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J.-N. Barrot : « Nos concitoyens n'ont pas à choisir entre leurs droits civiques et leur santé »

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J.-N. Barrot : « Nos concitoyens n'ont pas à choisir entre leurs droits civiques et leur santé »
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Jean-Noël Barrot est député de la 2e circonscription des Yvelines. Il est également le secrétaire général du MoDem. Le Premier ministre, Jean Castex, lui a confié une mission, auprès du ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, pour travailler, pendant six mois, sur l'accompagnement de la sortie de crise et le rebond économique territorial.

Affiches Parisiennes : Comment se porte aujourd'hui votre circonscription ? Quels sont les sentiments des électeurs que vous rencontrez ?

Jean-Noël Barrot : Sur les questions sanitaires et de santé, il y a, dans les Yvelines et dans ma circonscription, comme dans le reste de l'Ile-de-France, une forte poussée épidémique. Il y a, par ailleurs, une tension sur d'autres services de l'hôpital, en particulier la pédiatrie, puisque nous avons une jeunesse particulièrement éprouvée par la crise que nous sommes en train de traverser. Il y a aussi une confiance qui grandit avec le déploiement de la campagne de vaccination et les perspectives, ouvertes par le président de la République, d'un retour progressif à la normale à partir de la mi-mai.
Dans ma circonscription, on a également un sujet concernant les nuisances sonores. Nous savons désormais que l'exposition aux nuisances sonores est un problème de santé publique, en particulier celles émises par les transports, notamment routiers. Elle contribue évidemment à la dégradation de la qualité de vie en Ile-de-France et il faut apporter des réponses fortes. Il y a, par exemple, une saturation des très belles routes de la vallée de Chevreuse qui excèdent les riverains. Il y a également le bruit aérien au voisinage des aérodromes et des aéroports de l'Ile-de-France. La Région devrait être un acteur majeur de la réduction de ces nuisances sonores.
Sur les questions économiques, on a évidemment tout le secteur de l'hôtellerie-café-restauration et le secteur de la culture qui souffrent beaucoup. Je n'oublie évidemment pas l'activité industrielle qui est assez présente dans ma circonscription. Elle a pu bénéficier du soutien massif du Gouvernement et de France Relance et envisage à présent, petit à petit, la reprise et le rebond, qu'il faudra évidemment accompagner.

A.-P. : Certains secteurs souffrent effectivement beaucoup du confinement. Que vous disent les entrepreneurs ?

J.-N. B. : D'abord, avec mon équipe, la première chose que nous faisons est d'être à leur écoute et à leur service, dès qu'ils rencontrent des difficultés pour accéder aux mesures de soutien du Gouvernement. Ces mesures sont très bien accueillies du fait de leur montant et de leur facilité d'accès. Mais il y a toujours quelques cas particuliers sur lesquels on travaille pour éviter qu'une entreprise ou qu'un entrepreneur indépendant reste sur le bord du chemin.

Nous sommes donc à pied d'œuvre pour essayer de trouver des solutions et pour faire remonter les problèmes à Bercy, chaque fois que c'est nécessaire. Nous avons d'ailleurs récemment convié Alain Griset à une rencontre avec les entrepreneurs et les indépendants de ma circonscription pour qu'il puisse les entendre et leur apporter des réponses.

A.-P. : Vous avez également lancé une plateforme, pour maintenir le dialogue citoyen ?

J.-N. B. : Depuis que j'ai été élu député, j'ai eu à cœur de pouvoir à la fois faire redescendre un certain nombre d'éléments de ce qui se passe à l'Assemblée, mais aussi de faire remonter les préoccupations et les aspirations de mes concitoyens. Nous organisons donc, depuis juin 2017, un atelier citoyen mensuel sur les sujets d'actualité pour que les idées circulent. Nous faisons également travailler un certain nombre de groupes autour de la préparation des textes qui arrivent à l'Assemblée nationale et nous diffusons chaque mois une lettre d'information qui donne le détail des travaux en cours et de mon activité sur le terrain.
Plus récemment, j'ai effectivement lancé une application pour faciliter l'expression de mes concitoyens de manière à ce que je puisse la relayer plus efficacement possible à l'Assemblée.

A.-P. : Il y a aujourd'hui aussi les élections régionales qui approchent. Pensez-vous que ces élections vont être organisées en juin ?

