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L'importance de la présence en ligne

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L'importance de la présence en ligne
© A.P. - à droite, Pierre Bonis, directeur général de l'Afnic, et son équipe sur leur stand au Salon des Entrepreneurs.

Aujourd'hui, la présence en ligne est indispensable et les entrepreneurs l'ont compris. Beaucoup d'entre eux ont fait un tour sur le stand de l'Association française pour le nommage internet en coopération, dans le Village "Small Business Tech". Pierre Bonis, son directeur général, nous explique les différentes initiatives mises en œuvre par l'Afnic pour accompagner les TPE-PME à “Réussir en .fr”.

Affiches Parisiennes : En quoi une présence en ligne favorise-t-elle le business ?

Pierre Bonis : D'abord pour être reconnu et trouvé, ce qui est valable pour toutes les formes de business, même ceux qui ne sont pas en ligne. Le boulanger pourra ainsi en bénéficier car il sera plus facile à trouver. Ça peut aussi favoriser le business quand on commence à faire de la réservation ou de l'organisation de sa clientèle en ligne. Je ne parle même pas d'e-commerce.
Le boulanger peut ainsi recevoir des commandes le samedi soir pour le dimanche midi ce qui l'avantage par rapport à la concurrence. Enfin, ça favorise énormément le business à travers la vente en ligne. Si ça ne s'applique pas vraiment au boulanger, beaucoup de commerces de détails peuvent bénéficier d'une plateforme d'e-commerce. Les chiffres le montrent. Il y a une grande différence de chiffre d'affaires entre les entreprises présentes en ligne ou non.

A.-P. : Avoir un site internet est-il indispensable pour toutes les activités ? Existe-t-il des secteurs qui n'ont aucun intérêt à le faire ?

P. B. : Selon moi c'est absolument indispensable. L'Afnic a lancé une étude qui confirme mon point de vue. Selon l'enquête “Réussir avec le Web”, plus de 90 % des répondants, issus de tous secteurs - commerçants, artisans, autoentrepreneurs, startupers – estiment que la présence en ligne est indispensable. Pourtant, s'ils sont tous persuadés que c'est très important, ils ne savent pas forcément ce que ça leur apporte.

"Il y a une grande différence de chiffre d'affaires entre les entreprises
présentes en ligne ou non."

Avec mon expérience de six ans à l'Afnic, je ne vois pas d'activité qui n'aurait aucun intérêt à avoir un site internet. En revanche, il faut savoir bien placer le curseur sur l'investissement que l'on consent à faire pour son site. La plupart des entreprises n'auront pas besoin d'un site très complexe. On peut aujourd'hui faire un site internet qui fait le job pour moins de 100 euros.

A.-P. : Les TPE-PME françaises tirent-elles correctement parti du web ?

P. B. : Il y a beaucoup de chemin à faire. C'est simple, selon l'étude Deloitte “Economie numérique : le digital, une opportunité pour les PME françaises”, 11 % des TPE-PME françaises utilisent les outils numériques au quotidien. Même si ça va au-delà de la présence en ligne, c'est trop peu. Selon la même étude, deux PME françaises sur trois bénéficient d'un site internet comparé à trois PME en moyenne sur quatre dans le reste de l'UE.
Des études publiées par Eurostat et la Direction générale des entreprises constatent aussi notre retard en la matière. Nous sommes dans les derniers du classement européen en termes de présence en ligne des PME, derrière l'Italie, Chypre et plein d'Etats, c'est donc un retard important à combler.
De manière un peu caricaturale, on a aujourd'hui coutume de dire que sur 3 millions de PME en France, il y a un tiers qui a une très bonne présence en ligne, un autre tiers a une présence à peu près subie, et le dernier n'en a pas du tout. Ça fait un million de PME qui n'est carrément pas visible en ligne et un autre qui ne maîtrise pas sa présence. L'Afnic travaille évidemment auprès de ces deux tiers.

Enquête “Réussir avec le Web”

Comment les TPE-PME évaluent-elles leur présence en ligne ? Quels moyens y consacrent-elles ? Quels sont les bénéfices perçus et les attentes ? La première édition de l'étude “Réussir avec le Web” menée récemment par l'Afnic dresse le portrait-robot de la présence en ligne des petites et moyennes entreprises françaises. Ce décryptage de la maturité numérique du tissu social français montre qu'il y a encore du progrès à faire malgré une prise de conscience de cet enjeu majeur pour booster le business.

A.-P. : Quelles sont les différentes initiatives mises en œuvre par l'Afnic pour accompagner les dirigeants d'entreprise qui sont dans ce “désert du web” ?

P. B. : Nous menons de nombreuses petites actions mais la campagne essentielle intitulée “Réussir en .fr” a d'abord une visée pédagogique. On n'essaye pas de convaincre que c'est important, car les entrepreneurs sont déjà convaincus que ça l'est, mais on donne des conseils et des méthodes simples et rapides pour démarrer sa présence en ligne.
Ce sont donc des conseils tout bête pour savoir comment construire son site avec tel ou tel site builder, comment choisir son nom de domaine, comment établir une stratégie de nommage, que faire si le nom de sa boîte est déjà pris… On propose les 10 conseils de l'Afnic et les 50 conseils pour aller plus loin.

