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L’Île-de-France particulièrement vulnérable face au risque d’inondation

Dans le cadre de la consultation publique sur le programme d'actions de prévention des inondations de la Seine de la Marne franciliennes 2023-2029, l’EPTB SGL a organisé une conférence à destination des élus et des associations.
L’Île-de-France particulièrement vulnérable face au risque d’inondation
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Les risques d’inondation sont bel et bien réels en Île-de-France. Malgré l’action des quatre lacs-réservoirs et du nouvel ouvrage de rétention des crues de la Bassée, l’Île-de-France reste un territoire vulnérable lors des épisodes extrêmes. De fait, les tissus sociaux et économiques restent fortement exposés. L’EPTB SGL (l’établissement public de bassin Seine Grands Lacs) souhaite donc renforcer la conscience de ce risque et agir « ensemble » pour repenser les territoires.

Le premier Papi de la Seine et la Marne francilienne, mis en œuvre par les élus de 20 collectivités de l’EPTB sur une période de six ans (2014-2020), a ouvert la voie à la mise en œuvre de 167 actions. Au total, 84 % sont effectivement réalisées et 24 seront reportées lors du prochain programme. Ces actions visent à réduire la vulnérabilité de la Région par une meilleure connaissance du risque, par une plus forte sensibilisation des populations riveraines, par une amélioration de la gestion de crise, mais aussi par un aménagement d’ouvrages de régulation des crues.

Parmi les actions achevées, on trouve la prolongation de la digue de Sartrouville sur la commune de Montesson, dans les Yvelines, mais aussi la formation aux bons comportements vis-à-vis du risque d’inondation, mise en œuvre par le département du Val-de-Marne. Il faut également savoir que, dès 2015, le Conseil départemental des Hauts-de-Seine avait réalisé le déplacement et la reconstruction des ouvrages anti-crues situés sur les communes de Sèvres, Meudon et Issy-les-Moulineaux.

Les principaux financeurs de ce dispositif sont l’Etat, l’agence de l’eau Seine Normandie, le Fonds européen de développement régional, la Région, les départements de Seine-et-Marne et de l’Essonne, et les maîtres d’ouvrage associés.

Le nouveau Papi (2023-2029), dont le périmètre va évoluer, s’inscrit dans la continuité du premier. Le travail engagé avec les acteurs actuels sera poursuivi, et 40 nouveaux les rejoindront, pour mettre en œuvre près de 300 actions, dont le montant atteint près de 160 millions d’euros. Jusqu’au 6 octobre, ce nouveau Papi est mis à la libre consultation auprès de l'ensemble des citoyens et des parties prenantes concernés par le périmètre du programme d'actions.

Il faut savoir que le premier Papi a permis la « constitution des fondations et des structures », tandis que le nouveau vise au déploiement, à plus vaste échelle, de toute une série de thématiques et notamment de la sensibilisation. Le dispositif Episeine par exemple, dont le slogan est « serez-vous prêt pour la prochaine inondation », vise à proposer un corpus de messages, d’outils et de vidéos pour mobiliser toute une série d’acteurs sur cette thématique de la prévention des inondations (sur www.episeine.fr).

La communication au grand public, le partage de ce qui pourrait se passer en cas de crue importante, est essentiel pour que chacun ait les bons réflexes et commence à s’y préparer. « Un des messages difficiles à faire passer reste celui de l’évacuation. Tout le monde se sent rassuré d’être dans son logement, et il peut être difficile de se dire que le jour où les autorités le diront, il faudra le quitter plusieurs semaines parce qu’il sera inondé ou privé d’électricité et de chauffage. C’est une posture intellectuelle très complexe à adopter, il faut trouver toute une série de chemins, de méthodes, pour convaincre de ce message capital », ont expliqué Frédéric Blanchard et Yann Raguénès, respectivement directeur général des services et ingénieur prévention des inondations de l’EPTB SGL.

Les conséquences en cas d'inondations

L’Île-de-France est particulièrement vulnérable au risque d’inondation, ce phénomène pouvant à la fois endommager les biens situés en zones inondables et paralyser les réseaux structurants (électricité, transports, etc.) dans le temps et dans l’espace. Selon l’OCDE, si une crue semblable à celle de 1910 survenait aujourd’hui, elle impacterait 5 millions d’habitants et représenterait 30 milliards d’euros de dommages, soit 60 milliards d’euros de perte de PIB sur cinq ans. Quelque 750 000 emplois seraient exposés et 400 000 détruits.

Le retour à un fonctionnement normal du territoire pourrait prendre plusieurs mois, voire plusieurs années. Un travail important du Papi relatif à la préparation des acteurs publics essentiels (communes, établissements publics) à la gestion de la crise a donc été engagé, en coordination avec la Préfecture de police, avec les opérateurs de réseaux et avec l’ensemble des maîtres d’ouvrages.

Dans le cadre du premier Papi, l'EPTB s'est également engagé à porter une action concernant les zones d'expansion des crues (ZEC) du bassin amont de la Seine. Ce sujet est cher au président Patrick Ollier, qui s’est dit « très sérieux dans la volonté de les mettre en place le plus rapidement possible ». Pour ce faire, l’élu souhaite mettre à contribution ses deux casquettes de président. « Je veux démontrer au public la complémentarité entre SGL, porteur de projet, et la MGP, qui peut financer les indemnisations. Ce que je veux qu’on fasse, c’est qu’on mette en place le plus grand nombre possible de ZEC, avec des indemnisations sur les sur-inondations, que la Métropole va financer », a-t-il indiqué. Concrètement, les agriculteurs seront indemnisés à hauteur du préjudice subi en cas de sur-inondation de leur parcelle. L’EPTB fait émerger le projet avec la Chambre d’agriculture et s’est déjà engagée à le mettre en application sur le projet de la Bassée en Seine-et-Marne.

Le projet de la Bassée

Piloté l’EPTB SGL, le projet de la Bassée consiste à aménager un espace endigué de 360 hectares, capable de contenir 10 millions de m3 en cas de crue majeure de la Seine. Cet espace sera mis en eau, en période de forte crue, en moyenne une fois tous les 5 à 7 ans. Pour ce faire, une station de pompage et une digue longue de 7,9 km doivent être construites, sur les territoires de Balloy, Châtenay-sur-Seine, Égligny et Gravon. Les travaux de construction de la station de pompage, de la digue et les opérations de valorisation écologique sont programmés de fin 2021 à début 2024. « Pour l’EPTB, la Bassée n’est pas simplement un élément emblématique, c’est un objectif volontariste que nous nous sommes fixés. Ce dispositif représentera entre 5 et 10 cm de moins en cas d’inondation. Si on arrive à mettre en place cela, je pense que dans 6-7 ans, le zouave du pont de l’Alma n’aura plus que le dessous des semelles mouillées. Je veux arriver à cette finalité. J’ai besoin d’avoir le soutien total de l’Etat. Je pense qu’on arrivera à l’avoir sans aucun souci », a indiqué Patrick Ollier, qui estime que la complémentarité entre la MGP et SGL va devenir un instrument majeur de la mise en place des moyens de protection.

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