AccueilDroitL'état d'urgence : contrôle du juge administratif et principales données

L'état d'urgence : contrôle du juge administratif et principales données

Après les attentats du 13 novembre dernier, l'état d'urgence a été déclaré ce qui a permis la prise de mesures exceptionnelles telles que des assignations à résidence, des fermetures ou encore des perquisitions administratives, dont certaines ont été contestées devant le juge administratif. Retour détaillé sur ces contentieux administratifs.
L'état d'urgence : contrôle du juge administratif et principales données
© Conseil d'Etat

Droit Publié le ,

Le contentieux dans les tribunaux administratifs

Entre la déclaration de l’état d’urgence, le 14 novembre 2015, et le 18 janvier 2016, les tribunaux administratifs ont rendu 72 décisions relatives à des mesures prises au titre de l’état d’urgence : 66 ordonnances de référé et 6 décisions au fond.

61 des mesures contestées étaient des assignations à résidence (dont 7 concernant des militants écologistes assignés en raison de la COP 21).
Une assignation a été annulée par l’administration avant que le juge ne se prononce.

Les autres mesures contestées étaient :
- 3 restrictions à la liberté de culte (1 interdiction de fréquenter tout lieu de culte ;
1 interdiction de fréquenter un lieu de culte particulier ; 1 fermeture administrative
provisoire d’une mosquée)
- 2 interdictions de manifester
- 2 interdictions de vente d’articles pyrotechniques
- 3 fermetures de restaurants
- 1 perquisition administrative

Les tribunaux administratifs ont pris en référé les décisions suivantes :
- 7 suspensions
- 2 aménagements
- 56 rejets

Le contentieux au Conseil d’État



A la date du 18 janvier 2016, le Conseil d’État avait été saisi de 23 requêtes :
- 19 décisions ont été rendues
- 4 affaires sont pendantes
- 4 décisions ont été annulées par l’administration avant que le Conseil d’État ne se
prononce

Le sens des décisions a été le suivant :
- une suspension a été confirmée
- 9 rejets de la requête ont été confirmés
- la décision du tribunal administratif a été inversée pour 3 affaires
- 3 QPC transmises au Conseil constitutionnel dont une a déjà été jugée

Les décisions et communiqués : http://www.conseil-etat.fr/Actualites/Communiques

Les recours dirigés contre les mesures prises au titre de l’état d’urgence sont examinés dans le cadre défini par les arrêts rendus le 11 décembre 2015 par la section du contentieux.

Le Conseil d’État a jugé que :
- il y a toujours urgence pour le juge des référés à statuer à très bref délai
- le juge des référés doit se prononcer tant sur le bien-fondé de l’assignation que sur
ses modalités d’application

Le cadre juridique

Après les attentats commis à Paris le 13 novembre dernier, l’état d’urgence prévu par la loi du 3 avril 1955 a été déclaré par décret en conseil des ministres. Il a été prorogé par la loi du 20 novembre 2015, pour une durée de 3 mois à compter du 26 novembre. Cette loi a également modifié certains articles de la loi du 3 avril 1955.

C’est sur ce fondement juridique que sont prises les mesures liées à l’état d’urgence telles que les assignations à résidence, les fermetures administratives ou encore les perquisitions administratives. Les autorités administratives (ministre de l’intérieur, préfets, maires…) peuvent prendre des arrêtés sur tous ces sujets, tous contestables devant le juge administratif. Les contestations de ces actes prennent en général la forme de référés (procédures d’urgence) introduits auprès des tribunaux administratifs, puis au Conseil d’État en appel.

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