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Jean-Luc-Flabeau « L'actualité professionnelle ne nous a pas laissé beaucoup de répit »

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Jean-Luc-Flabeau « L'actualité professionnelle ne nous a pas laissé beaucoup de répit »
@ AP

Jean-Luc Flabeau, le président d'ECF, profite du Congrès pour faire le point sur les nombreux dossiers ouverts actuellement, tant pour les experts-comptables que pour les commissaires aux comptes.

Affiches Parisiennes : En qualité de président d'ECF, quelles sont les actions syndicales que vous avez menées au cours de l'année passée ?

Jean-Luc Flabeau : Ces actions sont nombreuses car l'actualité professionnelle ne nous a pas laissé beaucoup de répit. Il y a eu le projet de loi Pacte avec le dénouement que malheureusement nous connaissons. Mais aussi beaucoup d'autres sujets comme le projet d'examen de conformité fiscale, la remise en cause du principe de séparation de l'audit et du conseil avec l'article 9 BIS A, la réforme de la formation continue et la création des OPCO, le projet de spécialisation mené par le Conseil supérieur de l'Ordre des Experts-comptables et sur lequel nous avons encore de nombreuses réserves, les futures contraintes de la lutte anti-blanchiment. Sur tous ces sujets, nous agissons toujours pour défendre au mieux l'exercice libéral des professionnels du chiffre, ce qui n'est pas toujours simple. Et puis, il y a bien évidemment le projet de réforme des retraites du Gouvernement qui présente des dangers. Nous sommes toujours dans le temps de la négociation et défendons des positions fermes.

A.-P. : Vous êtes également commissaire aux comptes et ancien président de la Compagnie régionale des CAC de Paris. Les changements à venir concernent aussi les CAC. Comment la profession va-t-elle évoluer ?

J.-L. F. : Le Gouvernement, avec l'appui des représentants des entreprises, avait une volonté farouche de relever les seuils d'audit au niveau européen. Les représentants de la profession, que ce soient les institutions ou les syndicats, n'ont pas été entendus.

À présent, il convient de se projeter dans l'avenir et savoir comment la profession du chiffre, dans son ensemble, va s'adapter. Nos missions, quelle que soit leur nature, ne seront acceptées par nos clients et notre environnement que si leur utilité est reconnue. Pour pouvoir continuer à pratiquer l'audit dans les PME en dessous des seuils européens, qui est devenu volontaire avec la loi Pacte, nous devrons proposer une approche d'audit véritablement adaptée. Chez ECF, c'est ce que nous proposons depuis 15 ans. Mais j'avoue que je suis encore inquiet sur la capacité de changement de la CNCC. Les deux nouvelles normes PE, remplaçant la NEP 910, n'apportent toujours pas les réponses d'adaptation et d'utilité que le marché demande.

Que je sois président de la CRCC de Paris et aujourd'hui président d'ECF, mes convictions ne changent pas : je reste attaché à nos deux métiers du chiffre expert-comptable et commissaire aux comptes qui doivent rester distincts. C'est le commissaire aux comptes qui certifie et c'est l'expert-comptable qui accompagne les entreprises et conseille ses dirigeants. Je pense très clairement que la « nouvelle tendance » d'autoriser toutes les missions de conseils aux CAC et de cantonner les experts-comptables en tant que « faiseurs de comptes », comme je peux l'entendre ou le lire, est purement et simplement suicidaire pour une grande partie de notre profession. Chez ECF, nous souhaitons bien faire corriger les dérives et revenir à l'ADN des deux métiers. Certains rêvent d'une profession à deux vitesses, moi pas du tout !

A.-P. : Quelles sont les actions syndicales d'ECF pour les jeunes qui rentrent dans la profession ?

J.-L. F. : Tout d'abord, la raison d'être de notre syndicat est, encore une fois, de défendre et développer l'exercice libéral. Beaucoup de jeunes diplômés s'installent ex-nihilo ou intègrent des structures à taille humaine et il est très important de défendre ces modes d'exercice pour l'ensemble des professionnels et notamment des jeunes consœurs et confrères. Avec Boris Sauvage, vice-président d'ECF qui a été aussi président national du CJEC, nous associons les jeunes dans nos réflexions et actions. Systématiquement, nous leur dédions un espace d'expression dans nos principales manifestations. Sous l'impulsion de son président Guillaume Proust, notre commission “innovation” a créé un nouvel événement le 26 juin dernier : un “Booster Day”. Pendant toute une journée, nous sommes allés à la rencontre de start-up pour démultiplier les partenariats et faire du networking. Beaucoup de jeunes confrères ont manifesté leur intérêt à cette action.




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