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L'impact du télétravail sur les transports

le - - Actualité - Région Île-de-France & Grand Paris

L'impact du télétravail sur les transports
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Suite à l'évolution des habitudes de déplacement domicile-travail, pendant les deux mois de confinement, l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) a étudié l'impact du télétravail s'il venait à se perpétuer et s'intensifier. Selon lui, 5,5 % des salariés franciliens expérimentaient le télétravail avant le confinement… Demain, ils pourraient être 10, 15, voire 20 %...

Une grande partie de la population ne s'est ainsi plus ou quasiment plus déplacée, recourant au travail à distance lorsque leur travail s'y prêtait. Ainsi, 56 % des actifs Franciliens ont eu recours au télétravail pendant le confinement, selon l'enquête portée par le “Collectif Covid-19 et Mobilité Île-de-France”, publiée en juin. Cette crise sanitaire a ouvert de nombreux questionnements autour de nos rythmes, de nos modes de vie, et sur le monde des transports et l'aménagement urbain. Les réseaux de transports collectifs, tels que le métro, le RER et le TER, qui assuraient jusque-là un rôle de premier plan – un quart des déplacements quotidiens de la MGP –, sont devenus secondaires du fait de la distanciation physique imposée.

Au moment du déconfinement, le trafic des transports en commun était réduit à 30 % de son niveau habituel. Pour ce qui est des voitures, le volume de trafic a connu une baisse historique d'environ 30 % en mai, pour retrouver, voire dépasser, les volumes de référence dès la mi-juin.

Les déplacements domicile-travail forment 30 % du budget-temps quotidien des actifs franciliens. Près des trois quarts des emplois situés dans la métropole sont occupés par des actifs habitant ce même territoire métropolitain. Ainsi, les actifs résidant dans la métropole du Grand Paris engendrent chaque jour 4,1 millions de déplacements domicile-travail, réalisés aux deux tiers par des habitants de petite couronne et à 34 % par des Parisiens.

Les transports en commun, en tête des usages

Ces actifs métropolitains utilisent avant tout les transports collectifs pour se rendre au travail – 49 % des déplacements – et la voiture – 31,5 %. La métropole compte 2,6 millions d'actifs occupés et 82 % d'entre eux privilégient les transports en commun (54 %) ou la voiture (28 %) pour aller au travail. Il faut enfin souligner que tous les actifs ne se déplacent pas chaque jour pour aller travailler : 22 % d'entre eux ne s'étaient pas déplacés pour aller travailler le jour de l'enquête, et cela, bien avant la crise sanitaire, pour des raisons qui leur sont propres.

Quelque 887 000 habitants de la métropole utilisent la voiture pour se rendre au travail, soit 28 % des actifs de la métropole en moyenne et 39 % pour la petite couronne seule. Près de 120 000 actifs sont en télétravail depuis leur domicile, soit un taux de 5 % à Paris.

Près de la moitié des artisans et commerçants utilisent la voiture, pour des nécessités professionnelles. Les ouvriers sont très utilisateurs des transports collectifs avec 50 % de part modale, mais plus d'un tiers reste usager de la voiture. Les professions intermédiaires et surtout les cadres privilégient quant à eux les transports collectifs (+ de 50 %) pour leurs déplacements professionnels.

Les employés, qui travaillent eux aussi dans des secteurs tertiaires bien desservis par les transports mais justifient de revenus moins élevés que les cadres, forment la catégorie utilisant le plus les transports collectifs, avec 58 % de part modale, et la moins utilisatrice de la voiture.

Les cadres et professions intellectuelles supérieures forment ainsi 35 % de la population active, un poids important mais aussi une spécificité de la métropole. Viennent ensuite, à parts égales, les employés et les professions intermédiaires (24 % des actifs), puis les ouvriers
(11 %), et enfin les artisans et commerçants
(5 %).

Au-delà des catégories socio-professionnelles, plus leur commune de résidence est éloignée de Paris, plus les actifs utilisent la voiture. Le temps gagné sur les trajets domicile-travail, est régulièrement mis en avant comme un bénéfice important du télétravail. Selon l'Enquête globale de transport, les Métropolitains consacrent 1h22 à leurs déplacements domicile-travail quotidiens, bien plus que la moyenne en France.

Les perspectives d'avenir du télétravail

En Île-de-France, le télétravail forme une pratique plus développée qu'au niveau national (5 % des salariés dont 14 % de cadres). Si le télétravail est davantage pratiqué en France par les salariés résidant loin de leur travail (à plus de 50 km), il l'est aussi davantage à Paris (10 % des salariés).

La plupart des secteurs des “travailleurs essentiels” – santé, services techniques, services d'entretien ou de propreté... – ainsi que la restauration, l'hôtellerie, le commerce, les services à la personne, demeurent peu compatibles avec un développement du télétravail.

Le Grand Paris montre un profil propice au développement du télétravail, avec une forte proportion de cadres et d'entreprises tertiarisées. Les cadres et les professions intellectuelles supérieures forment une catégorie cible, dans la mesure où ils génèrent plus de 1/3 déplacements pendulaires dans la métropole, et où la nature des métiers comme leur usage des outils informatiques facilitent le travail à distance.

En fonction des trois scénarios d'un déploiement du télétravail « demain » entre 1 et 3 jours par semaine, ce sont entre 1,1 million et 2,3 millions de trajets domicile-travail qui pourraient être évités sur les 20,6 millions qui ont lieu par semaine.

- Dans le scénario 1 “minimal”, une part de 10 % de télétravailleurs réguliers permettrait d'éviter 5 % des trajets domicile-travail de l'ensemble des actifs habitant la métropole, soit 1,1 million de déplacements par semaine, avec un actif sur sept en télétravail.

- Dans le scénario 2 dit “réaliste”, 15 % d'actifs en télétravail régulier permettraient une baisse de près de 8 % des trajets domicile-travail de l'ensemble des actifs habitant de la métropole 12, soit 1,7 million de déplacements par semaine, avec plus d'un actif sur cinq en télétravail.

- Dans le scénario 3 le plus “ambitieux”, un cinquième des actifs en télétravail régulier permettrait d'éviter 11 % des trajets domicile-travail dans la métropole 13, soit 2,3 millions de déplacements par semaine, avec près d'un tiers des actifs en télétravail.




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