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Jean Saphores : « Le véritable enjeu ? Les données et la confiance numérique »

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Jean Saphores : « Le véritable enjeu ? Les données et la confiance numérique »

Jean Saphores est vice-président en charge du secteur Innovation au service des cabinets, co-rapporteur du 70e congrès. Il est aussi président d'Edificas – l'organisation qui prend en charge l'ensemble des normes fiscales –, depuis 2009, et président d'honneur de la Fédération nationale des tiers de confiance (FNTC), depuis 2010. Il détaille les trois grands axes qui vont animer les débats…

Affiches Parisiennes : Quelle est précisément votre mission au sein de l’organisation du 70e congrès de l’Ordre des experts-comptables ?

Jean Saphores : Je suis l’un de trois co-rapporteurs qui ont structuré le thème du congrès – L’expert-comptable numérique – et qui, au sein du comité scientifique, ont également eu en charge l’organisation de toute la partie dite ‘‘intellectuelle’’, avec notamment la thématique des ateliers.

A.-P. : Pourquoi avoir choisi ce thème de l’expert-comptable numérique ?

J. S. : Nous sommes actuellement à la croisée des chemins en matière de révolution numérique et de dématérialisation. En 2015, 100 % du fiscal est dématérialisé. L’année prochaine, ce sera au tour du social, avec la « télédéclaration » sociale nominative (DSN…) Nous sommes donc à trois mois du basculement complet de tout le déclaratif professionnel. Et d’autres réformes se profilent dans le monde du numérique… En matière comptable, il nous faut également prendre en compte les nouveaux textes qui arrivent concernant le règlement européen – notamment la signature électronique et l’identité numérique –, applicable au 1er juillet prochain, l’ordonnance de juin 2014 sur la facture électronique, dans le cadre des marchés publics, sans oublier l’article 222 de la loi Macron… Nous sommes donc au cœur d’un processus de mise en œuvre et d’accélération induit par l’évolution du cadre administratif français et européen, passant de la prospective à l’applicatif, au concret, au réel, au quotidien… Le thème de l’expert-comptable numérique s’est donc imposé, surtout pour honorer le 70e anniversaire de l’Ordre des experts-comptables. 

 

« Celui qui détient la donnée se rend incontournable. »

 

A.-P. : Ce 70e congrès est déjà un succès eu égard au nombre d’inscrits ?

J. S. : Avec ce thème porteur et fédérateur, nous affolons les compteurs… Nous enregistrons déjà 30 % de hausse par rapport à la plus grosse année que nous ayons connue. En nombre d’inscrits payants, nous allons approcher le cap des 6 000. Cette adhésion massive montre que la profession est totalement impliquée. Elle a compris, de surcroît, que ce n’est pas un congrès ‘‘techno’’, mais un congrès d’accompagnement au changement, pragmatique, de mise en œuvre dans les cabinets de l’ensemble des nouveaux outils numériques.

A.-P. : À ce propos, quels sont les enjeux du numérique pour les cabinets d’expertise comptable ?

J. S. : Ces enjeux se traduisent par un vocabulaire qui devient insistant : ubérisation, menace, opportunité, intermédiation, full service… On prédit que la comptabilité fait partie des deux ou trois métiers potentiellement les plus « ubérisables » (lire encadré) dans le secteur tertiaire…

Nous faisions traditionnellement de la saisie de comptabilité, de la révision des comptes, de l’émission des comptes annuels, avec tout le déclaratif. Ce métier de base va, il est vrai, beaucoup évoluer. La saisie sera supplantée par une imputation automatique des écritures. Le rôle du cabinet comptable va intensifier la collecte de l’information, principalement des informations bancaires et bientôt de la facture électronique. La vraie difficulté est de mettre en place le système d’information qui se complexifie. Nous allons devenir les professionnels de l’intégration des données pour les TPE et les PME, et cet enjeu majeur doit se gagner dans les trois ou quatre ans qui viennent. Des outils sont d’ailleurs déjà en place pour renforcer la position de l’expert-comptable, notamment à travers le développement de l’intermédiation.

A.-P. : Qu’est-ce qui caractérise l’expert-comptable numérique ?

J. S. : Dans le monde numérique, l’expert-comptable est le professionnel qui va aider l’entreprise à assumer ses tâches administratives, ou qui va prendre totalement en charge cette mission. Dans toutes ses interventions, il devra apporter de la confiance dans les documents numériques et la sécurisation des données.

 

« Nous allons vers un full service avec des prestataires qui vont gérer l’ensemble des tâches administratives de l’entreprise. »

 

A.-P. : Quels sont les axes retenus autour de cette thématique de l’expert-comptable numérique ?

J. S. : Le congrès est centré sur trois grands axes : l’adaptation des missions traditionnelles, le développement de nouveaux métiers, de nouvelles missions, et enfin l’efficience et la performance de l’organisation même du cabinet, le tout grâce au numérique. Ces trois axes seront illustrés par des ateliers et des conférences sur les problématiques pratiques d’aujourd’hui. Le Cloud, à propos duquel nous avons édité un guide l’année dernière réunissant les recommandations de la profession, fait partie de celles-ci… Les questions sont nombreuses : quels sont les éléments que l’expert-comptable doit absolument vérifier ? Comment appréhender les éléments de sécurisation des serveurs, mais surtout de la donnée, pour être conforme à nos règles de confidentialité et de secret professionnel ?

