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L'anglais contesté à l'université

Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, ne s'attendait sans doute pas à un tel tollé en proposant d'autoriser l'usage de cursus en anglais à l'université.

ActualitéRégion Île-de-France & Grand Paris Publié le ,

Son projet de loi sur l’enseignement supérieur a bien été adopté par l’Assemblée nationale, mais a donné lieu à de vives discussions, à gauche comme à droite, suscitant l’ire de syndicats d’enseignants, qui ont appelé à une grève de protestation. La loi Toubon sur la défense de la langue française (1994) stipule qu’elle constitue la langue d’enseignement, prévoyant cependant des exceptions. Depuis, ces exceptions se sont multipliées dans nos universités et il s’agissait donc de régulariser la situation en autorisant des cursus en anglais qui, selon la ministre, devraient concerner moins de 1 % des cours. Mme Fioraso a tenu à préciser qu’« il ne s’agira pas de rendre obligatoire les cursus en langue étrangère dans les universités, mais de les autoriser à le faire, dans un cadre bien précis, pour un public bien ciblé ».

Les opposants au texte mettent surtout en avant la défense de la langue française, l’Académie française pointant un risque de « marginalisation de la langue française ». Cet argument relève surtout du phantasme, car le fait de mieux former nos étudiants à l’apprentissage de l’anglais n’a aucun rapport avec le déclin de la langue française. Le fait est que l’anglais est la première langue véhiculaire du monde dans divers domaines comme le commerce, l’ingénierie, la recherche, etc. Etant donné les carences de l’enseignement de l’anglais au collège et au lycée, il est naturel d’essayer de former les étudiants à l’université pour leur donner de meilleures chances sur le marché du travail.

La conférence des présidents d’université regrette que la loi n’aille pas plus loin en accordant aux universités une liberté linguistique totale. Une liberté qui aurait dû découler de la loi d’autonomie des universités. Mais cette autonomie est contestée par certains, qui y voient un possible glissement vers la « marchandisation » de l’enseignement supérieur. Encore un phantasme…

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