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Investissez dans l'économie réelle avec Wiseed

Des mesures adoptées en fin d'année par l'Assemblée nationale permettent, depuis le 1er janvier, d'assouplir les règles de financement des start-up. Stéphanie Savel, présidente de la plateforme Wiseed, pionnière en France dans le secteur de l'Equity Crowdfunding, nous apporte son éclairage.
Investissez dans l'économie réelle avec Wiseed

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Affiches Parisiennes : Qu’est-ce que les mesures récemment adoptées par l’Assemblée nationale vont changer pour Wiseed ?

Stéphanie Savel : Ça va changer pas mal de choses. En fait, la mesure phare votée à la fin de l’année permet aux particuliers, qui investissent dans des start-up via des holdings créées par une plateforme de crowdfunding comme la nôtre, de bénéficier de déductions fiscales. Depuis le 1er janvier, ce type d’investissement ouvre droit à une déduction d’impôt sur le revenu ou sur la fortune.

A.-P. : N’était-ce pas le cas avant ?

S.S. : Jusqu’à présent, les mesures fiscales en vigueur prévoyaient pour les particuliers qui investissent dans les sociétés non-cotées une déduction d’impôt uniquement si l’investissement se faisait en direct, donc sans passer par une holding, ou bien par une holding qui ne regroupe pas plus de 49 actionnaires. Vu que Wiseed fait des levées de fonds atteignant parfois 500 000 euros et propose des tickets d’investissement de 100 euros pour pouvoir attirer les petits investisseurs, on dépassait très vite le seuil des 49 actionnaires. Du coup, les actionnaires qui investissaient des petits montants ne pouvaient pas les déduire de leurs impôts, ce qui était une certaine forme d’injustice fiscale.

A.-P. : En pratique, comment ça marche pour les investisseurs ?

S.S. : Lorsqu’un particulier choisi d’investir une somme dans une start-up, Wiseed lui remet une attestation fiscale qui lui permet de déclarer son investissement en remplissant sa déclaration d’impôt. Cette attestation lui permet de déduire 18 % de son investissement de son impôt sur le revenu et 50 % de son impôt sur la fortune. Ce ne sont pas des montants énormes mais au niveau de la justice fiscale, je trouve ça mieux.

A.-P. : Cette déduction concerne-t-elle tous les investissements dans les start-up ?

S.S. : Non, il y a des conditions liées à l’entreprise cible. Pour qu’un investissement dans une start-up soit déductible de l’impôt sur le revenu, il faut que celle-ci soit une entreprise européenne de moins de cinq ans. Il faut aussi qu’elle soit une PME au sens européen du terme, c’est-à-dire qu’elle compte moins de 250 salariés. Par ailleurs, pour qu’un investissement dans une start-up soit déductible de l’impôt sur la fortune, il faut que celle-ci ait moins de huit ans et réunisse les conditions européennes.

A.-P. : Pensez-vous que ça va booster les investissements sur Wiseed ?

S.S. : Oui, car ça va nous permettre de proposer à tous nos investisseurs la possibilité de déduire leurs investissements. C’est un traitement beaucoup plus égalitaire que le précédent. Du coup, cela va nous permettre de créer des holdings qui regroupent de nombreux actionnaires en autorisant cette déduction d’impôts. Ça va être beaucoup plus simple, plus souple et plus adapté à notre métier de base qui est de faire appel à un grand nombre de petits investisseurs, à la foule comme on dit !

Ceci dit, ça ne va pas non plus changer la face du monde parce qu’on se rend compte finalement que la motivation fiscale n’est pas aussi forte que ça chez nos investisseurs. Ceux-ci sont plus motivés par l’aventure entrepreneuriale, le fait de financer l’économie réelle et des projets qui ont du sens ou qui sont créateurs de valeurs sociétales ou environnementales.

A.-P. : Que pensez-vous de cette mesure ?

S.S. : D’un point de vue politique, c’est plus équitable donc je suis absolument ravie de ça ! En plus, cela va probablement donner un coup de pouce supplémentaire à l’investissement des particuliers, même si ce n’est pas leur motivation première. Ce sera un facilitateur.

ÉTAPES DE SÉLECTION ET LEVÉE DE FONDS

A.-P. : Pensez-vous que la place du financement participatif va devenir aussi importante que celle des banques dans un futur proche ?

S.S. : Non, on ne va pas remplacer les banques, il ne sfaut pas rêver ! En fait, on n’intervient pas du tout sur les mêmes créneaux et sur les mêmes entreprises, notamment en investissement de capital. Mais je pense que nous sommes de plus en plus dans un mouvement de société où les individus ont envie de devenir acteur. On est « consomme-acteur » parce qu’on fait des choix de consommation, on peut désormais devenir « épargne-acteur » en donnant du sens et en orientant son épargne dans des projets que l’on choisit soi-même et sur lesquels il y a de la transparence et de la traçabilité. Cette intervention plus directe, desintermédiée, est de mon point de vue une tendance de fond qui prend appui sur le développement de l’économie collaborative.

A.-P. : On reste quand même dans du placement financier…

S.S. : Tout à fait. Même si on veut donner du sens à son action et participer à une aventure entrepreneuriale, il n’en reste pas moins que c’est de l’investissement, donc on attend un retour sur investissement. Pour cela, l’enjeu fondamental est que les start-up dans lesquelles on investit, développent leur activité et grandissent. C’est très important et c’est pour ça que chez Wiseed on est très attaché à l’approche entrepreneuriale du financement. C’est-à-dire qu’au-delà de la levée de fond et du financement de l’entreprise, on accompagne la start-up dans son développement commercial, technique ou marketing, pour lui donner le plus de chances possible de se développer. Et donc permettre aux investisseurs, qui sont rentrés au début, de pouvoir revendre leurs parts une fois que l’entreprise s’est développée avec un retour sur investissement et une plus-value.

A.-P. : Wiseed impose-t-elle une durée minimale d’investissement ?

S.S. : En principe, non. Après, dans la réalité de la vie des affaires, il faut quand même donner le temps aux start-up de se développer. On est donc plutôt sur des horizons d’investissement de minimum trois ou quatre ans jusqu’à sept ans parfois, cela dépend des marchés. Par exemple, les domaines de la santé, des biotechnologies ou du développement durable sont des marchés émergents, donc un peu lents par rapport au marché des NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication, ndlr). Il faut être plus patient sur certains secteurs.

A.-P. : Comment agit l’investisseur moyen sur Wiseed ? Combien investit-il ? Dans un unique projet ou plusieurs ?

S.S. : On recommande à nos investisseurs d’investir dans plusieurs projets pour ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Il faut diversifier ses investissements, c’est fondamental. Chez Wiseed, le ticket moyen d’investissement est de l’ordre de 3 200 euros. Toutefois, cela couvre des écarts très importants puisque les plus petits investisseurs mettent 100 euros dans une start-up, et que les plus grands investissent jusqu’à 200 000 euros, parfois même plus. On constate quand même que le ticket moyen augmente d’année en année.

A.-P. : C’est bon signe pour le développement de Wiseed…

S.S. : Oui, c’est bon signe pour les start-up, mais on ne veut pas, contrairement à certains de nos collègues et concurrents, imposer un ticket minimum élevé parce qu’on est vraiment dans une logique de démocratisation de l’investissement des particuliers dans les PME. Certaines plateformes de crowdfunding imposent un ticket d’investissement minimum de 5 000 euros, mais nous ne visons pas du tout les mêmes cibles ni le même type d’investissement.

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