D’autres thèmes seront abordés, avec quelques sympathiques clins d’œil, comme ‘‘De la boîte à chaussures à la comptabilité en ligne, c’est possible !’’, ou encore ‘‘Contrôle fiscal, gare à vos FEC !’’… depuis le 1er janvier 2013, pour les comptabilités informatisées, tout contrôle fiscal commence par la remise de ces fichiers des écritures comptables. Nous allons également examiner dans le détail les pratiques des téléprocédures, du crowdfunding et bien d’autres composantes de l’indispensable mutation numérique…

A.-P. : Le deuxième axe concerne les nouveaux métiers et l’innovation…

J. S. : L’évolution de l’économie numérique entraîne un changement important qu’il faut accompagner. Elle est vécue comme une contrainte
par beaucoup d’experts-comptables. C’est un véritable choc de culture. La plupart des confrères et de leurs collaborateurs travaillent encore au mois, au trimestre, voire à l’année avec les entreprises clientes. Avec le full service qui s’émancipe, ils vont à présent devoir accompagner l’entreprise au jour le jour ou à la semaine, quasiment en temps réel.

Le troisième axe développé lors de ce congrès concerne directement l’expert-comptable entrepreneur qui organise son cabinet grâce au numérique, avec l’e-marketing, la présence sur les réseaux sociaux, le télétravail. Nous allons également devoir organiser le système de données, avec la GED, les produits de la mobilité. Dans la fonction interne au cabinet, l’expert-comptable va devoir se former, former les collaborateurs, mettre en place des systèmes de formation – e-learning, Mooc –, ouvrir de nouvelles relations cabinet-client…

Et il ne faut pas oublier la nouveauté de l’année. Un espace dédié où sont réunies 16 pratiques innovantes (lire ci-dessous), de la signature à la volée de contrats, à l’échange sécurisé documentaire...

 

Contrer l’« ubérisation » potentielle de la profession

« On nous dit que la machine va être amenée à remplacer l’homme. Si l’acte d’imputation comptable se fait automatiquement et que l’information comptable se trouve dans la facture, il sera difficile de l’éviter.
Ce n’est donc pas dans le traitement informatisé que se fera la différence, mais bien dans la récupération des données, notamment les factures, que les experts-comptables devront collecter pour le compte de leurs clients. Ils devront ensuite apporter de la valeur ajoutée à ces documents en vérifiant leur valeur probante, à travers le respect des conditions de la directive européenne et de la transposition de la facture dans le droit français. Il faut que nous soyons, non seulement des intégrateurs de données, mais aussi et surtout des tiers de confiance dans un monde où l’entreprise a de plus en plus besoin de confiance. »

 

Atelier Pratiques Innovantes avec MyCompanyFiles

Le titre et l’objet de l’innovation présentée

Solution « packagée » comprenant un extranet, une application smartphone déclarée sur les appstores au nom du cabinet, des actualités et un environnement de partenaires, permettant de centraliser les échanges numériques entre le cabinet et ses clients, véritable hub « multi-device », c’est-à-dire permettant au client et au collaborateur, où qu’il soit, et quel que soit l’équipement qu’il utilise, PC, MAC, Iphone, téléphone Android, tablette, d’accéder à l’information utile et de communiquer de façon sécurisée et efficiente.

Les motifs qui conduisent à participer à cette animation

L’engouement des cabinets avec lesquels nous travaillons pour ce que nous proposons démontre clairement la valeur ajoutée d’une solution simple et efficace qui, par sa simplicité, révolutionne les échanges entre le cabinet et ses clients. Une véritable révolution, réalisée en douceur, un peu comme l’iphone a révolutionné notre façon de vivre sans même que nous nous en apercevions.

La particularité de notre proposition est sa capacité d’adaptation à l’organisation du cabinet et sa conception dont le but est de gommer les zones d’inefficacité et de frustration des collaborateurs et des clients. Nous adressons au travers de la solution des sujets tels que :

• L’optimisation de la récupération des pièces comptables, dont les notes de frais et justificatifs, à l’origine de beaucoup de perte de productivité et notamment de la rentabilité des « petits » dossiers

• La fidélisation des clients au travers de modules simples pensés pour eux (relevé kilométriques sur l’application smartphone du cabinet par exemple)

• La fiabilisation des processus liés à la DSN pour la déclaration des événements RH. (Les clients du cabinet peuvent déclarer les événements liés à la DSN via leur smartphone, facilitant ainsi le respect du J +5).

La description de la documentation remise lors du passage des congressistes

Document décrivant un flux complet d’usage entre cabinet et client (rappel automatique, dépôt de pièces, alerte du collaborateur, production, livraison de la production, alerte du client, alerte RH…)

Les informations sur la valeur ajoutée pour les congressistes

La valeur ajoutée est simple : nous gommons les zones de douleur, de frustration, aidons le cabinet à se différencier, et à gagner en productivité tout en fiabilisant ses processus.

La ou les technologie(s) sur lesquelles s’appuie l’innovation

L’innovation est d’usage, qui s’appuie sur des technologies existantes, et capitalise sur les facilités offertes par les solutions SAAS pour proposer une présence sur les smartphones, ordinateurs, tablettes, et offrir des connexions avec d’autres éditeurs pour apporter au cabinet le meilleur des mondes.




Jean-Paul VIART
Journaliste

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