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Jean-Luc Flabeau : ECF lance le premier congrès numérique de la profession

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Jean-Luc Flabeau : ECF lance le premier congrès numérique de la profession
@ DR

Beaucoup d'événements ont dû être annulés pour cause de crise sanitaire. Certains ont néanmoins été maintenus, naturellement sous une forme différente. C'est le cas du Congrès ECF 2020, qui devait se tenir à Marseille les 22 et 23 juin. Le syndicat des Experts-Comptables et Commissaires aux comptes de France a, en effet, choisi de relever le défi du virtuel en proposant pour la première fois un congrès numérique. Jean-Luc Flabeau, le président d'ECF, présente en détails cette véritable innovation, organisée avec beaucoup de réactivité durant le confinement…

Affiches Parisiennes : ECF a fait un travail remarquable en organisant le premier congrès numérique de la profession d'expert-comptable du 22 au 26 juin. Pouvez-vous nous présenter cette innovation ?

Jean-Luc Flabeau : Nous devions organiser notre congrès à Marseille les 22 et 23 juin. Le bureau d'ECF est entré dans le confinement avec la volonté farouche de rendre le plus possible service et aide aux confrères experts-comptables et commissaires aux comptes. Nous avons établi des fils d'actualité à la suite du Covid-19, organisé des formations gratuites, des « lives» fait plus de dix courriers au gouvernement, etc. La question de l'organisation du congrès s'est bien évidemment posée. Nous avions trois possibilités. La rencontre physique a été très vite écartée. Nous pouvions également le décaler, mais nous ne savions pas trop à quelle date, ou mettre en place en version numérique. Nous avons très vite opté pour le congrès numérique car nous voulons continuer à aider le plus possible les confrères et consœurs pendant cette période, autant surréaliste qu'imprévisible. Avec, comme thématique omniprésente pendant les 5 jours et les 35 évènements de ce congrès, les effets et conséquences du COVID sur nos clients et nos cabinets.

Malgré tout ce travail avec les élus et permanents que je souhaite remercier, nous avons pris beaucoup de plaisir à bâtir, en un temps record, ce 1er congrès numérique de la profession. Et j'espère que les confrères prendront aussi beaucoup de plaisir à y participer. Tout cela commence lundi matin dès 8h30.

A.-P. : Chaque jour, une grande conférence est prévue. Ces conférences, les tables rondes et les formations sont proposées sous forme de webinars. Vous, par exemple, vous intervenez lundi de 18h à 19h sur l'indépendance numérique...

J.-L. F. : Au cours des conférences de fin de journée, entre 18 et 19h, nous débattrons des grands sujets de notre profession, qui sont aussi intégrés dans notre programme ECF pour les élections professionnelles de fin d'année : l'indépendance numérique de la profession, l'évolution de la formation, le rôle des institutions, l'audit de demain ou encore l'expert-comptable au cœur de l'économie. Et tous les professionnels, qui vont se connecter à ce congrès numérique, ne vont pas faire qu'y assister. Ils vont pouvoir, de leur bureau, y participer activement et débattre puisqu'une partie de ces évènements sont en live et interactifs.

Tous ces évènements auront un fil rouge : les effets du COVID sur nos clients et nos métiers. Avant COVID, nous savions que notre profession du chiffre avait de nombreux défis à relever, comme le numérique ou encore l'accès des jeunes. Avec cette crise sans précédent, ces enjeux et défis sont encore plus importants. Ce congrès est idéal pour avoir ce premier débat professionnel sur les changements que nous devons opérer pour que les experts-comptables et commissaires aux comptes s'assurent d'être en communion avec ce nouveau monde économique qui se dessine déjà.

Je voudrai aussi évoquer nos partenaires de la profession, qui nous accompagnent pour ce congrès. Ils sont nombreux et ont répondu présent, même si pour beaucoup, cette crise sanitaire est éprouvante. C'est une belle marque de confiance de leur part pour notre syndicat et je les remercie. Ce sont aussi dans les périodes délicates que tout le mot partenariat prend tout son sens étymologique.

A.-P. : Vous avez également prévu de nombreux ateliers techniques, représentant plusieurs journées de formation gratuite pour les experts comptables de formation….

JLF : Pendant ces cinq jours, du 22 au 26 juin, les rendez-vous vont se multiplier. Chaque journée commencera avec un café en partenariat avec le cabinet Barthélemy sur un focus social. Et ce seront 25 ateliers et séminaires, animés par des intervenants de grande qualité. Et ces journées se clôtureront avec les conférences évoquées à l'instant. Il y aura aussi des surprises pendant ce congrès.

