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IP Transfer : place de marché innovante des actifs immatériels

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IP Transfer : place de marché innovante des actifs immatériels
@ DR - « Comme nous sommes sur un nouveau modèle économique, j'ai rapidement compris qu'il fallait que le système soit très incitatif pour les utilisateurs », confie Nadège Parfait, fondatrice d'IP Transfer.

De Conseil en propriété industrielle (CPI) à créatrice d'une legaltech, le pas n'a pas été difficile à franchir pour Nadège Parfait. Partant du constat de la saturation du marché de la PI et d'un besoin client non adressé, elle a décidé de créer « une plateforme qui connecte acheteurs et vendeurs et valorise utilement le potentiel des actifs de propriété industrielle dormants ». Ce nouveau concept d'e-commerce de la PI, comme alternative au dépôt de titres ou à leur oubli, sera-t-il l'eldorado des entreprises souhaitant optimiser leur capital immatériel?

Le concept d'IP Transfer est très simple : c'est de l'intermédiation de la PI, qu'on peut aussi nommer market place.

« Notre plateforme offre aux utilisateurs un outil qui permet de connecter utilement les sociétés qui abandonnent des droits de PI parce qu'elles ne les exploitent plus et des sociétés qui en recherchent », précise sa fondatrice.

Une réponse pratique à un constat : 50 % de gâchis

« J'ai renoncé à ma qualité de CPI en quittant un poste très confortable dans un grand cabinet parisien parce que j'étais vraiment convaincue par ce projet et l'intérêt pour tous les utilisateurs, dès lors que ça répond à un réel besoin », confie Nadège Parfait qui s'est entourée d'une équipe de développeurs et d'un juriste pour fonder sa legaltech.

Pour certaines entreprises, dont les TPE-PME, enregistrer un titre de PI est compliqué, c'est même « un peu le parcours du combattant », témoigne l'experte, tandis que d'autres sociétés délaissent complètement leur portefeuille. Elle constate que le marché de la PI est très mal adressé car plus de la moitié des droits enregistrés en France ne sont pas exploités.

Un véritable gâchis : « à terme, ces actifs immobilisés inutilement freinent l'innovation ».

Elle décide donc de repenser son métier « pour apporter une réponse efficace aux besoins de simplicité et de rapidité des entreprises ».

Le marché des marques saturé

« Au cours de mes 5 dernières années de pratique en tant que CPI, je me suis rendue compte que les registres de marques sont saturés. En termes de dépôts, les chiffres sont incroyables », témoigne Nadège Parfait. Selon l'INPI, le dépôt de marque a enregistré une hausse de 5,5 % avec un chiffre record de 95 419 en 2018.

« L'idée m'est venue face à des clients totalement désemparés et désœuvrés par la saturation des registres », explique-t-elle.

Au fil du temps, le registre se remplit, même si les marques déposées sont loin d'être toutes exploitées, un comble dans une conjoncture où l'optimisation et le recyclage sont de rigueur. Le système atteindrait-il ses limites ?

Cette professionnelle souhaite ainsi créer un réflexe d'optimisation « pour toutes les sociétés, y compris les TPE-PME, qui ont en portefeuille au moins une marque et qui ne mesurent pas que ce titre a une valeur en soi ».

Vers une mutation de la gestion de la PI ?

Face à ce marché saturé, IP Transfer offre une alternative séduisante aux entreprises qui souhaitent valoriser leur portefeuille d'actifs immatériels simplement.

« La démarche est gagnante-gagnante », comme le dit Nadège Parfaite.

Du côté des vendeurs, l'intérêt est de vendre ses droits de PI enregistrés mais dormants, plutôt que de les abandonner tout simplement comme toutes les sociétés le font aujourd'hui, notamment pour les dépôts de marques non utilisés ou non renouvelés. L'investissement de départ en propriété intellectuelle est souvent négligé ou même oublié par les dirigeants d'entreprise qui ne se soucient pas ou plus de revaloriser leurs actifs immatériels. Alors que, même s'ils font le choix de cesser l'exploitation de certains droits de PI, ces derniers peuvent rapporter gros.

Du côté des acquéreurs, l'intérêt principal est que les droits de PI existants sont utilisables tout de suite et rétroactivement.

« S'orienter vers le rachat a du sens car ça permet de bénéficier d'un droit immédiatement exploitable, avec son ancienneté », précise l'experte.

