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Innovation : 6 entreprises françaises récompensées

L'IE-Club a mis à l'honneur le savoir faire hexagonal en réunissant pour la 1ère édition du Global Innovation & Enterprise tout l'écosystème français de l'innovation. Parmi 60 entreprises nominées, six pépites françaises ont été récompensées pour leur potentiel à devenir des leaders sur le marché mondial. De la jeune start-up à la PME déjà bien implantée à l'international, qui sont les leaders de demain ?
Innovation : 6 entreprises françaises récompensées
AP - les 60 entreprises nominées par l'IE-Club

EntrepriseVie des entreprises Publié le ,

« Nous pensons que dans le monde de l’innovation il est de plus en plus important pour les sociétés innovantes d’être globales, et ce, le plus rapidement possible » selon Maurice Khawam, président de l’IE-Club (photo).

Devenir un « global leader » reconnu ne signifie pas nécessairement avoir atteint une taille critique ou offrir un produit standardisé, mais cultiver sa différence. La réussite à l'international prend ses racines dans le savoir faire et les particularités d'une entreprise qui peut être de petite taille tout en ayant un potentiel conséquent du fait de sa spécialisation. En témoigne la réussite de la société Exosun, experte du suivi solaire pour les grandes centrales photovoltaïques au sol.

Ces sociétés sont « global leaders » dans leur secteur, mais locales dans toutes les zones où elles opèrent souligne Maurice Khawam. Elles ne sont donc pas perçues comme des sociétés agressives, à l’instar des multinationales, mais comme « des entreprises dotées d’une local touch » avec une vision sociétale. A lui d’ajouter que « cette différence est fondamentale pour que ces sociétés qui deviennent leader puissent le rester ».

Ce sont ces entreprises, porteuses des « gènes » permettant de devenir les leaders mondiaux de demain dans l’innovation, que l'IE-Club s’emploie à découvrir et à accompagner. Il récompense « les entreprises qui sont entrain de booster les affaires de notre pays » selon Dominique Restino, vice-président de la CCI de Paris.

Trois secteurs sont mis à l'honneur, car représentatifs du potentiel très fort des entreprises françaises tournées vers l'innovation : les services et technologies innovants horizontaux (objets connectés, infrastructures, IT,...); les métiers et services de l'Internet; les entreprises innovantes au service des métiers du Cleantech (technologies vertes fondées sur le développement durable).

L’IE-Club a établi sa sélection selon douze critères : marque, produit, innovation, ressources humaines, marketing, stratégies de vente, processus de décisions internes, partenariats, choix des conseils, politique de fusions-acquisitions, géographies et intégration sociétale. Seules les sociétés non-cotées et privées ont été prises en compte.

Sur les 200 candidats évalués, le jury en a nominé 60 dans les trois catégories (photo), pour retenir 24 candidats finalistes et désigner 6 lauréats dont 3 lauréats développent leur leadership et 3 lauréats ont un leadership déjà bien établi. La moitié du panel de ces jeunes sociétés a entre 6 et 9 salariés et un chiffre d’affaires de l’ordre du million d’euros, « nous sommes dans l’univers des start-up, des sociétés en développement dont le chemin est en bonne voie».

Les lauréats du premier écosystème, celui des services et technologies innovants horizontaux, sont :

Matooma (objets connectés)

Société innovante spécialisée dans les technologies machine to machine permettant de gérer la communication des objets connectés au travers des réseaux de télécommunications mobiles. Fondée en juin 2012 par Frédéric Salles et John William Aldon à Montpellier, Matooma gère l’ensemble des boitiers et des cartes SIM de près de 1 000 clients (soit 100 000 objets connectés). « Dans les objets communicants et les grands secteurs sur lesquels on intervient, il y a bien sûr le monde de la santé, avec des dispositif d’alerte pour personnes âgées, des défibrillateurs cardiaques connectés, des systèmes pour les personnes atteintes d’apnée du sommeil, mais on va aussi sur des éoliennes, des horodateurs, des parkings…on a récemment aidé un apiculteur à contrôler la température de ses ruches ! » raconte le directeur des partenariats de l’agence de Paris. Aujourd’hui, la société se positionne comme le partenaire de tous les opérateurs télécom français et des principaux fabricants de boitiers communicants. Pour l’année 2015, et après avoir ouvert l’année dernière des bureaux à Paris, l’entreprise va poursuivre son déploiement à l’international et continuer ses investissements dans des programmes R&D gérés par son MatooLab. La société est reconnue pour son « potentiel de développement ».

Qosmos (analyse du trafic internet)

Pionnier dans une technologie essentielle pour l'économie numérique : l'analyse du trafic internet. En activité depuis 2000, Qosmos a développé des logiciels utilisés par des équipementiers, des éditeurs et des intégrateurs informatiques afin d'optimiser et de sécuriser les réseaux. Pour son dirigeant Thibaut Bechetoille, ses « logiciels analysent les trafics réseaux et permettent de rendre les applications plus intelligentes ». Aujourd'hui cette entreprise française est le numéro un mondial de l'intelligence réseau embarquée avec plus de 60 entreprises clientes dans le monde, soit 75% des parts du marché mondial, une centaine de salariés et à peu près 19 millions d’euros de chiffre d’affaire. Cette société est reconnue pour son leadership établi. « On a été global tout de suite dans notre stratégie, puisqu’on a une filiale dans la Silicon Valley, une à Londres, une à Singapour, et on a ouvert récemment au japon ».

