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L'essentiel des énergies renouvelables

Les énergies renouvelables sont au cœur de la transition vers un système énergétique à plus faibles émissions de carbone et plus durable. Leur forte croissance s'est accompagnée de la baisse des coûts du photovoltaïque solaire et de l'éolien. D'ici à 2022, l'électricité verte augmenterait d'un tiers. Mais qu'en est-il des enjeux qui en découlent ?
L'essentiel des énergies renouvelables
© A.P.

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Réunis autour d'une table ronde, organisée par ECE (association des diplômés d'Expertise comptable en entreprise) en partenariat avec le Conseil supérieur de l'ordre des experts-comptables, Anna Creti, professeure à l'Université Paris-Dauphine en économie du climat, Philippe Crouzet, président du directoire de Vallourec, et Corine Dubruel, co-présidente de CentraleSupélec Energie, ont confronté leurs expertises pour répondre aux enjeux de la transition énergétique.

Des enjeux écologiques, économiques et sociétaux

« Aujourd'hui, nous sommes 7 milliards d'êtres humains à se partager la planète. En 2050 nous devrions être près de 9 milliards, et 12 milliards d'ici à la fin du siècle », annonce Philippe Crouzet. « De ce fait, les besoins en énergies augmentent parallèlement à la croissance démographique ». En effet, selon l'expert de Vallourec, à l'horizon 2025, nos besoins en énergie seront 50 % supérieurs à ce qu'ils sont aujourd'hui. Mais la croissance démographique n'est pas la seule explication à ce phénomène.

À la consommation d'énergie faite par les industrielles traditionnelles s'ajoutent aujourd'hui des nouveaux modèles industriels consommateurs, comme les data centers. « Ce type d'industries nouvelles a une empreinte écologique sur la Terre », souligne Philippe Crouzet. « Il est important de le savoir pour mettre en perspective le débat ».

Par ailleurs, l'énergie a un coût ; les coûts de transformation représentent environ 30 % des coûts de production. Et pour maintenir leur compétitivité, les producteurs d'énergie français et européens ambitionnent de développer en aval d'autres filières. Aux États-Unis, de nouvelles sources ont été mises au jour, notamment le gaz de schiste ou le gaz liquide.

Il s'agit là d'une véritable révolution énergétique qui a fait revenir sur le sol américain de nombreuses industries pétrochimiques, en raison de son faible coût. C'est un atout considérable qui fait avancer l'économie des États-Unis. En Chine, en revanche, la stratégie est toujours celle d'une prise de contrôle des ressources énergétiques.

Entre accessibilité et financement, comment s'adapter ?

L'empreinte climatique est clairement menacée, il y a un risque réel de désastre écologique. Le transport, le chauffage et l'industrie représentent deux tiers des émissions de gaz à effet de serre. Il est donc impératif de réduire notre consommation d'énergie. Ainsi se pose la problématique : comment satisfaire la demande d'un besoin croissant en énergie tout en préservant la compétitivité et en prenant compte le prix et l'accessibilité des énergies renouvelables ? « Il n'y a pas de réponse simple ou idéale », affirme Philippe Crouzet. Chaque nation et territoire a sa propre histoire, comme en termes de production de charbon, et pour beaucoup de pays, il n'y a pas tellement d'alternatives accessibles.

De par les postes qu'il a occupés et son expérience auprès de diverses sources d'énergie, Philippe Crouzet a mis en lumière cinq convictions :

- la première c'est qu'il est indispensable d'adopter un système à faible émission de carbone

- la deuxième qu'il faut opter pour un mix d'énergies diversifiées : « on ne peut pas miser sur une seule famille de ressources ».

- la troisième, celle d'une nécessaire transition qui doit se faire étape par étape

- la quatrième se concentre sur l'innovation requise en termes de transmission et distribution mais également de capture du carbone déjà produit et présent dans l'atmosphère.

- enfin, la cinquième, c'est qu'il faut que la transition se déroule dans un cadre mondial, face à l'ampleur de l'enjeu.

Stratégie d'entreprises et financement

Se pose ensuite la question du financement et de l'adaptation des entreprises à de nouveaux business model. Pour Anna Creti, le financement des instruments et mécanismes apportés par la transition écologique doit permettre la rentabilité et l'investissement à long terme.

Chaque pays choisi librement ses instruments de financement. Par exemple, en France c'est le consommateur qui a la charge principale du financement, tandis qu'au Danemark, pays cité pour l'exemple qui utilise aujourd'hui un mix d'énergie quasi 100 % renouvelables basé sur l'éolien et l'hydroélectricité, le financement passe par une taxation directe à la TVA.

« Il est également important de mettre l'accent sur les subventions pour la recherche et le développement, en réunissant sur des plateformes, des ingénieurs et techniciens qui œuvrent à introduire et faciliter l'accès à la consommation d'énergies propres et intelligentes », indique Anna Creti en écho à Philippe Crouzet.

Entrepreneur en énergie, Corine Dubruel affirme qu'on assiste à une montée en puissance des énergies renouvelables avec la capitalisation en bourse de sociétés productrices d'éolien, de biogaz ou biomasse. Reste à se saisir des instruments les mieux adaptés pour inscrire cette transition écologique dans une mouvance durable.

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