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Île-de-France : croissance et innovation pour l'e-commerce

Le Centre régional d'observation du commerce, de l'industrie et des services d'Île-de-France (Crocis), vient de publier une étude sur l'e-commerce en région. Malgré un contexte économique morose, précise l'enquête, l'e-commerce, particulièrement en Île-de-France, continue de tirer son épingle du jeu et poursuit son développement de manière exponentielle, renouvelant et agrémentant les codes traditionnels de consommation. Des contraintes pèsent toutefois sur ce modèle économique, surtout en ce qui concerne l'acheminement des livraisons.
Île-de-France : croissance et innovation pour l'e-commerce

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Selon la Fevad (Fédération du e-commerce et de la vente à distance), il existe en 2015 environ 182 000 sites marchands actifs en France, soit une hausse de 16 % en un an. Au-delà des grands leaders du marché, sont présentes des PME de petite taille ainsi qu'un tissu dense de TPE. Sur cette même année, les consommateurs français ont dépensé près de 65 milliards d'euros sur internet, soit une hausse de plus de 14 % en un an. Le marché français se situe au troisième rang européen en 2015.

Des consommateurs de plus en plus connectés

La région Île-de-France concentre 19 % de la population française et 22 % des internautes ; on estime le nombre de cyber-acheteurs à environ 8 millions de personnes. Selon l'étude, ce chiffre devrait continuer à croître avec l'arrivée de nouveaux cyber-acheteurs, de l'ordre de plus de deux millions chaque année à l'échelle nationale, ce qui représente + 20 % en quatre ans. En moyenne, ils réalisent 23 transactions par an pour un montant de 1 780 euros, et tous ces chiffres sont orientés à la hausse (source : baromètre Médiamétrie). Les intentions d'achat sur le web concernent avant tout les vêtements, accessoires, chaussures (pour 57 % des cyberacheteurs) suivis par les produits culturels (52 %), les voyages (43 %) et les produits électroniques (42 %).

Une propension au e-commerce importante en Île-de-France

Toutes les catégories d'âge sont aujourd'hui concernées par les achats en ligne, même si les 18-34 ans constituent encore la majorité d'entre eux (près de 90 % consomment via ce canal). La catégorie des seniors, s'ils ont mis plus de temps à intégrer les évolutions des moyens et des possibilités de consommer, représente une part sans cesse grandissante dans le volume des achats réalisés sur internet, révèle cette enquête. Plus de 20 % des moins de 34 ans résident en Île-de-France. La région regroupe 25 % des effectifs salariés du pays, et compte également 36 % des effectifs des cadres et professions intellectuelles supérieures. Ces données laissent entrevoir l'importance de la région dans le chiffre d'affaires réalisé par les e-commerçants. Enfin, en Île-de-France, les revenus salariaux sont en moyenne 26 % plus élevés qu'en France, ce qui laisse à penser que la propension à consommer en ligne s'en trouve renforcée.

La logistique du e-commerce, un enjeu crucial pour la région

La logistique dans l'e-commerce constitue de manière certaine un avantage-clé de différenciation et d'avantage compétitif lorsqu'elle est bien conçue. L'acheminement des marchandises et les moyens utilisés pour y parvenir sont le plus souvent des véhicules à moteur. Et c'est là que le bât blesse pour la région francilienne, qui souffre d'ores et déjà d'un engorgement quotidien sur les axes routiers principaux et parfois secondaires. Et les contraintes liées au e-commerce se multiplient : accroissement du nombre de transactions, augmentation du volume des colis, zones géographiques de livraison de plus en plus vastes… Tout cela contribue à complexifier la logistique et l'organisation urbaine francilienne.

Des solutions tentent d'être apportées pour simplifier les contraintes des professionnels liées au « dernier kilomètre ». Ainsi, une ancienne emprise ferroviaire a été réaménagée et une base fret durable fer-route de 42 000 m2 développée dans le 18e arrondissement de Paris. Embranché au réseau ferroviaire, cet équipement logistique favorise l'arrivée massive des marchandises par train au cœur de la capitale. De plus, la distribution dans les quartiers s'effectue par des véhicules propres, de type électrique, gaz naturel, hybrides… Ce qui permet de réduire les impacts environnementaux en termes de bruit, d'émissions de polluants et de gaz à effet de serre.

Une autre solution, la plus « moderne » et la plus récente, mais aussi la plus marginale, consiste à livrer les marchandises par drones. Mais au-delà de la question du coût d'un tel mode et de sa rentabilité économique, se posent également les questions de la volumétrie des paquets transportés et surtout de la législation qui n'existe pas ou très peu dans ce domaine, les circulations aériennes posant clairement problème dans la zone dense francilienne.

La possibilité du « colis-voiturage », mode de livraison collaboratif qui permet à des particuliers véhiculés d'emmener les colis d'autres particuliers qui se trouveraient sur leur trajet, est également envisagée. 15 % des sites d'e-commerce pensent y recourir à moyen terme, révèle l'étude. Une autre solution réside dans le développement des consignes numériques, principe qui consiste à mettre en consigne les produits achetés qui sont accessibles de manière permanente durant un temps tout de même limité. Elles existent déjà mais sont encore très peu utilisées aujourd'hui (moins de 1 % des livraisons). Placées dans des lieux de passage, telles les gares du réseau francilien, elles pourraient répondre aux besoins de proximité des consommateurs. Et le développement des gares dans le cadre du Grand Paris Express devrait pouvoir contribuer à l'expansion de ce phénomène. La création de 68 gares supplémentaires, réparties sur l'ensemble de la région, constitue autant d'opportunités de mettre à disposition des usagers, et donc des clients potentiels, des lieux de retrait de marchandises.

L'e-commerce supplante-t-il le commerce traditionnel ?

Dans l'ensemble, le nombre de commerces a augmenté de 2 % lors des dix dernières années dans la région Île-de-France, la dynamique restant globalement positive. Le commerce électronique ne semble donc pas menacer le commerce traditionnel de proximité. Il se présente plutôt comme un canal de vente complémentaire. Et cette complémentarité entre le web et le magasin semble être de plus en plus présente lors du parcours d'achat du consommateur.

D'après l'étude, le marché du e-commerce devrait continuer à croître au cours de l'année 2016 : les prévisions tablent sur une croissance de 10 %, les consommateurs français dans leur ensemble dépasseraient la barre des 70 milliards d'euros de dépenses en ligne.

Outre une attention toute particulière à la simplification et au coût de la livraison mais aussi au renforcement de la sécurité des transactions réalisées en ligne, les acteurs du e-commerce devront également s'intéresser au développement du « C to C ». Ce processus d'achat ou de vente de consommateur à consommateur laisse la place à des technologies plus performantes mettant à disposition des consommateurs les moyens échanger, communiquer, contester, noter, donner leur avis… sur la qualité des produits ou services proposés en ligne. Cette appétence pour le collaboratif ouvre de nouvelles voies aux e-commerçants, dans lesquelles la recommandation et la satisfaction client deviennent un enjeu primordial.

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