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L'économie francilienne face au reconfinement

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L'économie francilienne  face au reconfinement
© CPME

L'Université francilienne des entreprises a également été l'occasion de s'interroger sur l'effet des reconfinements successifs sur l'économie et l'opinion publique. Pour François Asselin, le président de la CPME nationale, il est nécessaire de trouver une nouvelle solution qui puisse mieux concilier l'économie et les impératifs sanitaires.

Interrogé par Patrick Cohen-Hadad sur la confiance des citoyens envers les Pouvoirs publics, Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop, a indiqué que les Français avaient le sentiment que l'Etat central avait failli lors du premier confinement (même si cela ne s'est pas traduit en termes de cote de popularité pour les deux têtes de l'exécutif d'alors). « Nous avons vu les acteurs périphériques émerger, les communes apparaissaient plus efficaces, plus proches et pragmatiques », a-t-il expliqué.

Les figures régionales, parfois présidentiables, étaient connues du public, comme Valérie Pécresse, qui a été ministre sous Nicolas Sarkozy. Pour Frédéric Dabi, le fait régional s'est donc imposé durant cette crise. Selon les enquêtes d'Ifop, alors que la Région était autrefois considérée comme la collectivité superfétatoire, depuis un à deux ans, c'est le Département qui occupe cette place dans les sondages. « Les Régions ont donné l'impression d'être présente, par la distribution de masques par exemple, en suppléant aux défaillances perçues de l'Etat », a analysé le spécialiste.

Coté entreprises, si les TPE-PME ont repris du galon, les grands groupes, qui sont toujours sévèrement jugés par les Français, doivent prouver leur contribution au bien commun. Mais quoi qu'il en soit, les entreprises ont, à la différence d'autres acteurs, été exonérées de toute responsabilité, et même au contraire, leur contribution à la création du lien social a été saluée.

Interrogé sur la capacité de l'entreprise à rassembler les Français, Frédéric Dabi, a finalement souligné que l'entreprise retrouvait sa place dans la cité et que ses valeurs (dialogue, projet, consensus), mais aussi la possibilité de donner un cap, une voie à suivre, contrastaient avec les « débats fracturés et hystérisés » de l'arène politique et pourraient bien constituer un atout.

L'entreprise est aujourd'hui, pour Jean-Marc Vittori, journaliste aux Echos, plus ouverte. En outre, elle « offre un rôle à chacun et constituera certainement la pierre angulaire de la société de demain ».

Soutenir les PME jusqu'au bout

Désormais « la situation est surdéterminée par la situation sanitaire » et cela ne s'est jamais vu à ce point. Si les entreprises sont parvenues à encaisser le coup de la première crise, les individus font face désormais à un effet d'épuisement et le rebond sera plus difficile cette fois-ci, comme l'a souligné Jean-Marc Vittori.

« Le Gouvernement mesure les différences que sa politique occasionne pour bon nombre d'entreprises. Nous souhaitons que les choses se passent au mieux, mais la situation de l'hôpital a conduit à prendre ces mesures », a ensuite souligné Pierre-Antoine Molina, secrétaire général aux politiques publiques de la préfecture d'Île-de-France. « Nous avons pris ces mesures pour égaliser les conditions d'exercice, le Gouvernement sera à l'écoute, des indicateurs, des revendications pour faire évoluer les choses si besoin ».

Alain Piou, directeur commercial à la Société Générale, a également précisé concernant les PGE qu'il n'y aurait pas de surcout par rapport à ce que les entreprises avaient connu précédemment. « Le coût du PGE est quasi-nul pour les entreprises, c'est une bonne nouvelle. Elles sont les bienvenues, nous sommes tous embarqués dans le même bateau et nous avons intérêt que nos entreprises ressortent de la crise dans la meilleure des santé possibles », a-t-il tenu à souligner, tout en rappelant que ces prêts devraient être remboursés. Frédéric Visnovsky, médiateur national du crédit, a ajouté à ce titre que les entreprises utilisaient le PGE en moyenne à hauteur de 17 % de leur chiffre d'affaires. « Il est donc possible de retourner vers son banquier pour obtenir un complément », a-t-il tenu à rappeler.

Stéphane Sajoux, président de la Fédération bâtiment Île-de-France Est, a ensuite salué l'effort gouvernemental, tout en mettant en garde contre les effets de bords. « Une entreprise qui fait du nettoyage industriel dans l'hôtellerie passe sous les radars, alors que son chiffre d'affaires s'écroule », a-t-il illustré. Pour lui, « la capacité de résilience des TPE-PME est extraordinaire, avec les outils numériques, la possibilité d'aller chercher de nouveaux marchés, mais pour la deuxième vague, il faut rester prudent, être capable de resserrer à nouveau les liens avec les banquiers, au risque de casser ce qui a été fragilisé durant la première vague ». Au-delà des pertes d'emploi et des faillites d'entreprises, ce sont des écosystèmes entiers, des réseaux de clients, des organisations performantes qui risque de disparaitre et les reconstituer ne se fera pas en quelques mois.

Présent en fin d'événement pour clôturer les débats, François Asselin, président de la CPME, a tenu à souligner que les commerçants avaient pris un coup derrière la tête lors de l'annonce du reconfinement. « C'est totalement injuste, mais oui, les pays européens tâtonnent, je ne veux pas jeter la pierre. Par contre, en matière économique, il est possible de prévoir les choses en amont », a-t-il ajouté.
« Si la situation perdure, nous ne pourrons continuer comme cela. On ne va pas soutenir les commerces ad vitam, qui n'ont qu'une envie, celle de rouvrir avec les mesures qui s'imposent. On entend parler de troisième vague, mais l'argent ne tombe pas du ciel. On brûle tous les mois près de 15 milliards. Il faudra réapprendre à travailler, à ajouter de nouvelles mesures sanitaires s'il le faut ». Pour François Asselin, il faut trouver une solution pragmatique qui permette de réconcilier le sanitaire et l'économique.
« Nous sommes tous solidaires, lorsque les restaurants ferment par exemple, leurs fournisseurs en pâtissent », a-t-il également tenu à rappeler.

Evoquant finalement les mesures de fermeture de rayons dans les grands magasins, le président de la CPME a indiqué vouloir « sortir de cette spirale absurde où nous sommes tous perdants, sauf Amazon », tout en encourageant à accélérer la digitalisation des TPE-PME. « Cela ne vous coûtera rien si vous avez un projet, il y a des mesures d'accompagnement gratuites », a-t-il tenu à préciser. Le président de conclure : « Notre pays a de belles énergies, le tissu économique français est composé à 99 % de TPE-PME. Le rebond économique ne peut pas se faire sans elles ; d'où notre stratégie de permettre aux entreprises qui étaient viables avant la crise de pouvoir rebondir, c'est là où se crée la richesse et c'est ce qui nous permettra de rembourser la dette accumulée ». n




Quentin CLAUZON
Journaliste

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