa création ?

À l'initiative du bâtonnier Pierre-Olivier Sur et du vice-bâtonnier Laurent Martinet qui avaient saisi avant l'heure l'importance du numérique, le barreau de Paris a mis en place en 2014 l'Incubateur du barreau de paris (IBP). La richesse de réflexion et de prospection des deux premières années de fonctionnement n'a pas manqué d'être remarquée par la nouvelle équipe du barreau depuis le 1er janvier 2016 sous la conduite du bâtonnier Frédéric Sicard et de la vice-bâtonnière Dominique Attias. Le bâtonnier Frédéric Sicard a ouvert aux différentes composantes de la profession cet outil remarquable qu'est devenu l'incubateur dont l'avenir est porteur de promesses et d'actions positives pour la profession. En augmentant l'équipe des animateurs et en orientant ses travaux autour de sept pôles thématiques (Communication, Lab-rescrit déontologique, Prix/ Fonds de soutien/ Prospective économique, Justice, Prospective identitaire), il nous a été demandé avec Benjamin Pitcho d'assurer sa coordination. Depuis le 1er janvier 2017, deux nouveaux MCO, Hannelore Schmidt et Benoît Deniau, ont rejoint l'animation de l'IBP.

Affiches Parisiennes : Pourriez-vous nous parler de vos actions en tant que coordinateurs en charge de l'Incubateur ?

Le nombre de membres de l'IBP ayant augmenté significativement, passant de quatre membres à une trentaine répartis dans les différents pôles, nous avons œuvré pour que chacun y trouve sa place, l'objectif étant de permettre à chacun des membres de donner une plus grande visibilité aux travaux menés par l'incubateur au sein de chacun des pôles dans le cadre des différents évènements que nous organisons que ce soit lors de notre grande conférence annuelle ou dans un cadre plus confidentiel lors de legalMeUp dont le prochain aura lieu le 29 juin prochain sur le thème « L'avocat : décideur de sa propre innovation », en partenariat avec le barreau entrepreneurial.

Affiches Parisiennes : Le barreau de Paris remet des prix aux candidats porteurs des projets les plus innovants, qu'attendez-vous des candidats 2017 ? Quels sont les événements à venir de l'Incubateur ?

Pour la première fois en 2016, le vote des lauréats a été ouvert à tous les avocats du barreau de Paris. C'était une façon de promouvoir l'incubateur mais surtout les candidats. Plus que des attentes à l'égard des candidats, l'IBP a initié une démarche vis-à-vis des autres ordres dans la constitution d'un réseau national des incubateurs (RNI) dans le but de diffuser une culture de l'innovation. L'extension des prix à tous les avocats de France permettrait de susciter l'innovation auprès de l'ensemble des confrères. La Convention nationale des avocats, qui se tiendra du 18 au 21 octobre prochain à Bordeaux, sera un temps fort pour l'IBP puisqu'elle scellera les fondations de ce réseau national des incubateurs

Affiches Parisiennes : Pouvez-vous nous présenter la Nuit de la Legaltech ?

Cette année, nous avons décidé de renouveler le genre de notre grande conférence annuelle avec une Nuit de la legaltech en partenariat avec la Clinique des élèves avocats et la clinique de l'HEAD en veillant à maintenir un haut niveau d'éthique et en accompagnant les legaltechs sur le volet formation. L'IBP poursuit donc son intégration vers les jeunes générations d'avocats (et élèves-avocats) autant que vers les jeunes pousses qui vont bénéficier d'un éclairage juridique sur leur activité. La Clinique des élèves avocats poursuit pour sa part son développement en délivrant une information juridique au bénéfice d'entreprises afin d'intégrer l'ensemble des compétences présentes au sein de l'EFB.

Affiches Parisiennes : Comment doit évoluer l'avocat d'aujourd'hui pour être compétitif et réussir à développer son activité ?

