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L'AFA prend sa mission pédagogique au sérieux

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L'AFA prend sa mission  pédagogique au sérieux
© A.P.

MOOC, ateliers techniques… Dans le cadre de sa mission d'aide à la prévention et à la détection des faits de corruption, le département d'appui aux acteurs économiques de l'Agence française anticorruption (AFA) multiplie les actions.

« Les choses ont beaucoup avancé au cours de cette année. L'AFA commence à exercer ses missions et les entreprises reçoivent de nouvelles obligations », a commenté récemment Michel Sapin, à l'origine de la loi ayant institué cette nouvelle autorité.
L'agence est « dotée de moyens de sanctions pour faire de la pédagogie armée »,
selon l'ancien ministre. Elle prend ainsi très à cœur ses deux missions : le contrôle et le conseil.
Si cette dernière mission est l'objet de vives critiques dénonçant « la schizophrénie de l'agence », « le conseil n'est absolument pas antinomique avec le contrôle », pour Charles Duchaine, le directeur de l'AFA, qui souhaite mettre l'accent sur la pédagogie.

Ateliers de formation

Le 10 juillet dernier, l'AFA a ainsi participé à un atelier technique organisé par le Mouvement pour les entreprises de taille intermédiaire (METI).
Cet événement s'inscrit dans le cadre des actions mises en œuvre par l'AFA en lien avec les fédérations professionnelles, afin d'accompagner l'appropriation du référentiel anticorruption français.
« En matière de corruption, le vieil adage “mieux vaut prévenir que guérir” reste d'actualité »,
souligne Charles Duchaine.
Au cours de cet atelier, les enjeux portés par la conformité anticorruption, la cartographie des risques de corruption et l'évaluation de l'intégrité des tiers ont été détaillés, ainsi que leur méthode d'élaboration.
La démarche de l'AFA poursuit un triple objectif : identifier et tenter de résoudre les difficultés éventuelles générées pour les ETI par le déploiement de programmes anticorruption, mutualiser les efforts accomplis par ces entreprises afin de partager les bonnes pratiques, et exploiter ces échanges pour commencer à définir le contenu d'un guide anticorruption spécifiquement destiné aux ETI.
D'autres ateliers sont prévus en collaboration avec les fédérations volontaires.
Ne se focalisant pas uniquement sur le secteur privé, l'AFA conseille aussi les acteurs publics. « Nous aurons la même application dans le secteur privé que dans le secteur public »,
assure Charles Duchaine, qui s'est ainsi rapproché de plusieurs personnalités publiques et d'autres instances de contrôle comme la Cour des comptes. « Nous considérons que la corruption est généralement une relation fautive entre deux acteurs, et souvent un public et un privé », précise ce dernier.

Séminaires en ligne

Pour veiller au grain, l'agence développe un séminaire en ligne en partenariat avec le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT).
Consciente que les collectivités territoriales exercent une multiplicité de compétences et sont responsables d'une part importante de la commande publique en France, l'agence souhaite former les agents aux risques de corruption. En effet, les collectivités prennent des décisions qui ont des conséquences directes sur la vie des habitants et sur le tissu économique local, et sont donc exposées à des risques d'atteintes à la probité.
L'AFA propose ainsi un MOOC (Massive Open Online Course) qui aborde l'ensemble de ces atteintes : corruption, favoritisme, détournement de fonds publics, concussion, prise illégale d'intérêts ou trafic d'influence.
Ce séminaire en ligne bénéficie de l'éclairage de nombreux intervenants institutionnels : Haute autorité pour la transparence de la vie publique, Défenseur des droits, Parquet national financier, Commission européenne, chercheurs et fonctionnaires territoriaux.
Les MOOCs ont un succès retentissant dans le monde juridique. En témoigne, le grand retentissement du premier MOOC de l'Université Paris 1 lancé sur la plateforme France université numérique (FUN) sous la coordination du célèbre professeur de droit des affaires Bruno Dondero, le très “high-tech” directeur du Cavej.
Ouvertes à tous, payantes ou gratuites, ces formations sont devenues les nouvelles armes des universités et des institutions qui souhaitent former rapidement de nombreuses personnes.
L'AFA a très bien saisi l'avantage de l'utilisation du digital pour exercer sa mission de conseil. Il ne serait pas surprenant qu'elle développe ce type de formations auprès d'autres publics ciblés.

Un MOOC pour les fonctionnaires

Les inscriptions au séminaire en ligne intitulé « Corruption, favoritisme, détournement de fonds… comment les prévenir dans la gestion publique locale ? » sont ouvertes jusqu'au 21 octobre sur la plateforme FUN. La formation débutera le 24 septembre prochain pour s'achever le 28 octobre.
Ce séminaire ouvert à tous détaille les situations qui font naître les risques de corruption dans la gestion publique locale et présente les mesures qui sont à la disposition des collectivités territoriales pour les prévenir. L'effort estimé n'est que de deux heures par semaine.
Il comprend également des modules de sensibilisation des agents territoriaux pour leur donner les moyens de réagir de manière adaptée s'ils étaient sollicités pour la commission d'une telle infraction ou s'ils en étaient témoins. Plusieurs cas concrets seront présentés pour illustrer les problématiques abordées.
Ce MOOC est composé de quatre séances structurées autour d'une introduction, d'interviews d'experts, de clips animés présentant certaines notions, de vidéos de synthèse, et de quiz pour aider à retenir les notions. Il comprend aussi des ressources écrites : cours et bibliographie.
Accessible sans prérequis technique particulier, ce cours bénéficie en outre de l'éclairage de nombreux intervenants institutionnels experts de la question :
• Charles Duchaine, directeur de l'Agence française anticorruption ;
• Jean-Louis Nadal, président de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique ;
• Jacques Toubon, Défenseur des droits ;
- Des représentants du Parquet national financier ;
• Des représentants de la Représentation régionale de la Commission européenne (Pôle collectivités territoriales) ;
• Des fonctionnaires, des représentants d'associations professionnelles et des chercheurs ;
• Des grands témoins : Michel Sapin, ancien ministre de l'Économie et des Finances ; Christian Vigouroux, président de section au Conseil d'Etat.




Anne MOREAUX
Journaliste

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