Pour les métiers et services de l'Internet les lauréats sont :

● Tinubu Square (gestion du risque de crédit)

Fondé en 2001, cet éditeur de logiciels français est devenu une référence sur le marché des solutions de gestion du risque de crédit à destination des entreprises. Son dispositif repose sur la plateforme Cloud Tinubu Risk Management Center (RMC SaaS). Sébastien Clouet, son directeur marketing, précise que « Tinubu fourni des services, des logiciels aux entreprises, pour les aider à sécuriser leurs échanges commerciaux. Il faut savoir que la gestion du risque de crédit est un sujet important en France comme à l’international. Environ une entreprise sur quatre en Europe est en défaillance pour des impayés. » Présent à Paris, Londres, Singapour et Bombay, Tinubu Square opère depuis 14 ans auprès de plus de 200 sociétés de renom (Alcatel-Lucent, Kering,...) et réalise 90 % de son chiffre d’affaires hors de France. Elle est donc reconnue pour son leadership établi. « Notre volonté pour les années à venir est de se développer particulièrement en Asie et sur le continent américain. »

Bird office (location d’espaces professionnels)

Sorte d’« Airbnb de la salle de réunion », Bird Office offre un service complet de conciergerie d'entreprise. Créée il y a un peu plus d’un an, la société est une plateforme de réservation d’espaces professionnels de courte durée (salles de réunion, de conférence, de formation, à l'heure ou à la journée). Arnaud Katz, le cofondateur, souligne qu’ « une salle de réunion en ville coûte à une entreprise 20 000 euros par an, 100 euros par jour et 10 euros par heure, qu’elle soit pleine ou vide. Nous avons donc développé une solution pour lutter contre ce coût immobilier qui pèse sur les entreprises ». Elle gère l'intégralité du processus administratif (contrat, facturation, assurance) et offre une solution clef en main pour les partenaires qui postent gratuitement leur annonce en ligne et les clients qui peuvent réserver leur salle en quelques clics. La société est passée de deux salariés à douze, et d’à peu près deux réservations par semaine à plus de dix par jour. « On se développe dès aujourd’hui à l’international, sur les pays limitrophes Luxembourg, Suisse et Belgique. » Pour 2015, la start-up qui compte déjà parmi ses clients des grands groupes comme Natixis et des ministères, prévoit près de 8 000 réservations pour 600 salles référencées, a donc un fort potentiel de développement.

Pour les entreprises innovantes au service des métiers du Cleantech :

Intent Technologies (applications pour le bâtiment)

Créé en 2011, cette société propose la première plateforme de téléchargement d’applications pour le bâtiment et l'habitat. Marketplace unique qui relie tous les acteurs, services et équipements de l'écosystème immobilier, avec 21 salariés présents sur Paris Lille et Toulouse. « On fait une chose assez simple dans un sujet éminemment complexe qui s’appelle l’OS du bâtiment » souligne son fondateur Benjamin Ulrich. Une approche transversale en rupture qui permet de transformer les bâtiments en plateforme de service. « Aujourd’hui, le bâtiment produit énormément de données en provenance des équipements techniques et des objets connectés, par exemple le thermostat. Notre plateforme vient connecter tout cet écosystème pour créer une valeur ajoutée au travers de nouveaux services ou améliorer et impacter l’efficacité du bâtiment.» Depuis sa création en 2011, Intent Technologies a doublé son chiffre d'affaires, aujourd'hui à 1,4 million d'euros, et compte devenir le leader européen dans son secteur, elle est ainsi reconnue pour son potentiel de développement.

Exosun (trackers solaires)

Pionnier français du tracker solaire pour les grandes centrales photovoltaïques au sol. Fondée en 2007 à Bordeaux, la société conçoit, développe et fournit une gamme brevetée de trackers (ou suiveurs) solaires. Ce sont des structures motorisées qui orientent les panneaux photovoltaïques face au soleil du matin au soir, augmentant ainsi considérablement la production des centrales solaires par rapport à des structures fixes inclinées. Jean-Noël de Charentenay, son fondateur, précise qu’« il a créé cette entreprise parce qu’il a eu l’intuition que l’énergie solaire allait être une énergie compétitive. Cela a pris un peu de temps, mais la vision était qu’on y arrivera si on augmente la productivité, et pour cela il faut faire des efforts de R&D ». La présence d’Exosun aux Etats-Unis a été couronnée en mars 2014 par un premier contrat d’envergure de fourniture de trackers solaires pour un projet de centrale photovoltaïque de 37 MW située en Californie. L’entreprise a dépassé les 90 salariés et le million d’euros de chiffre d’affaires. « On est présents à Bordeaux, San francisco et Cape Town. On aime bien être près des vignes et de la mer donc nous serons probablement bientôt au nord du Chili.» Exosun est reconnue pour son leadership établi.

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