AccueilRégion Île-de-France & Grand ParisL'hôpital malade de l'intérim

L'hôpital malade de l'intérim

Olivier Véran, député PS et neurologue, vient de remettre un rapport parlementaire sur l'impact de l'intérim dans les établissements hospitaliers.

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« L’hôpital public est à la peine pour recruter certaines spécialités » constate Olivier Véran. C’est particulièrement le cas dans des domaines comme l’anesthésie, la médecine d’urgence et la radiologie. Les directeurs d’hôpitaux sont donc contraints de recruter des intérimaires. En principe, ils ne peuvent le faire que sur de courtes périodes. Mais, étant donné la pénurie, les contrats sont régulièrement renouvelés. Or un intérimaire coûte trois fois plus cher qu’un praticien hospitalier (médecin titulaire), d’où un surcoût de l’ordre de 500 millions pour l’hôpital public. Les hôpitaux restent très discrets sur ce sujet et il n’est pas possible de connaître le nombre exact de médecins intérimaires, évalué à 6 000 dans le rapport.

Cette situation suscite un malaise chez les praticiens hospitaliers. Certains démissionnent de leur poste pour devenir … intérimaire. D’autres cumulent (en toute illégalité) leur fonction de titulaire avec des missions d’intérimaire le week-end, pendant leurs congés ou RTT, voire pendant leur repos de sécurité. Le rapport pointe un autre danger : « le marché s’est emballé, remettant en cause, par endroits, la qualité, la continuité, la sécurité des soins (…) le médecin remplaçant ignore tout ou presque des procédures propres à chaque établissement ». La pénurie engendre une surenchère salariale, certains hôpitaux se faisant même concurrence. Certains directeurs augmentent la rémunération de leurs médecins titulaires au-delà du seuil légal. D’autres paient des gardes non effectuées ou déclarent un plein temps au lieu d’un temps partiel. Les contrôles sont rarissimes et les sanctions inexistantes.

Le rapport parlementaire suggère deux pistes de réflexion. La première est de plafonner le niveau de rémunération des médecins intérimaires, tout en mettant en place une instance de contrôle. La deuxième est de rendre l’hôpital plus attractif, notamment en augmentant la rémunération des praticiens en début de carrière.

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