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L'accord de Paris et les entreprises, cinq ans après : conversion et évangélisation

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L'accord de Paris et les entreprises, cinq ans après : conversion et évangélisation
@ DR - « L'enjeu maintenant est d'embarquer plus large », estime Geoffroy Roux de Bézieux sur l'application des Accords de Paris par les entreprises françaises.

Cinq ans après la signature des accords de Paris, le Medef se veut optimiste quant à la compréhension par les entreprises des enjeux environnementaux. Il s'agit cependant de passer toujours plus à l'action.

Le 12 décembre 2015, des nations du monde entier s'engageaient à Paris à agir pour limiter le réchauffement climatique à 2°C. Un accord accueilli, digéré et implémenté par les entreprises selon les propres mots du président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux : « Cinq ans après Paris, ce qui était un concept incertain est devenu une réalité palpable dans la stratégie de nos entreprises ».

« Je suis convaincu que les entreprises sont un des principaux moteurs de la transition écologique », lui adresse Emmanuelle Wargon, ministre déléguée chargée du Logement, à l'occasion d'un webinar sur le sujet organisé par le Medef.

Pour Jean-Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric, l'accord de Paris marque un basculement « des ONG vers les responsables publics et les entreprises » pour ce qui est de porter la charge des questions environnementales.

« Que les entreprises aient des demandes claires sur les engagements gouvernementaux »

Laurence Tubiana, chargée de négocier l'accord international et de suivre les engagements pris, note que le gap reste important avec la trajectoire prévue mais aussi qu'il y a de quoi se réjouir de la maturation qui s'est opérée dans les esprits de nombreux acteurs dont les entreprises.

« C'est le moment, je trouve, où apparaît une clarification des engagements grâce à la référence émission nette zéro en 2050 », dit-elle, affirmant qu'il était peutêtre trop tôt en 2015 pour penser mise en pratique.

Des outils se sont enrichis depuis, l'Agenda des solutions en premier lieu. Celui-ci avait été conçu « avec l'idée que l'accord de Paris ne soit pas que l'accord du Gouvernement mais celui de tout le monde, y compris les entreprises » : « on a maintenant un cadre pour s'expliquer les uns les autres comment y arriver », explique l'économiste.

Elle incite même les entreprises à aller plus loin et à presser ellesmêmes les gouvernements à agir : « Il faudrait que les entreprises qui veulent aller de l'avant aient des demandes claires sur les engagements gouvernementaux ».

Maturation, conversion, évangélisation

Geoffroy Roux de Bézieux dit avoir constaté la « maturation » dont parle Laurence Tubiana chez lui-même.

« J'ai notamment découvert l'impact carbone des produits importés : il n'y a pas que l'impact environnemental des biens que nous produisons à prendre en compte mais aussi celui de ceux que nous importons », affirme-t-il.

Et après la conversion, il s'agirait désormais de faire de l' « évangélisation » pour Gilles Vermot-Desroches, directeur Développement durable de Schneider Electric.

« L'enjeu maintenant est d'embarquer plus large », rebondit Geoffroy Roux de Bézieux.

Outre sa dotation d'une raison d'être fictive pour se montrer en exemple, le Medef avait entendu agir avec la mise en place du French business climate pledge, au sein duquel 99 entreprises à ce jour (représentant 1 650 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 6 millions d'emplois au plan mondial), ont pris des engagements pour changer leurs pratiques et investir pour baisser les émissions de gaz à effet de serre.

Nouvel objectif fixé : atteindre 1 000 entreprises engagées au mois de juin, ce qui revient à ce que chaque signataire convainque dix partenaires de se joindre au mouvement. « Des entreprises ont mûri, et d'autres sont à la traîne : c'est celle-là qu'il faut qu'on aide, et le Medef, en étant multisectroriel a un rôle à jouer », affirme le président du syndicat patronal.

De nouvelles technologies se sont formées, se former à ces nouvelles technologies

Schneider Electric fait partie de ces entreprises qui ont contracté des engagements volontaires. Jean-Pascal Tricoire en vante les mérites, le Pledge (la promesse) permettant de jouer collectif et d'établir des partenariats stratégiques entre business partners.

« Être compétitif demain implique d'être compétitif sur le carbone pour attirer les jeunes talents. Les investisseurs eux aussi ont changé d'attitude et ne sont plus neutres sur le sujet environnemental ».

Les voies de progrès dans lesquelles il espère voir les entreprises s'engager ? « Les technologies existent, mais l'opérationnel est resté sur un mode très traditionnel. Il faut notamment inventer des formations, qui n'existent pas aujourd'hui, sur ces nouvelles technologies ».




Anne MOREAUX
Journaliste

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