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JO de Paris-2024 : des opportunités de business à saisir

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JO de Paris-2024 :  des opportunités de business à saisir
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Nicolas Ferrand, directeur général de la Solideo (Société de livraison des équipements olympiques), a présenté les enjeux des JO de Paris-2024 lors d'une conférence organisée par le Crédit Agricole Brie Picardie et la CCI Seine-et-Marne.

« Les acteurs économiques ne peuvent être que supporters et ambassadeurs de cet événement qui va impacter la Région à hauteur de 5 à 10 milliards d'euros et générer 250 000 créations d'emplois », a lancé Jean-Robert Jacquemard en ouverture de cette conférence dédiée aux jeux Olympiques (JO) organisés sur le territoire français. Avant de donner la parole à l'ex-directeur général des Etablissements publics d'aménagement de Marne-la-Vallée, le président de la CCI Seine-et-Marne a invité les TPE et PME à « saisir d'ores et déjà toutes les opportunités de business » générées par l'organisation de cet événement sportif mondial. Le Gouvernement a en effet indiqué que 25 % en valeur de l'ensemble des marchés publics et privés seront attribués aux PME françaises et que 10 % des heures travaillées seront réservées à des publics éloignés de l'emploi.

Confiant avoir passé plus de « trois années extraordinaires » à Marne-la-Vallée, Nicolas Ferrand, aujourd'hui directeur général de la Solideo, a d'emblée dressé le portrait chiffré des futurs jeux Olympiques. Le « plus grand événement mondial » équivaut à « 41 championnats du monde simultanés » et devrait accueillir quelque
10 500 athlètes, 6 000 accompagnateurs, 25 000 journalistes, 13 millions de spectateurs dans les enceintes sportives, près de 8 millions dans les fan zones et tiendra en haleine près de 4 milliards de téléspectateurs.

L'ensemble de la candidature devrait coûter environ 7,4 milliards d'euros, dont 1,5 milliard d'argent public. Après des éditions aux coûts non maîtrisés, l'enjeu était donc de faire « des jeux frugaux » réutilisant le plus possible les infrastructures existantes. « C'est pourquoi le cœur des jeux se situe à Paris intra-muros », explique Nicolas Ferrand. La plupart des épreuves se dérouleront ainsi en Ile-de-France avec le centre aquatique situé près du Stade de France, la base de Vaires-sur-Marne qui accueillera le canoë et l'aviron, Saint-Quentin-en-Yvelines le golf et le vélo, Versailles l'équitation… En outre, de nombreux autres sites existants seront utilisés partout en France (les stades de Lyon, Bordeaux…la Marina de Marseille, etc.).

L'organisation des JO s'est structurée autour de trois grands acteurs. Le CIO (Comité international olympique), qui est le dépositaire de la marque des jeux,
« contractualise » avec le Cojo (Comité d'organisation des JO), chargé de la partie événementielle (ou temporaire). À côté de ces deux structures, un Epic (établissement public à caractère industriel et commercial) a été créé - la Solideo - qui intervient « pour construire ce qui doit l'être et restera après les jeux », comme le centre aquatique de la « Plaine Saulnier » à Saint-Denis. À côté, une série d'acteurs publics ou parapublics sont en charge de la mobilisation des territoires et de l'héritage sportif des jeux. Le tout « reflète notre organisation institutionnelle ».

Quelque 40 “objets” sont ainsi à construire. « Londres en avait 60, et, contrairement à l'Angleterre, nous avons 29 maîtres d'ouvrage différents », précise le directeur général, indiquant qu'à côté d'opérateurs publics, comme la ville de Paris, officient des acteurs privés ou semi-privés. La Solideo aura aussi la charge de « certains ouvrages en direct ».

Tout ce système est mis en place pour garantir la bonne livraison des structures au Cojo. C'est pourquoi différentes fonctions ont été attribuées à la Solideo, qui doit au premier chef « garantir que les ouvrages soient livrés en temps et en heure quoi qu'il advienne, selon les enveloppes attribuées et selon les bons programmes ». La livraison devra intervenir avant le 30 septembre 2023. Il s'agit d'un « changement de paradigme », puisqu'aucun retard n'est permis, faute de quoi les jeux ne pourront avoir lieu.

Le budget est de quelque 3,2 milliards d'euros (sans prendre en compte l'inflation) et l'ensemble des Pouvoirs publics ont décidé de « ne pas mettre un euro de plus ». La Solideo joue aussi par conséquent le rôle de « banquier ». Et ce, sachant que le CIO est « exigeant » et souhaite garantir une « expérience parfaite » aux athlètes, téléspectateurs et journalistes. « Il s'agit d'un impératif catégorique du CIO. Pour la piscine Olympique, nous devons par exemple respecter 450 pages de prescriptions techniques en intégralité ».
En résumé, la Solideo, structure décentralisée, dispose d'un « pouvoir assez fort » et peut, grâce à la loi, se substituer à un maître d'ouvrage défaillant pour assurer la livraison d'un “objet” dans les temps. Estimant que trois ans de travaux sont nécessaires pour livrer au 1er janvier 2024, la Solideo prévoit de « passer l'ensemble des permis de construire et des marchés »
en 2020 pour que tous les maîtres d'ouvrage puissent entamer les travaux dès le 1er janvier 2021. Courant 2018, il s'agit de définir les objectifs, la manière de passer les marchés et de choisir les entreprises. « Il faut donc qu'à l'été 2019 toutes les équipes techniques soient constituées que l'on choisisse les opérateurs privés et que l'on tienne tout le foncier », détaille le directeur général, qui précise également que les travaux post-jeux seront nécessaires en 2025, avant que la Solideo ne soit dissoute en 2026.

