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L'économie francilienne en chute libre au premier trimestre

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L'économie francilienne en chute libre au premier trimestre
Emploi, croissance, consommation, commerce... de nombreux secteurs sont en baisse ou en passent de l'être selon le Crocis qui n'anticipe aucun sursaut pour la fin de l'année.

Le Crocis, qui publie les chiffres de son tableau de bord économique de l'Île-de-France, fait état d'une destruction importante du nombre d'emplois dès le premier trimestre 2020 et des nombreuses conséquences économiques liées à la crise sanitaire.

Emploi, croissance, consommation, commerce… de nombreux secteurs sont en baisse ou en passent de l'être et le sursaut du deuxième trimestre n'est pas attendu. En effet, déjà fragilisées par les mouvements de grève des transports qui ont débuté en fin d'année dernière, les entreprises franciliennes ont été mises à mal par la Covid-19 et le confinement qui en a découlé.

La situation est préoccupante sur tous les plans. Malgré un taux de chômage en baisse de 0,2 point (lié à la non-disponibilité des personnes sans emploi), et une chute du nombre de défaillances d'entreprise (-20,2 %), l'évolution de l'économie régionale est sans précédent. 100 000 emplois ont été supprimés depuis la mi-mars, de grands projets de BTP, comme le Grand Paris Express, ont tardé à reprendre leur activité.

Baisse de la production et du commerce extérieur…

Premier indicateur dévoilé par la CCI, la production nationale industrielle, qui chute de 7,3 % sur l'année. Par rapport à la moyenne 2000-2007, l'activité industrielle a chuté de 13,8 %, soit un niveau encore plus bas que durant la crise des subprimes de 2008. À l'époque, la baisse n'était que de 7,4 %.

Alors que l'activité économique et le commerce ont globalement ralenti, l'Île-de-France affiche une perte de 12,7 % sur un an. Ce niveau d'exportation est comparable à ceux de la crise de 2008, légèrement plus élevés (13,2 % et 16,7 %) mais le niveau d'importation a lui aussi été nettement impacté. Ce faisant, la balance commerciale régionale reste en déficit mais à un niveau le plus faible depuis fin 2006.

Dans le même temps, le trafic aéroportuaire de Paris Aéroport a chuté de 21 % sur le trimestre. Ces chiffres sont bien plus préoccupants pour chaque mois individuellement, en avril (- 98,6 % sur un an), en mai (- 97,8 %) et en juin (- 93,2 %). Cela s'explique par la fermeture des terminaux 1 et 3 puis de l'aéroport dans son intégralité.

Le nombre de créations d'entreprise a baissé de 8 % dans la région, contre 2,7 % au plan national, du fait de la chute de 16,7 % des micro-entreprises. Malgré le rebond du mois du juin, les chiffres les plus récents montrent une baisse de 20 % au deuxième trimestre 2020.

Le volume des défaillances d'entreprise, quant à lui, a baissé de plus de 20 % en Île-de-France, et jusqu'à 30 % sur le plan national. Ces chiffres positifs sont essentiellement dûs aux retards dans les jugements à partir du début de la période de confinement et seront certainement revus à la hausse aux deuxième et troisième trimestres.

… entrainant hausse du chômage et baisse de la consommation

La demande d'emploi a augmenté de 5,2 % dans la région, par rapport à l'an passé. Dans le détail, cette hausse s'explique par un transfert des demandeurs d'emploi en catégorie B et C vers la A, pour les travailleurs en temps partiel qui n'ont pas été retenus pendant la crise. Au niveau national, cette hausse est relative puisqu'elle n'atteint que 2,9 %, soit le même niveau que 2016 pour la France et un niveau inédit pour l'Île-de-France.

Par ailleurs, l'emploi salarié privé a baissé de 2,1 % en Île-de-France sur le dernier trimestre, ce qui représente un peu plus de 100 000 emplois. Ce chiffre légèrement supérieur en France métropolitaine (2,5 %), représente un demi-million d'emplois détruits. Les tendances actuelles devraient se poursuivre une fois que les mesures de subventions seront suspendues. L'emploi intérimaire a nettement baissé, de 18,4 %, et nous ramène au niveau de 2016. Cependant, cette baisse date du début du confinement, certains postes ont été supprimés dès le début du confinement.

L'annonce de la baisse du taux de chômage est une réalité en trompe-l'œil puisque les chômeurs, censés être disponibles immédiatement, ne l'étaient plus à cause du confinement. Par conséquent, le taux de chômage actuel, inférieur à 7 % en IDF et à 8 % sur le plan national, jamais aussi bas depuis l'avant-crise des subprimes, n'est que temporaire. D'après les dernières prévisions, le pic de chômage sera atteint courant 2021, dépassant ainsi à nouveau la barre des 10 %.

Enfin, la consommation des ménages a été contrainte de baisser, de 6,7 % par rapport à l'an passé. Les secteurs des achats de matériels de transports (- 60 % sur un mois) et de textile et cuir (- 54 %) sont les plus touchés, contrairement à celui des achats alimentaires, en hausse de 8 %. Les données les plus récentes montrent un rebond de la consommation au mois de mai, tout en restant inférieur de 7 % par rapport au mois de février.

La France au plus bas face à ses voisins européens

Au sein de l'Union européenne, le PIB a baissé de 3,6 % au premier trimestre. On constate que ce chiffre est la somme des pays du Nord, partisans de la rigueur budgétaire, et du Sud, dont le déficit explose. La France arrive en tête, accompagnée de l'Italie et de l'Espagne, et enregistre une récession de plus de 5 %. Le Royaume-Uni, qui est encore sous les conditions de l'Union, et l'Allemagne, concèdent une baisse relative d'à peine 2 %.

Ces disparités font écho au plan de relance européen, obtenu le 21 juillet dernier, où les pays dits frugaux ont été critiqués pour leur manque de solidarité et d'altruisme. Leur respect des règles d'austérité imposées depuis le Traité de Maastricht, avec en premier chef la limite des 3 % de déficit budgétaire, prend tout son sens puisque les pays latins, dits interventionnistes, ne survivent plus que par l'assistance des bons élèves européens.




Anne MOREAUX
Journaliste

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