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Ingénierie : baisse du chiffre d'affaires de 11 % en 2020

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Ingénierie : baisse du chiffre d'affaires de 11 % en 2020
@ Adobe Stock

Conséquence de la crise sanitaire, les entreprises d'ingénierie ont perdu 11 % de leur chiffre d'affaires en 2020, selon une étude de la profession, réalisée avec les partenaires sociaux, qui fait prévoit également un lent redémarrage en 2021 et un retour à la normale en 2022.

Selon cette étude, sous l'effet de la crise de la Covid-19, le chiffre d'affaires (CA) des entreprises d'ingénierie a chuté de 11 % en 2020, 40 % des ingénieristes souffrent depuis septembre 2020 de l'allongement des délais de paiement, 1/4 rencontre des difficultés de trésorerie et les offres d'emploi publiées ont diminué de 32%. Conséquence, en 2021, la perte de CA pourrait atteindre -8 %, puis -1 % en 2022. Les entreprises ingénieristes, qui ont eu massivement recours aux mesures de soutien du Gouvernement, rappellent que leurs ressources sont nécessaires à la relance économique et demandent aux pouvoirs publics, à travers Syntec-Ingénierie, leur fédération professionnelle, davantage de souplesse et d'accompagnement dans l'accès aux formations.

Une baisse de 11 %

L'ingénierie regroupe 73 000 entreprises en France qui fournissent des prestations intellectuelles à haute valeur ajoutée à leurs clients publics et privés, dans tous les secteurs d'activité. Durement touchées par la crise sanitaire, elles ont enregistré des pertes de 11 % de leur chiffre d'affaires. Une chute qui, selon l'étude, s'explique majoritairement par l'arrêt des projets pendant le confinement et la chute des prises de commandes. Un phénomène observable notamment pour les entreprises des filières automobiles et aéronautiques qui, un an après le début de la crise, enregistrent, pour
41 % d'entre elles, encore une baisse de leurs prises de commandes, selon le baromètre Syntec-Ingénierie réalisé auprès de ses adhérents entre le 1er et le 5 février 2021.

Par ailleurs, depuis septembre 2020, 40% des ingénieristes souffrent de l'allongement des délais de paiement qui engendre des difficultés de trésorerie pour plus d'un quart des sociétés interrogées. Enfin, les entreprises rencontrent d'autres difficultés, dont un manque de visibilité et des problématiques d'organisation du travail. « Avec 17 % de nos collaborateurs en travail sur le site de l'entreprise – soit moins d'un jour par semaine par collaborateur -, nos entreprises respectent scrupuleusement le protocole sanitaire en vigueur. Nous sommes pleinement mobilisées pour endiguer la pandémie. Nos efforts ne sont néanmoins pas sans conséquence sur l'activité de nos entreprises, dont l'essence est de travailler en équipe sur des projets collaboratifs et innovants. Les mesures de distanciation ralentissent l'avancée des projets que nous menons, sans compter que nous avons aussi à souffrir parfois de désorganisations chez nos clients », explique Pierre Verzat, président de Syntec-Ingénierie

Préserver l'emploi pour assurer une reprise économique

Malgré une situation économique dégradée, les entreprises veulent préserver leurs ressources et être prêtes à redémarrer. « La richesse de nos entreprises réside dans nos salariés. C'est pour nos idées, notre matière grise que nos clients font appel à nous. La préoccupation première des ingénieristes est donc de préserver l'emploi. », ajoute Pierre Verzat. Une tâche compliquée face à un marché où les profils juniors sont les plus à risque dans un contexte bien plus concurrentiel et où les seniors sont fragilisés car perçus comme moins agiles et moins à l'aise avec les nouvelles technologies.

Pour préserver l'emploi, 45 % des ingénieristes ont eu recours à l'activité partielle, 31 % aux prêts garantis par l'État, et 23 % ont sollicité des aides au recrutement d'alternants. Côté formation, un quart d'entre elles ont ou vont mettre en place des parcours spécifiques pour leurs salariés. Malgré une large mobilisation des entreprises, l'étude met en garde contre l'effet retard des pertes d'emplois : selon les données du Baromètre APEC des intentions de recrutement et de mobilité des cadres au1er trimestre 2021, les offres d'emplois ont déjà chuté de
32 % au cours de l'année 2020.

Un appel à plus de souplesse et d'accompagnement dans l'accès aux formations

A travers leur fédération professionnelle Syntec-Ingénierie, les entreprises d'ingénierie ont dénoncé l'existence de rigidités dans l'accès aux formations, qui pourraient mettre en risque le maintien de l'emploi sur le long terme. Elles demandent ainsi aux Pouvoirs publics davantage d'accompagnement, en particulier pour les formations lourdes, mais aussi davantage de souplesse, notamment pour l'usage du FNE-formation. A ce titre Syntec-Ingénierie rappelle que chaque situation d'entreprise est particulière et qu'il convient de toutes les prendre en compte.

« Au-delà de notre profession, il est urgent de comprendre que la préservation des compétences dans l'ingénierie est un enjeu économique global. L'ingénierie est en amont de tous les projets. Ce sont nos professionnels qui inventent les ouvrages, bâtiments, infrastructures et industries de demain. Ils accompagnent les grandes transitions climatique, énergétique ou encore industrielle en concevant de nouvelles solutions technologiques. Perdre nos compétences, c'est mettre en jeu le redémarrage de notre économie toute entière. Il est impératif de préserver les capacités de rebond des entreprises, partout où cela est possible. », conclut Pierre Verzat. n




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