Nous avons donc tout changé, y compris le modèle économique. En général, nos congrès sont payants. Eh bien cette année, tous les accès sont gratuits. Les confrères vont pouvoir se connecter de chez eux. Il y aura même des replays en permanence.

A.-P. : Vous perdez, en revanche, le côté convivial du congrès traditionnel…

J.-L. F. : Il est clair qu'un congrès en présentiel est différent, surtout à Marseille quand on connait la convivialité et la qualité d'accueil de nos régions du sud. Mais nous avions aussi l'objectif de revisiter certains de nos évènements ECF pour les moderniser et les ouvrir encore à plus de personnes. Ce premier congrès numérique nous apportera nécessairement de précieux enseignements, sur lesquels nous pourrons capitaliser.

Mais il n'est pas question de faire à l'avenir que des évènements numériques car nous sommes pressés de retrouver nos confrères et consœurs. Un des ADN de notre syndicat ECF est la convivialité entre ses membres. Cependant, il peut être intéressant de mettre une dose de numérique dans nos futurs évènements pour faciliter la participation de certains, comme les jeunes confrères qui n'ont pas toujours le temps et les moyens de se rendre aux rendez-vous proposés par la profession.

A.-P. : Vous avez prévu des stands virtuels pour les partenaires ?

J.-L. F. : Oui, complètement. Il faut bien comprendre qu'au moment où nous avons lancé l'idée du congrès numérique, il y a quatre semaines, nous sommes partis de la feuille blanche. Nous ne savions pas si les partenaires allaient nous suivre. Comme ils l'ont fait, nous avons décidé de créer des espaces qui leurs sont réservés. Pour eux comme pour nous, ce premier congrès numérique de la profession sera une découverte. Comme nous, ils prennent un risque. Nous avons donc voulu faire en sorte qu'ils soient le plus présents possible.

A.-P. : Vous intervenez sur plusieurs conférences et vous co-animez, avec Lionel Canesi, le vendredi 26 juin : “L'expert-comptable au cœur de l'économie”. L'expert-comptable est dès le début auprès de tous les entrepreneurs qui ont énormément souffert pendant cette crise. Comment cela va évaluer ?

J.-L. F. : C'est un sujet sur lequel, avec Lionel Canesi, nous intervenons déjà depuis un certain temps. Nous militons activement pour cet « expert-comptable au cœur de l'économie » et il constituera un des thèmes centraux de notre campagne pour briguer le Conseil Supérieur de l'Ordre des Experts-comptables. Et la crise du COVID a mis en exergue ce besoin de positionnement des professionnels du chiffre.

A partir du 17 mars, même si nous nous serions bien passés de cette crise sans précédent, les experts-comptables ont été propulsés au cœur de l'économie. Ils ont été, encore plus que d'habitude, extrêmement utiles aux PME-TPE. Dès le 17 mars, les chefs d'entreprise, jamais confrontés à un tel arrêt d'activité économique, se sont retrouvés désœuvrés mais leur expert-comptable a été présent pour les aider, les conseiller à obtenir les aides de l'Etat et des banques. La relation de l'expert-comptable et son client est devenue encore plus forte, plus humaine.

Au niveau de nos institutions, elles ont pu elles aussi se retrouver au cœur de l'économie. Des conseils régionaux, comme Paris, Lille, Lyon ou Marseille, pour ne citer que les principaux, de nombreuses réunions ont été organisées avec les chambres consulaires, les préfectures, les organisations patronales, les différentes administrations. Ces conseils régionaux de l'Ordre ont été très actifs et écoutés au sein des cellules de crise, dans lesquels ils ont eu toute leur place.

J'espère que tous ces bons reflexes de notre environnement, consistant à intégrer notre profession au cœur des enjeux économiques, ne seront pas arrêtés lorsque nous serons sortis de cette crise. Il faut que les experts-comptables et commissaires aux comptes soient de plus en plus sollicités par notre environnement économique, consultés par les pouvoirs publics à chaque fois que c'est nécessaire. Nous avons une véritable expertise en matière de TPE PME et nous ne demandons qu'à la partager. En tout cas, c'est le message que Lionel Canesi et moi-même allons continuer à marteler.

A.-P. : Vous allez intervenir avec Renaud Muselier à cette conférence ?

