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Il n'y a pas d'âge pour céder !

le - - Entreprise - Vie des entreprises

Il n'y a pas d'âge pour céder !
© A.P. - Au gré de leurs retours d'expériences, Patrick Amiel, Laurent Benoudiz, Ariane Artinian,? Philippe Detrié et Didier Moireau ont souligné l'importance de l'anticipation pour réaliser une bonne cession.

Cette année, les intervenants de la conférence de clôture du salon intitulée “La tentation de la transmission” ont montré à quel point l'anticipation est la clé d'une cession réussie, et qu'il ne faut surtout pas attendre les sirènes de la retraite pour envisager de céder son entreprise.

Un constat sans équivoque ressort des échanges : la cession d'entreprise se prépare en amont.

Des cédants trop vieux

« Ça fait dix ans qu'on dit qu'il va y avoir de plus en plus d'entreprises en vente et finalement ça ne se passe pas, c'est juste l'âge des dirigeants qui augmente », déplore Laurent Benoudiz, président de l'ordre des experts-comptables d'Ile-de-France. Un constat particulièrement grave en région francilienne où le nombre des dirigeants de PME sexagénaires augmente de façon exponentielle. « Les dirigeants ne veulent pas lâcher leur bébé », lance l'expert-comptable qui les incite pourtant à le faire, et d'autres ne réalisent pas que ça prend des années.

« Il y a près de 5 % des dirigeants qui ont plus de 70 ans aujourd'hui », illustre Didier Moireau, ingénieur financier Banque populaire Rives de Paris, expliquant que cela pénalise la croissance future.

Ce dernier confirme ce que décrit l'expert-comptable sur le mal à céder, notamment à partir d'un certain âge.

Entouré de Patrick Amiel, Ariane Artinian,? Philippe Detrié et Didier Moireau, Laurent Benoudiz alerte sur l'âge vieillissant des dirigeants d'entreprise franciliens. © A.P.

« Sur l'estrade, on a deux profils originaux qui ont préparé leur départ alors qu'en général il y a beaucoup plus de dirigeants qui ne vendent pas faute d'anticipation », alerte Laurent Benoudiz. En effet, le jeune retraité Philippe Detrié a cédé deux entreprises sans aucuns soucis, tandis que le quarantenaire Patrick Amiel a transmis les parts de sa première société à ses associés en ayant tout anticipé dès l'association, car au bout de 11 ans, il souhaitait « passer à autre chose ».

Saut dans le vide

« La principale difficulté qui ressort lorsqu'on parle de cession avec mes clients est l'angoisse de l'après », témoigne Laurent Benoudiz.

« Le gros risque de la cession d'entreprise est la perte d'un statut et d'un environnement. C'est un vrai saut dans l'inconnu », ajoute ce dernier.

« Quand la dynamique business s'arrête du jour au lendemain c'est assez brutal », confie Patrick Amiel qui s'est retrouvé démuni au Monoprix à 9h15 du matin. Un vide que Philippe Detrié a évité en créant la Maison du management une fois à la retraite, puis en tournant la page en devenant parolier et bénévole auprès de l'Addie qui « aide à créer 250 emplois pérennes par semaine ».

« Il n'y a pas de bon âge pour céder, ni d'ancienneté idéale de l'entreprise », explique Didier Moireau. Il faut simplement que le dirigeant cédant ait une idée de ce qu'il fera après la cession et que le repreneur est un projet solide pour l'entreprise.

L'anticipation est reine

Côté anticipation, le rôle des conseils - notaires, banquiers, avocats et experts-comptables au premier ordre - est considérable. Il se crée parfois des dynamiques vertueuses pour former une équipe « de chefs d'orchestre du processus » autour du cédant.

Le plus compliqué, selon l'ingénieur financier Didier Moireau, est de faire comprendre au cédant que la valorisation de son entreprise est délicate selon le secteur, le territoire et le marché. « Tout un tas de critères font que l'évaluation de l'entreprise est très loin de la vente », explique Laurent Benoudiz. « Il y a toujours des décalages entre la valorisation de l'entreprise et son prix de vente car c'est la loi du marché », résume l'ingénieur financier.

« Notre entreprise partageait déjà plus de la moitié de ses bénéfices avant même qu'un président de la République n'en parle », plaisante Philippe Detrié expliquant qu'il a finalement dû céder son cabinet de conseil à un repreneur car ses salariés ne pouvaient pas le racheter.

« Les premiers contacts entre cédant et repreneur sont primordiaux, il n'y a pas que le prix qui compte. La lettre d'intention de l'acquéreur est très importante », souligne Didier Moireau. Au final, c'est souvent une question de feeling et de valeurs pour cet ingénieur financier qui souligne qu'il faut savoir mettre en concurrence les propositions d'achat.

Ensuite, les conseils aident le client à optimiser son opération de cession avec deux grandes stratégies : la holding ou la donation préalable à la cession (pour la transmission aux enfants). Malheureusement, selon Didier Moireau, les optimisations fiscales poussent plutôt les dirigeants à sortir au moment de la retraite et pas avant.

« Quand j'ai quitté la boîte nous avions 300 salariés et étions soutenus par Vivendi. Je suis parti seul car je n'étais plus vraiment aligné avec mes associés. Ça s'est très bien passé, comme quoi on peut se séparer sans s'engueuler », plaisante Patrick Amiel en bon contre-exemple. « La cession a été supersimple car nous avions anticipé au maximum avec de très bons avocats au moment de la signature du share-holder agreement », précise-t-il.

Finalement, « il n'y a pas d'âge pour céder », a fini par conclure Laurent Benoudiz, en prônant l'anticipation et la réflexion sur le départ et la suite.




Anne MOREAUX
Journaliste

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