"L'année dernière nous avons touché 15 000 PME avec les ateliers "folies web""


Elle a ensuite une visée pratique avec des ateliers concrets intitulés “Les folies web”. Il s'agit d'offrir des ateliers gratuits aux TPE-PME partout sur le territoire, soit sur des sujets très basiques, par exemple savoir comment construire son premier site web, soit sur des sujets plus techniques comme le référencement ou l'utilisation de Google analytics. L'année dernière nous avons touché 15 000 PME comme ça. L'Afnic n'est pas toute seule dans cette campagne, elle a des partenaires : nos bureaux d'enregistrement du .fr qui sont des offreurs de solutions numériques comme OVH, Gandi, Orange…
Nous proposons aussi un outil d'autodiagnostic “Réussir avec web”, accessible en ligne, qui permet aux entreprises de se situer sur la toile en moins de 10 minutes. C'est aussi un outil de conseils personnalisés car il fait des suggestions en fonction des réponses données.
Enfin, nous sommes membres actifs de France Num. Je tiens à dire que ce plan gouvernemental d'accompagnement à la transition numérique des PME est plus concret qu'auparavant. Ce qu'on adore est que l'Etat s'est réformé sur sa manière d'approcher la chose. Désormais, il s'agit d'une agrégation d'initiatives comme celle de l'Afnic, qui donnent des conseils, accompagnent et font de la pédagogie suivant le concept des activateurs sur un maillage territorial. Ainsi, des professionnels variés peuvent répondre aux questions des entrepreneurs sur tout le territoire. C'est efficace car on apporte directement des solutions. On facilite le passage à l'acte, ce qui manque en France.

A.-P. : Combien de noms de domaine l'Afnic enregistre-t-elle par an ?

P. B. : Aujourd'hui, il y a plus de 3 800 000 noms de domaines en .fr. En création de nouveaux noms de domaine, on est entre 600 000 et 800 000 en fonction des années. On a aussi un bon taux de renouvellement, qui s'élève à 83,9 % cette année, ce qui montre que le .fr n'est pas volatile. Les clients le renouvellent beaucoup car ils l'utilisent.

A.-P. : Quel est le prix du .fr ?

P. B. : Avoir un nom de domaine en .fr coûte 4,50 euros par an, ce qui est abordable pour n'importe quelle entreprise.

Kat Borlongan, directrice de la mission French Tech, Pascal Faure, directeur général de l'INPI, Mounir Mahjoubi secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances chargé du Numérique, Coralie Dubost, rapporteur de la loi Pacte, et Pierre Bonis, présents pour la signature d'un partenariat entre l'Afnic et l'INPI. © DR.

A.-P. : Est-ce que beaucoup d'entreprises font le choix du .paris ou d'avoir leur propre extension?

P. B. : Les noms de domaines sont divisés en deux parties : les ccTLD - country code top-level domain – reliés aux Etats comme le .fr, et les gTLD - generic top-level domain - qui désignent tous les autres. Initialement, c'était simple car ces derniers étaient .net, .org ou .com, mais aujourd'hui cette catégorie a beaucoup grossi avec l'arrivée des corpTLD comme .ovh, les géoTLD comme .paris, .alsace, .corsica ou des communityTLD avec .bzh. Ça se développe assez bien mais ce n'est pas non plus une explosion.

A.-P. : Est-ce bon signe ?

P. B. : Je considère que c'est plutôt une bonne chose. Par exemple, aujourd'hui il y a un peu plus de 20 000 .paris, presque rien par rapport au .fr, mais c'est normal car les clients déjà en .fr n'ont pas vraiment de raison d'abandonner un nom de domaine qu'ils utilisent depuis des années sur lequel ils ont construit leur identité numérique. Ce sont les nouveaux noms de domaine qui optent pour le .paris afin

d'attirer de nouveaux clients. Pour nous, c'est quelque chose qui fonctionne bien et qui répond à un besoin à long terme.

A.-P. : Gérez-vous ces nouvelles extensions ? Combien coûtent-elles ?

P. B. : Oui, les géoTLD français sont tous gérés techniquement par l'Afnic, tout comme le .ovh. Pas par obligation mais parce qu'on les a convaincus de passer par nous plutôt que par des grandes boîtes américaines. Gérer le .ovh, c'est une grande fierté de l'Afnic. Les géoTLD ont tous une bonne croissance et un très bon taux de renouvellement qui dépasse les 70 %. Et ça, c'est très important car ces nouvelles extensions auraient pu être des feux de pailles, comme le .xyz à 80 centimes d'euros qui a eu un succès chez les spamers puis plus rien.
Côté prix, c'est la décision du registre et pas la nôtre. Par exemple, nous sommes opérateurs techniques pour le registre du .paris qui est la Mairie de Paris. Elle a fait un choix assez logique de fixer un prix un peu haut de 30 euros par an pour éviter les abus et construire une communauté de clients qui veulent vraiment utiliser et capitaliser sur l'extension pour leur entreprise. Ça crée une barrière à l'entrée pour des gens qui ne seraient là que pour faire du cybersquating tout en n'étant pas trop élevé.




Anne MOREAUX
Journaliste

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