La profession d'avocat est en pleine mutation avec notamment :

- la loi Macron qui a modifié les conditions d'exercice de la profession (commercialité et interprofessionnalité) ;

- l'avènement du numérique qui a permis la dématérialisation des procédures civiles ;

- l'ouverture de la jurisprudence en « open data » par la loi pour une République numérique dite loi Lemaire du 7 octobre 2016.

Le secteur du droit est bouleversé dans sa pratique avec l'arrivée de l'intelligence artificielle et des nouveaux outils qu'elle met à disposition des professionnels et des justiciables. L'intelligence artificielle a permis entre autres le développement de la justice prédictive. Face à ces bouleversements, l'avocat doit réagir et repenser son activité à l'aune du nouveau marché et des nouvelles attentes.

Les réflexions menées par le barreau de Paris démontrent qu'il est nécessaire d'appréhender au mieux les « legal start-up » et de s'approprier les technologies d'intelligence artificielle pour repenser son activité.

D'autres technologies et modalités ne manqueront pas de faire évoluer notre exercice. La blockchain est déjà très présente dans la gestion des droits d'auteurs, tandis que le legal design va permettre de faire connaître rapidement ses droits à chacun des justiciables. C'est un outil d'accessibilité qui, pour rendre simple et intelligible des concepts juridiques complexes nécessite énormément de diligences par les avocats

Affiches Parisiennes : On parle d'une certaine uberisation du droit. Comment la profession devrait appréhender ces évolutions technologiques pour ne pas se faire distancer par les legaltech et les autres professions réglementées comme les experts-comptables ?

Le métier d'avocat emporte des garanties de qualité de service en raison de (i) sa formation (compétences), (ii) de sa déontologie forte, (iii) de sa discipline exigeante. Pour construire notre attractivité, il nous faut faire évoluer notre modèle économique en développant une offre de service innovante. Les technologies d'intelligence artificielle ne visent pas à remplacer le juriste ou l'avocat pour peu qu'elles soient maîtrisées. L'avocat doit se « réinventer » en faisant évoluer sa pratique. D'autres acteurs peuvent essayer d'intervenir dans le respect du monopole mais nous sommes les seuls à offrir des garanties indiscutables : les avocats ne vendront pas les données de leurs clients pour générer du trafic.

Affiches Parisiennes : Comment voyez-vous l'avenir de l'Incubateur ?

Rayonnant au niveau national dans le cadre d'une réflexion commune avec les autres incubateurs. En assurant une coordination nationale, les incubateurs s'accorderont pour faire avancer avec une efficacité accrue les sujets essentiels de la profession, tout en continuant de jouer son rôle d'agitateur d'idées dans un souci constant de faire évoluer la profession. L'innovation est réalisée à l'échelle de notre pays et ne peut être limitée à Paris, qui a besoin des incubateurs en province et réciproquement. Le dynamisme et l'envie sont présents chez nos confrères sur l'ensemble du territoire national.

Rayonnant à l'international, la dimension européenne et internationale étant un axe, là encore, important de l'IBP sous la mandature de Frédéric Sicard et Dominique Attias. Des liens avec les différents barreaux de Liège, Bruxelles, allemands, espagnols existent d'ores et déjà.

Benjamin Pitcho : J'ai pu constater l'appétence pour les nouvelles technologies en Allemagne notamment. Le DAV qui représente majoritairement la profession s'intéresse de près à l'IBP et souhaite mettre en œuvre une initiative comparable.

Béatrice Brugués-Reix : Je rentre du Québec qui est un pays francophone pionnier en matière d'intelligence artificielle. Les préoccupations de nos confrères sont les mêmes partout. Il ne faut pas subir une évolution qui est déjà en cours. Dans le même état d'esprit, nous avons pris l'initiative d'un réseau national d'incubateurs, le pôle européen et international de l'IBP œuvre pour créer de nouveaux incubateurs au plan international.




Emilie BOUSQUET
Journaliste

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