L'ancienneté du titre est extrêmement intéressante car elle représente « une arme concurrentielle qui fait la différence ». C'est aussi une procédure beaucoup plus simple et rapide, car pour une marque, par exemple, une société doit d'abord faire appel à une agence de naming (ce qui représente un certain coût), puis faire une recherche d'antériorité pour s'assurer de la disponibilité du droit (ce qui prend du temps), et enfin effectuer le dépôt de la marque (procédure longue et coûteuse selon les pays). Finalement, c'est parfois moins coûteux de racheter une marque ou un autre titre de PI que de le déposer !

Loin d'être la seule solution de ce type sur le marché des legaltechs, IP Transfer répond néanmoins à un besoin client manifeste. La gestion de la PI commence à se faire une place au cœur des stratégies. « L'expérience montre qu'une politique de propriété industrielle bien pensée et mise en œuvre le plus tôt possible joue un rôle primordial dans le développement d'une entreprise. Grâce à sa présence au cœur de l'écosystème de l'innovation, l'INPI a pu répertorier et analyser les bonnes pratiques », déclarait cet hiver Pascal Faure, directeur général de l'INPI, lors du lancement du tout premier Guide du management de la PI.

Un business model freemium qui fonctionne

Le dépôt d'annonces sur IP Transfer et la consultation du catalogue des droits en vente sont totalement gratuits. Active depuis une petite année, la plateforme qui a déjà « quelques jolies ventes » à son actif se rémunère de façon forfaitaire, uniquement en cas de transaction.

« Comme nous sommes sur un nouveau modèle économique, j'ai rapidement compris qu'il fallait que le système soit très incitatif pour les utilisateurs », admet la fondatrice avec perspicacité.

« Nous n'intervenons pas sur la fixation des prix des titres vendus sur notre plateforme », ajoute l'entrepreneuse qui se fie à la main invisible du marché, et laisse toujours la possibilité pour l'acquéreur de faire une offre, même à bas prix.

« Plus qu'une bourse et une place de marché, c'est vraiment une alternative au dépôt avec du service en plus et un minimum de sécurité en amont », que propose IP Transfer, qui vérifie minutieusement tous les droits mis en vente sur sa plateforme sur les bases officielles comme l'INPI, l'EUIPO et l'OMPI, et propose au choix une série de services d'accompagnement : rédaction du contrat de cession par ses partenaires CPI et avocats, inscription de la cession ou licence auprès des offices…L'idée étant de proposer aux utilisateurs un service complet.

Chaque cas d'usage met à jour de nouveaux besoins pour faciliter les transactions. Nul doute que la liste de services additionnels proposés par IP Transfer va s'enrichir à court terme. Mieux encore, « un développement à l'international se fait progressivement avec des partenaires dans différents pays », se réjouit la fondatrice.

L'uberisation du marché de la PI

Ayant d'abord pullulé sur le marché de l'intermédiation des professions juridiques ou de l'automatisation des contrats, des legaltechs font leur apparition dans l'univers de la propriété industrielle (PI). S'il est délicat de prédire l'ampleur des bouleversements que ces nouveaux acteurs auront sur un tel marché, on peut dès lors constater un vent d'innovation dans le secteur.

De braconniers à partenaires, les start-up de la legaltech sont en train de se faire une place digne de ce nom dans le monde juridique. Elles se sont d'ailleurs réunies les 26 et 27 novembre à la cité des sciences de la Villette pour la quatrième édition du Village de la Legatech.

Dans le domaine de la PI la concurrence fait rage. On compte déjà des dizaines d'acteurs. Qu'il s'agisse de plateforme de dépôt de titres en ligne (Yes my patent, About innovation, Continew…), de gestion des titres (IP Transfer, IP'Nuts, Questel, Collabium, IPzen) ou encore de protection des titres grâce à la blockchain (Blockchain your IP, IPChain Database), il y a des services pour tous les besoins.

La révolution numérique, qui a modifié de nombreuses pratiques professionnelles, a ouvert une brèche dans laquelle se sont engouffrées des centaines de nouvelles entreprises. Un secteur en pleine croissance selon la deuxième édition du Baromètre des legaltechs (réalisée pour le site Actualités du droit en partenariat avec Maddyness), comprenant de plus en plus d'acteurs qui mobilisent beaucoup d'investissements. S'il fallait ne retenir qu'un chiffre de cette enquête, ce serait
92,2 %. Il correspond à la hausse du montant des fonds levés par les legaltechs, par rapport à l'année 2017. En cumulé, elles auront donc levé 24,6 millions d'euros en 2018.




Anne MOREAUX
Journaliste

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