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L'Espagne est-elle au bord du gouffre ?

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L'Espagne est-elle au bord du gouffre ?
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Ces jours-ci l'Espagne, deuxième pays au monde des destinations touristiques, après la France et devant les Etats-Unis, accueille le salon du tourisme Fitur qui fête ses 40 ans. La reine Leticia y sera en représentation officielle, tandis que le Roi Felipe VI sera en visite étatique à Jérusalem pour les 75 ans de la “découverte” du camp de concentration d'Auschwitz.

Les liens entre l'Espagne et Israël sont forts ce qui n'est sans doute pas sans relation avec le fait que l'année 1492 est connue non seulement pour la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, mais aussi d'une part pour la victoire finale contre les Arabes à Grenade après huit siècle de “reconquista”, et d'autre part pour l'expulsion des juifs du Royaume de Castille et Aragon, c'est-à-dire l'Espagne de l'époque.

L'Espagne de 2020 est divisée comme elle l'était en 1492

L'Espagne de 2020 se caractérise par une multitude d'oppositions et de contradictions, de paradoxes et d'incertitudes, de divisions et de rébellions. La crise mondiale financière des subprimes de 2008 – qui arriva en Espagne en 2010 – a totalement bouleversé le panorama politique, économique, juridique et social du pays.

Depuis la fin du régime de Franco en 1975, l'Espagne démocratique a été gouverné par un bipartisme politique partagé entre le Partido Popular de droite et le Partido Socialista de gauche. L'échiquier politique était simple. Toutefois, la crise “subprime” a été dévastatrice économiquement pour une grande partie de la population espagnole. Les licenciements ont atteint un niveau record ; il était fréquent de voir trois générations vivre sous le même toit ; les affiches “appartement à vendre” sont apparues sur toutes les façades d'immeubles et dans toutes les agences bancaires -qui avaient récupéré les biens de clients en faillite ; les suicides en cascade de pauvres gens sans ressources, ni toit, ont forcé le gouvernement à prendre des mesures d'urgence.

Sur l'échiquier politique, le résultat le plus marquant fut l'apparition d'une gauche extrême sous la bannière violette de Podemos regroupant tous les “indignados” (indignés), équivalent ibérique des insoumis en France. Quelques années plus tard et en réaction a une droite en dérive, sont apparus deux autres partis politiques, Ciudadanos de centre-droite et Vox de droite traditionnelle. En l'espace d'un peu plus de cinq ans, l'Espagne est passé du bipartisme à cinq partis politiques importants, sans compter les petits partis régionaux qui sont légions et dont le rôle peut parfois être déterminant.

Un nouveau Gouvernement de coalition qui cherche ses marques

Les gouvernements de gauche de Zapatero (2004-2011) et de droite de Rajoy (2011-2018) ont tant bien que mal renfloué le navire à la dérive. Le 7 janvier 2020 et au bout de trois élections législatives en quatre ans, le chef de file du Parti Socialiste, Pedro Sanchez, a été élu chef du gouvernement par une majorité parlementaire de deux voies, grâce à une coalition avec le Parti communiste Podemos et l'abstention de certains partis politiques représentatifs des minorités régionales indépendantistes du pays. L'alliance des parties de droite – Partido Popular, Ciudadanos et Vox – cherche à jouer un rôle d'opposition cohérent et uni dans un panorama politique et économique complexe et compliqué. Aussitôt investi président du gouvernement, Pedro Sanchez a annoncé l'investiture de Pablo Iglesias, secrétaire général de Podemos, comme vice-président. Ce dernier n'avait pas encore consumé sa joie que le président Sanchez annonçait trois nouveaux vice-présidents, diluant par-là l'importance du rôle du premier.

Un pays soumis aux attaques de toute part allant du pénal au social, du religieux à l'éducatif

Après des mois d'attente dans une “glue” juridico-politique qui a bloqué toute initiative du gouvernement, le nouveau président semble décidé à rattraper le temps perdu. Les réformes et changements fusent, provoquant la joie de certains et la grogne d'autres citoyens, entrepreneurs et politiques : modification du code pénal pour adoucir les peines de sédition dont sont accusés les indépendantistes Catalans, augmentation du Smic jusqu'à 950 euros avec pour objectif atteindre l'équivalent de 60 % du salaire moyen, polémique dans certaines régions contrôlées par la droite traditionnelle sur le face-à-face entre parents et enseignants et le choix de certains enseignements, attaques de l'extrême gauche contre l'option religieuse dans les hôpitaux publiques, procès à la Hollywood contre les séparatistes Catalans et les responsables de la police en Catalogne, appels à modifier la Constitution pour y introduire plus de références féminines.

Qui plus est, la tempête Gloria s'acharne sur le littoral espagnol causant la mort de plusieurs personnes et des millions d'Euros de dégâts, le Fond Monétaire International réduit à seulement 1,6 % les perspectives de croissance de l'Espagne pour 2020 et 2021, la tension monte avec le Maroc au sujet des eaux territoriales, la violence machiste a causé la mort de cinq femme depuis le début de l'année, Madrid essaye de “voler” à Barcelone le rôle d'amphitryon du Salon de la téléphonie mobile, et Antonio Banderas est nommé aux Oscars mais dans la rubrique “acteur de couleur”. Pas de quoi être fier chez les Ibères...




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