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Handicap : Sophie Cluzel en visite au SAPPH de Paris

Le Service d'accompagnement à la parentalité des personnes handicapées (SAPPH) de l'Institut Brune de Paris a reçu dernièrement la visite de Sophie Cluzel, secrétaire d'État en charge des Personnes handicapées. L'occasion de faire un point sur les différents dispositifs mis en place.
Handicap : Sophie Cluzel en visite au SAPPH de Paris

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A l'institut Brune, les équipes du Service d'accompagnement à la parentalité des personnes handicapées s'occupent toute l'année du suivi de la grossesse de parents en situation de handicap et de leurs jeunes enfants. Loin de se substituer au rôle des parents, l'objectif est au contraire d'aider ces derniers à assumer pleinement leur rôle et de se diriger vers plus d'autonomie par la suite. Ce service est composé de nombreux professionnels de santé afin de pouvoir fournir le suivi le plus complet possible. On y retrouve ainsi trois puéricultrices, un psychologue, deux sages-femmes, deux secrétaires et une assistante sociale. Le SAPPH parisien compte à ce jour 190 bénéficiaires d'un accompagnement. Ces personnes sont en très grande majorité des femmes habitant la région Île-de-France.

Le service d'accompagnement peut intervenir dès que le désir d'enfant est évoqué par une personne en situation de handicap afin de faire un point avec les parents. Le service va ensuite réaliser un suivi de la grossesse puis un suivi pédagogique et éducatif de l'enfant de sa naissance jusqu'à ses sept ans. Les séances d'accompagnement peuvent prendre différentes formes. Il peut s'agir par exemple de séances individuelles de deux heures à deux heures et demie avec les parents ou bien de séances de groupes qui vont permettre à ces derniers de discuter ensemble de leurs différentes situations et de s'enrichir des expériences des autres. Le SAPPH organise également des ateliers parents/enfants.

Autre objectif du service, informer et sensibiliser les professionnels de santé à l'accompagnement des personnes en situation de handicap. Pour cela, le service dispose d'un centre de ressources qui propose des formations aux professionnels dans lesquelles on retrouve un partage d'expertise pour que les professionnels intègrent les enjeux d'un accompagnement réussi.

De nombreuses violences subies par les femmes en situation de handicap

Le service a récemment reçu la visite de la secrétaire d'État en charge des Personnes handicapées, Sophie Cluzel, qui s'est entretenue avec les différents employés avant de participer à une table ronde autour de la vie de couple et sexuelle des personnes handicapées avec différents acteurs de l'accompagnement de ces personnes. Il a notamment été question de la gestion et de la lutte contre les violences que subissent les femmes en situation de handicap ou encore des résultats du plan “HandiGynéco”. Il s'agit d'un programme qui se base sur trois axes, le suivi gynécologique des femmes en situation de handicap, la vie affective et sexuelle et la lutte contre les violences faites aux femmes handicapées. La priorité a été donnée à l'amélioration de l'accès aux soins gynécologiques. Au total, 22 sages-femmes et 434 femmes en situation de handicap ont participé à ce plan. Ces dernières ont été reçues en consultation gynécologique pendant plus d'une heure. Lors de ces entretiens, il est ressorti qu'énormément de femmes sont victimes de violences physiques, psychologiques et/ou économiques. Pour près de la moitié des cas, ces violences ont lieu en institution et pour un tiers en milieu familial. Lors des rendez-vous gynécologiques, 43 cas de violences ont été détectés par les sages-femmes.

Plus d'informations sur le suivi gynécologique

Concernant la vie affective et sexuelle, 43 % des femmes ont répondu souhaiter plus d'informations sur le suivi gynécologique, « Ces violences sont très préoccupantes car ces femmes sont déjà en situation difficile de par leur handicap, cela ne va pas favoriser leur chemin vers l'autonomie », déclare une des médecins du SAPPH lors de la présentation de ces chiffres. Autre point important, les professionnels de santé déclarent pour la majorité être intéressés par cette thématique. Cependant, un quart des infirmiers ne se considèrent pas toujours en capacité de renseigner ou d'aider une femme en situation de handicap qui subit des violences. Il y a donc un travail à faire dans la formation des personnels paramédicaux. Au vu de l'ensemble des résultats, chacun des trois volets de l'étude Handigynéco en pratique apporte une réelle amélioration dans le suivi gynécologique des femmes accueillies, et a eu un impact différent et sans doute complémentaire sur la vie en ESMS, que ce soit sur les femmes elles-mêmes, les usagers, les professionnels et les directions des établissements. La secrétaire d'État s'est dite particulièrement intéressée par le sujet des violences faites aux femmes en situation de handicap. Interpellée par une femme ayant subie des violences sur la lenteur de la justice, elle s'est dite prête à discuter de cela avec Éric Dupond-Moretti, actuel garde des Sceaux.

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