J.-L. F. : Nous devions faire notre congrès physique à Marseille. Il était important que Renaud Muselier participe à cette table ronde puisqu'il est président de la région PACA et qu'il est, en plus, le président des présidents de région. C'est important qu'il nous fasse passer des messages. Nous voulons savoir ce qu'il attend de nous et de nos institutions. Je suis sûr qu'il attend beaucoup de choses.
En quelques mois, cette crise économique a tant détruit de valeur qu'il faut éviter le gâchis total. Il faut qu'on puisse prendre quelques enseignements et la bonne substance de ce qu'on peut faire au niveau sociétal comme au niveau d'une profession.

Encore une fois, nous voulons que l'expert-comptable trouve sa place au cœur de l'économie. C'est l'axe majeur de programme pour l'avenir et je trouve que sur ce point, cette crise a été un vrai révélateur.

A.-P. : Nous avons un exemple concret en Ile-de-France avec la création du Fonds Résilience, destiné aux TPE et PME. Il est doté d'ailleurs de 100 millions d'euros, justement pour soutenir la trésorerie des entreprises…

J.-L. F. : C'est un excellent exemple. Cette crise interroge sur l'État jacobin. On voit bien tout ce qui est centralisé est moins agile que tout ce qui est décentralisé. Je pense que cet État jacobin va laisser davantage de place à des organisations beaucoup plus girondines. Et quand on fait le parallèle avec certains autres pays ou certaines autres organisations, on parle souvent de l'Allemagne. Cette dernière a peut-être mieux fonctionné avec ses Länders. Je trouve que les régions françaises se sont plutôt révélées dans cette crise avec notamment l'exemple que vous venez de citer en Ile-de-France. Au niveau régional, c'est beaucoup plus simple, plus rapide et efficace de mettre en lien les différentes institutions, administrations, etc.

A.-P. : Donc aujourd'hui, on se dirige vers un assainissement de la situation économique. Quelle sera l'action de l'expert-comptable ? Comment va-t-il s'adapter à cette nouvelle économie ?

J.-L. F. : C'est vraiment des discussions que nous avons actuellement. Je sors d'une réunion avec une organisation de jeunes experts comptables. L'économie post-COVID était un des sujets.

La question qui est sur toutes les lèvres est le nombre de défaillances d'entreprises qu'il y aura dans quelques mois. Difficile de le savoir, même si l'Etat et les banques ont mis en place un véritable arsenal pour maintenir au maximum notre tissu d'entreprises.

Après avoir aidé les entreprises à obtenir les aides de soutien, les experts-comptables vont dorénavant accompagner leurs clients pour les aider à rebondir et aussi les conseiller dans le remboursement de leurs dettes, qui a fortement augmentée avec le COVID, que ce soit des PGE, report de charges, etc. Pour cela, le professionnel du chiffre va avoir une approche plus prospective puisqu'il faudra travailler sur les prévisions de trésorerie et les investissements à programmer. Et cette approche prospective sera aussi nécessaire pour les commissaires aux comptes.

L'endettement des entreprises va être beaucoup plus important qu'auparavant. Déjà pendant cette crise, beaucoup de clients, chefs de TPE et de PME, nous ont témoigné de la reconnaissance, parce qu'ils se retrouvaient seuls face aux problèmes financiers et sociaux. Nous les avons énormément aidés en décryptant énormément de textes, en appliquant toutes les mesures, etc. Les experts-comptables sont allés chercher un maximum d'aides pour leurs clients avec la mise en place du chômage partiel, du fonds de solidarité, du PGE... Il faut à présent capitaliser sur cette lancée et continuer à être utiles. Les experts-comptables vont devoir travailler à la survie des entreprises, en continuant à suivre l'évolution des textes. Je pense vraiment que le rôle de l'expert-comptable va être primordial pour faire rebondir l'économie.

Pour les participants (ainsi que pour vous-même et vos équipes), il sera possible de rejoindre dès lundi 8 heures gratuitement et sans préinscription le palais des congrès virtuel mis en place par ECF au lien suivant :

https://congres.fierdetreexpertcomptable.fr/

Les Plénières de 18 à 19 heures du lundi 22 au vendredi 26 :

http://emailing.e-c-f.fr/E09062020145803.cfm?WL=25358&WS=33131_5871031&WA=28413

Les Ateliers techniques ECF de 11 heures à midi (sauf jeudi de 14 à 15 heures) :

http://emailing.e-c-f.fr/E12062020125807.cfm?WL=25376&WS=33131_5871031&WA=28431

Informations pratiques sur le Congrès :

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSc25I20rYVR58u4Gr4k1kPgGqW9eXLfWKaOxOP4XRi9jMDSJA/viewform




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