AccueilDroitActualité du droitInstaller l’amiable au cœur judiciaire, la nécessité de gérer les conflits autrement

Installer l’amiable au cœur judiciaire, la nécessité de gérer les conflits autrement

Françoise Housty médiatrice et Présidente de FH Médiation & Associés, et Marie-Laure Vanlerberghe, Associée, et également huissier de justice qualifiée et commissaire de justice honoraire, étaient présentes au lancement de la politique de l’amiable.
Françoise Housty, Présidente de FH Médiation & Associés, médiatrice, juriste.
© AP - Françoise Housty, Présidente de FH Médiation & Associés, médiatrice, juriste.

DroitActualité du droit Publié le , Propos recueillis par Boris Stoykov

Également fondatrices de la plateforme minute ! médiation, elles œuvrent pour le développement de l’amiable et défendent son acculturation, tant par les professionnels du droit que par tous les justiciables.

Affiches Parisiennes : Françoise Housty, pouvez-vous vous présenter et nous dire pourquoi vous êtes au lancement des travaux sur les modes amiables voulus par le ministre de la Justice

Françoise Housty : Je suis présidente de Daccord Médiation, le Centre méridional des médiateurs. Je suis également co-responsable du DU de médiation à l'Université de Toulouse Capitole et responsable du Diplôme d'Etat de Médiateur Familial à l'Institut Saint-Simon à Toulouse. Venir ici me semblait naturel puisque depuis des années, dans notre groupement, nous œuvrons au développement de la médiation, à l'articulation de ce processus amiable dans le conventionnel, mais aussi avec le monde judiciaire. L’ensemble des membres de notre association sont depuis très longtemps médiateurs de justice donc c'était important de venir ici aujourd'hui. En effet, nous sommes engagés de façon sincère, bénévole et quasi militante dans le développement de tous les facteurs qui peuvent permettre la paix sociale dans notre entreprise humaine, qu'elle soit judiciaire ou non judiciaire. On souhaitait voir comment se positionne le ministère de la Justice, qui se positionne de manière complètement inédite en la matière, de partager avec lui nos incertitudes dans le fait qu'il faut encore définir un certain nombre d'éléments pour stabiliser les choses, mais en tout cas d'être persuadé que tout le monde comprend bien la nécessité de gérer les conflits autrement et d'être dans un rapport les uns aux autres qui soit un petit peu plus équitable et en confiance.

A.-P. : Que pensez-vous de cette demi-journée de travaux ?

F. H. : Elle visait vraiment le parcours de l'amiable au cœur de la procédure judiciaire et c’était très intéressant. Il était important d'impulser dans l'esprit des professionnels ce changement de culture dont on parle depuis assez longtemps. Il y a eu plusieurs lois annonciatrices d'un effet psychologique de ce changement qui va arriver à un moment donné. Et la façon de le faire était assez pédagogique et donc permet de poser les grandes questions et les grandes lignes de travaux qui vont venir. C’était tout à fait convivial d'être accueilli de la sorte par le ministère et de brasser comme ça l'ensemble des professions autour de cette problématique-là, puisque l'installation de l'amiable au cœur du judiciaire ne peut se faire sans travail d’équipes.

© DR

A.-P. : Marie-Laure Vanlerberghe, pouvez-vous vous présenter également ?

Marie-Laure Vanlerberghe : Je suis commissaire de justice honoraire, co-fondatrice de Daccord Médiation et médiatrice. Donc je suis ici avec une double casquette, celle de juriste mais également de médiatrice qui a laissé un petit peu de côté tout l'aspect juridique pour s'intéresser au dialogue, à l'écoute et à la compréhension à l'amiable.

A.-P. : Que pensez-vous du souhait du garde des Sceaux de donner un grand élan aux modes de règlement amiables des différends ?

M.-L. V. : Je pense que c'est une très bonne chose. C'est un retour aux sources. L'amiable a toujours été présent pour l'issue et le règlement d'un litige. Il a laissé place à un système de justice étatique qui a certaines limites. Il y a un retour à l'amiable qui correspond, je pense aussi, à une évolution de notre société aujourd'hui et à une demande nouvelle des justiciables. C’est un juste retour des choses.

A.-P. : Vous avez lancé une plateforme sur la médiation. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

M.-L. V. : Ma casquette de spécialiste des formalités procédurales et de médiatrice m'a permis de créer avec Françoise Housty une plateforme de médiation en ligne qui s'appelle minute ! médiation et qui est ouverte à l'ensemble des justiciables mais aussi des professionnels du droit. Ils vont pouvoir se connecter sur la plateforme et travailler avec les médiateurs, utiliser notre outil comme moyen de transmission d'informations, de documents, pour une meilleure gestion de la médiation, tout en respectant les grands principes de la confidentialité.

A.-P. : Etes-vous optimiste pour l'avenir de la médiation ?

F. H. : Il y a des choses qui se mettent en place et qui se structurent de façon positive, peut-être plus positive qu’au préalable. Après, nous sommes tous dans cette démarche d'acculturation, notamment avec la plateforme minute ! médiation. C'est aussi un moyen d’acculturer le public dans le conventionnel. Le justiciable, le citoyen, a l'idée que préalablement et avant toute chose, c'est quand même mieux de passer par ça. Et si ça ne fonctionne pas, on rentrera dans une procédure plus articulée et équitable, quoi qu'il en soit, qu'est la procédure judiciaire.

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