Les “objets” d'envergure

À titre d'illustration, le Village olympique, situé en Seine-Saint-Denis près de la Cité du cinéma, va accueillir 17 000 personnes sur 51 hectares et nécessiter l'embauche
6 000 personnes. L'ensemble des chambres se construit sous la forme d'un « T4 sans cuisine », nécessitant un réaménagement post-jeux pour en assurer la revente. « La grande nef de la Cité du cinéma sera transformée en restaurant pour servir 5 000 couverts en simultané, soit 55 000 repas par jour », précise Nicolas Ferrand, indiquant que le village étant conçu comme un vase clos, le grand bras de la Seine sera fermé à la circulation et le petit bras sera dragué pour permettre aux péniches chargées de passer. Après les JO, le quartier sera transformé en 2 200 logements familiaux, 900 logements étudiants et 100 000 m² de bureaux.

Toujours s'agissant des données chiffrées, près de 1 600 bus et 9 000 véhicules particuliers seront mobilisés.
« Nous allons créer 360 km de voies olympiques, réservées notamment aux athlètes, qui relieront le village aux différents lieux de compétition dont celui de Vaires-sur-Marne », poursuit le DG de la Solideo.

L'aéroport du Bourget accueillera également un “objet” conséquent, puisqu'il aura pour fonction de loger 4 500 journalistes sur les 25 000 présents et d'accueillir le Centre principal des médias, constitué de 90 000 m²
de studios (en surface de plancher).

Non loin de cet équipement sera aussi mis en place l'un des “objets” qui attire le plus de spectateurs et de journalistes : le centre aquatique. En effet, la natation,
« grande épreuve des jeux », devrait rassembler quelque 17 000 spectateurs. Paris 2024 ayant budgété seulement 100 millions d'euros (les centres aquatiques de Londres et Tokyo atteignent 330 et 450 millions d'euros), une piscine olympique sera construite « en dur » par la Métropole du Grand Paris pour accueillir les épreuves de water-polo qui ne nécessitent « que » 5 000 places, tandis que les épreuves de natation « et leur 17 000 places » se tiendront « derrière » au sein d'une structure éphémère. Le Stade de France sera aussi rénové, l'ensemble « formant une enceinte sportive unique ».

Une vitrine du savoir-faire français

Selon le directeur général, ce planning peut être tenu, si toutefois aucun recours n'est déposé. « La loi a été modifiée pour accélérer les choses mais le planning est très serré », précise-t-il, indiquant cependant que les « fondamentaux du droit de la construction ne sont pas modifiés, comme le droit de l'environnement ». De fait, la Solideo a prévu de passer par des marchés globaux et non des lots séparés, de sorte que l'entreprise « s'engage » à livrer dans les temps puisqu'elle ne sera payée
« qu'à la livraison et pas de manière intermédiaire ». Par ailleurs, une enveloppe a été prévue « pour absorber les évolutions de programme »,
souvent liées aux exigences du CIO qui souhaite garantir une « expérience parfaite ».

Concernant le « niveau d'ambition », pour se différencier des éditions précédentes, Paris-2024 mettra l'accent sur « la manière dont on va construire la ville au XXIe siècle ». Aussi, la construction « à la française », soucieuse de bâtir un « habitat agréable à l'homme », le digital, la biodiversité urbaine, l'économie circulaire, le zéro carbone ou encore la résilience des bâtiments face aux épisodes climatiques extrême seront mis en avant. Une enveloppe de 50 millions d'euros sur les 3,2 milliards de budget total va en effet abonder le Fonds de soutien pour l'innovation de rupture écologique. Il s'agit pour les entreprises retenues de se questionner sur la ville à horizon 2024 et de trouver un positionnement qui soit toujours valable dans 10 ans.

Répondant finalement aux questions de l'assistance, Nicolas Ferrand a précisé que les communes souhaitant mettre à disposition des athlètes leurs équipements sportifs devaient s'adresser aux Cojo, dans le cadre de son appel à projet visant à créer un catalogue proposer à l'ensemble des comités olympiques nationaux.

Pour les difficultés de trésorerie (le paiement des entreprises ne s'effectuant qu'à la fin des travaux), rien n'est actuellement arrêté, mais Nicolas Ferrand rappelle à titre d'illustration que des clauses spécifiques (à l'image de celle imposant 25 % de marchés dédiés aux PME) seront introduites dans le cadre du contrat passé avec le groupement d'opérateurs privés qui sera chargé de la construction du Village olympique. « Le fait que les leaders n'étranglent pas les PME est une préoccupation pour nous, il faut faire attention à ce que l'effet d'aubaine des jeux n'entraîne pas les PME dans le mur », explique l'intervenant, évoquant le cas d'entreprises ayant fait faillite après les JO du Brésil.

Enfin, concernant le sourcing des entreprises devant porter « l'innovation à la française », Nicolas Ferrand indique que les écosystèmes des experts du domaine de la construction et de l'écologie urbaine sont déjà structurés. Aussi, la Solideo « s'appuiera dessus, en lien avec Bercy et le cabinet de Nicolas Hulot » pour « démontrer ce que la France sait faire ».




Quentin CLAUZON
Journaliste

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