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Île-de-France : championne des espaces collaboratifs

Depuis le lancement en 2008 du premier espace de coworking francilien, le département n'a cessé de voir les tiers-lieux collaboratifs ouvrir leurs portes. Aujourd'hui, il existe 138 espaces de coworking, télécentres et ateliers partagés en Île-de-France. Selon une étude du Centre d'observation économique régional de la CCI Paris – Île-de-France (Crocis), le phénomène, bien que tâtonnant économiquement, marque une évolution dans les modes de travail.
Île-de-France : championne des espaces collaboratifs
© cci-Ile-de-France

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Selon le Centre d’observation économique régional de la CCI Paris – Île-de-France (Crocis), ces espaces « répondent à une demande de lieux de travail alternatifs, qui donnent accès à un espace professionnel avec une grande souplesse d’utilisation, et encouragent les échanges au sein d’une communauté, ouvrant ainsi la voie à de possibles synergies d’affaires ». D’après les résultats de cette étude, sur ce marché très récent, le modèle économique est encore flou et l’effet de mode lié au coworking a poussé sur ce marché de nombreux entrepreneurs. Mais leur capacité à remplir les espaces, les faire vivre dans la durée et de manière rentable reste à démontrer, en particulier à l’heure de l’arrivée sur le marché d’acteurs de dimension nationale voire internationale.

Pour le Crocis, l’Île-de-France est un territoire propice au développement du travail à distance. Une forte concentration de sièges d’entreprises du secteur tertiaire, beaucoup de cadres, d’ingénieurs, et de professions intellectuelles, professions bien adaptées au télétravail et surtout des transports saturés aux heures de pointe devraient favoriser le développement du travail à distance dans la région-capitale.

Dans 80% des cas, le travail à distance s’effectue à partir du domicile. Mais d’autres lieux sont accessibles aux travailleurs à distance : centres d’affaires, télécentres, espaces de coworking, ateliers partagés, les trois derniers lieux étant des tiers-lieux dits « collaboratifs ». Mais aujourd’hui les différents modèles s’hybrident et on observe une mixité des usages.

Un atout pour les territoires ruraux et péri-urbains franciliens

Le tiers-lieu peut jouer un rôle positif dans l’attractivité des territoires, notamment en zones rurales ou péri-urbaines, qui peuvent escompter diminuer leur dépendance aux pôles urbains. Les tiers-lieux, en favorisant le maintien des habitants sur le territoire, pourraient également favoriser le développement d’une économie résidentielle via notamment les commerces et services de proximité.

Le réseau de tiers-lieux franciliens est aujourd’hui assez dense (138 tiers-lieux au total), surtout en zone urbaine, notamment grâce à l’appui de la Région. Plus de la moitié est implantée à Paris (77 lieux), notamment dans le Nord-Est de la capitale, en raison des loyers moins élevés et de la forte présence d’indépendants et de freelances des secteurs web et création, note l’étude.

Les utilisateurs de tiers-lieux sont en large majorité des indépendants (62 %), 38 % des salariés, essentiellement des TPE et PME. Les grandes entreprises n’ont en revanche pas encore vraiment identifié les télécentres et espaces de coworking pour leurs salariés.

Un marché très récent au modèle économique encore flou

Le marché des tiers-lieux collaboratifs étant très récent, et les expériences protéiformes, Les résultats de l’étude démontre qu’il est difficile de déterminer un modèle économique pérenne. La location de courte durée et sans engagement de postes de travail ne permet pas de planifier de chiffre d’affaires. D’où le développement de services complémentaires : privatisation d’espaces, location de salles de réunion, prestations de conseil, etc.

Le succès rencontré par le coworking et la croissance rapide et exponentielle du nombre d’espaces ouverts ont aiguisé l’intérêt des acteurs traditionnels de l’immobilier de bureau et des centres d’affaires. Néanmoins, souligne l’étude, la force de frappe de leurs leaders est sans commune mesure avec celle des petits acteurs issus du milieu des associations ou des start-up qui avaient été à l’origine de ce mouvement.

Les bureaux à partager, ou comment optimiser l’espace vacant

Une autre forme de partage d’espaces de travail est également apparue ces dernières années : mettre en relation des entreprises qui possèdent des bureaux inoccupés et des personnes ou des entreprises à la recherche de postes de travail flexibles ou de salles de réunion, via une plateforme web.

Quant aux ateliers de fabrication numérique (AFN), ou « ateliers partagés » dont font partie les « fab labs » (laboratoires de fabrication), ils mettent à disposition, explique l’étude, toutes sortes d’outils, notamment des machines à commande numérique destinées à la conception et la réalisation d’objets, avec une notion importante d’accompagnement.

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