J.-N. B. : Sur les élections, j'ai eu l'occasion de m'exprimer à plusieurs reprises. Au MoDem et avec François Bayrou, nous considérions déjà l'année dernière, à la même époque, qu'il fallait se donner les moyens de tenir les élections, quel que soit le contexte sanitaire, parce que nous considérons que nos concitoyens n'ont pas à choisir entre l'expression de leurs droits civiques et leur santé. Nous savons également que dans beaucoup de pays du monde, des innovations démocratiques ont été mises en œuvre pour assurer la tenue des scrutins. Si nos propositions avaient été suivies, en particulier la mise en œuvre du vote à distance, la question ne se poserait pas aujourd'hui.
S'agissant des élections régionales et départementales, je trouve très sain que le Premier ministre ait déclaré vouloir engager une consultation des partis politiques et des associations d'élus, de façon à établir si la campagne électorale pouvait se tenir et si les opérations de vote pouvaient se dérouler de la manière la plus normale qui soit.
Mon souhait, c'est évidemment que la vie démocratique puisse continuer et que les élections n'aient jamais à être victime du contexte sanitaire. J'irais même plus loin. Nous pouvons profiter de l'occasion qui nous est donnée de réfléchir aux modalités de vote, pour les moderniser une bonne fois pour toutes et faire en sorte que les jeunes, les personnes âgées, les personnes handicapées, qui bien souvent ne se déplacent pas pour aller voter, puissent le faire avec des modalités modernisées, conformes à ce qui se fait dans d'autres grandes démocraties.

A.-P. : Vous portez un intérêt particulier à l'Île-de-France. Quelle est aujourd'hui la position du MoDem pour ces élections ?

J.-N. B. : En Ile-de-France comme dans chaque région, le MoDem, souhaite proposer des projets, en lien avec les autres formations de la majorité présidentielle. C'est ce à quoi nous travaillons aujourd'hui.

A.-P. : Plusieurs articles dans la presse parlent d'une division en Ile-de-France. Une partie des élus MoDem au Conseil régional a affiché leur soutien à la présidente sortante, Valérie Pécresse…

J.-N. B. : Ce sont des aventures individuelles qui n'ont pas de signification politique et n'engagent en aucun cas le MoDem.

A.-P. : Aujourd'hui, le MoDem s'est positionné pour soutenir une coalition avec La République en marche ?

J.-N. B. : Avec les formations de la majorité présidentielle. Comme dans toutes les régions, nous allons faire converger nos stratégies.

A.-P. : Le candidat de La République En Marche en Ile-de-France, Laurent Saint-Martin, a lancé sa campagne. Le soutenez-vous ou allez-vous créer une liste commune ?

J.-N. B. : Nous travaillons activement à la constitution d'une liste, à la rédaction d'un projet et à la mise en œuvre de la campagne dans les conditions que nous connaissons.

A.-P. : Quelles seraient justement les grandes lignes de ce programme ?

J.-N. B. : Les premiers sujets sur lesquels le candidat s'est exprimé, à savoir la sécurité, avec la création de la première police régionale, et l'environnement, avec le verdissement des flottes automobiles en Ile-de-France me paraissent aller dans le sens d'une région qui redonne envie. Aujourd'hui, l'Ile-de-France est la région qui subit le plus grand nombre de départs, du fait que trop de nos concitoyens, et en particulier les classes moyennes, n'ont plus, soit les moyens d'y vivre, soit n'y retrouvent pas une qualité de vie suffisante. Ce que nous voulons porter avec la majorité présidentielle et avec Laurent Saint-Martin, c'est l'envie d'Île-de-France, c'est-à-dire une attractivité retrouvée de cette région, avec la sécurité, qui est une préoccupation majeure des Franciliens, notamment dans les lycées et dans les transports, avec l'environnement et avec la qualité de l'air. J'ajouterai à cela la question des nuisances sonores qui sont également à prendre en compte.
Il y a évidemment d'autres propositions. Je ne vais pas, à ce stade, dévoiler l'ensemble du projet qui le sera en temps voulu.

A.-P. : L'Île-de-France est aujourd'hui la région la plus riche. Il y a eu, notamment, beaucoup d'investissements étrangers l'année dernière, malgré la situation sanitaire. Comment se porte, à vos yeux, l'économie francilienne ?

