AccueilDroitUHBP 2015 / L'erreur judiciaire, une fatalité ?

UHBP 2015 / L'erreur judiciaire, une fatalité ?

Une table ronde intitulée « Aujourd'hui, combien d'erreurs judiciaires ? » a opposé les points de vue de trois avocats, d'un magistrat et d'un réalisateur sur « la pire chose qui puisse nous arriver ».
UHBP 2015 / L'erreur judiciaire, une fatalité ?
Gilles Bannier, Jacqueline Laffont, Denis Salas, Francis Szpiner et Patrice Spinosi

Droit Publié le ,

L'erreur judiciaire fait peur. Certains, comme les juges, les avocats pénalistes ou les avocats aux conseils, doivent vivre avec. Jacqueline Laffont, avocate au barreau de Paris, Francis Szpiner, ténor et ancien membre du conseil de l'Ordre, et Patrice Spinosi, avocat aux conseils qui « vit au quotidien avec l'erreur judiciaire », ont tous une définition de celle-ci, « inhérente à la justice » selon maître Szpiner. Ce dernier remarque pourtant amèrement que « selon les statistiques, elle n'existe pas en France puisque le taux de révision est absolument ridicule ».

Il est très difficile pour l'institution judiciaire de reconnaître qu'elle se trompe soulignent-ils. Même le magistrat Denis Salas regrette que ni à l'école de la magistrature (ENM) ni à la faculté, on ne travaille sur l'erreur judiciaire, « ce que font beaucoup mieux les Américains » qui en ont identifié les causes profondes telles que le zèle du procureur qui doit faire du chiffre, la défaillance de l'avocat, les faux aveux ou le climat hystérique. Le magistrat rappelle en outre que l'image idéale de la présomption d'innocence défendue par les principes fondamentaux est très fragile et ne tient pas longtemps dans les tribunaux correctionnels, lieu d'« une justice bâclée » selon maître Szpiner. Jacqueline Laffont estime qu'il y a une perversion de la formation des magistrats à instruire davantage à charge qu'à décharge. Elle conseille aussi de se méfier de l'effet de sidération que provoquent certains crimes ou témoignages poignants, appuyée par Denis Salas reprenant l'exemple de l'affaire Loïc Sécher, condamné à tort à 16 ans de prison pour viol.

L'éclairage extérieur du cinéaste Gilles Bannier, réalisateur de la saison 2 d'Engrenages, et la projection de la bande-annonce de son film « Arrêtez moi là », ont confirmé que les innocents sont ceux qui se défendent le plus mal.

Après avoir posé les problèmes de recrutement des juges (« une génération de petites blanches homogène » dénonce Szpiner), de leur formation et de la faillite de leur contrôle, ils ont fini par esquisser des pistes de solutions comme la création d'une chaire de l'erreur à l'ENM.

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