J.-N. B. : L'Ile-de-France est la région française qui a subi les plus grosses pertes économiques, ce qui suppose une action résolue et coordonnée de l'Etat, de la Région et des collectivités pour accompagner la relance. Le Premier ministre, Jean Castex, m'a confié une mission auprès de Bruno Le Maire sur le rebond économique territorial. J'ai donc entrepris un tour de France pour préparer le rapport. Dans chaque région, nous nous déplaçons dans les bassins d'emploi qui sont les plus durement éprouvés, de manière à entendre les acteurs de terrain, les élus, les chefs d'entreprise et les services de l'État. Nous allons identifier et faire remonter leurs difficultés pour envisager des solutions sur mesure, localisées, pour faciliter leur rebond.
L'Ile-de-France mérite, évidemment, une attention toute particulière du fait des conséquences dramatiques de la crise sur son économie. Avec la mission, nous avons eu l'occasion d'analyser la situation des Yvelines, un département en difficulté du fait de la forte présence de l'aéronautique et de l'automobile.
Grâce à France Relance, un certain nombre de solutions a déjà pu être trouvé, mais il faudra aller plus loin et faire en sorte que ces secteurs industriels, très présents en Ile-de-France, puissent retrouver les chemins de la croissance et de la prospérité.

A.-P. : Au cours de cette mission, avez-vous constaté des régions en grandes difficultés, proches du décrochage économique ?

J.-N. B. : Comme je disais, l'Ile-de-France souffre particulièrement par rapport à d'autres régions. L'Ouest, la Bretagne et les Pays de la Loire semblent un peu moins affectées. Mais au fond, il y a une grande diversité de situations et une inégalité face à la crise, au sein de chaque région, avec des bassins d'emploi qui tiennent et d'autres qui sont durement éprouvés, du fait de leur exposition au tourisme, à l'aéronautique, à l'automobile… Ce sont ces fractures potentielles que pourrait engendrer la crise de la Covid, auxquelles nous sommes particulièrement attentifs et auxquelles nous voulons apporter des remèdes.

A.-P. : Quels types de remèdes, par exemple ?

J.-N. B. : L'idée est de regarder, au cas par cas et de manière très territorialisée, un certain nombre de mesures qui pourraient être mises en œuvre en parallèle des outils très puissants déployés par le Gouvernement depuis un an, avec les mesures de soutien et France relance, pour faciliter la reconversion des salariés, la reprise des entreprises, l'émergence et la croissance de nouvelles entreprises et, éventuellement, la reconversion d'autres entreprises.

A.-P. : Dans quelle mesure le PIB va-t-il reculer cette année ? Pensez-vous qu'il sera possible de rattraper la chute de 2020 ?

J.-N. B. : Bruno Le Maire a donné dernièrement la prévision de croissance révisée qui se situe entre 5 et 6 % en fin d'année. Néanmoins, ce n'est pas à cette évaluation du PIB que la mission que nous menons s'attaque actuellement. Nous analysons plutôt les inégalités, les fractures ou les fragilités nouvelles engendrées dans certains territoires par la crise que nous connaissons.

A.-P. : Dans un territoire, le rebond a besoin d'être soutenu par L'État et, au niveau européen, par une action coordonnée…

J.-N. B. : Le plan de relance français s'appuie évidemment sur l'accord obtenu par le président de la République au niveau européen. Emmanuel Macron a d'ailleurs eu l'occasion de dire que les efforts devraient être maintenus, voire amplifiés. Les politiques monétaire et budgétaire européennes ont permis à la France de s'endetter à moindre coût et aux entreprises françaises de se financer à bas prix, si j'ose dire. Si nous n'avions pas eu ces deux leviers et la solidarité européenne, les économies des pays membres auraient rencontré davantage de difficultés.

A.-P. : Le plan de relance est globalement fixé, mis à part cet ajustement régional…

J.-N. B. : Nous y travaillons actuellement sur ces mesures spécifiques à destination des territoires. Nous ferons un certain nombre de propositions, à l'horizon du mois de juin.

A.-P. : Avez-vous une idée sur la durée de ces mesures de ce soutien ?

J.-N. B. : Aussi longtemps que ce sera nécessaire.




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