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Grève contre la réforme des retraites : créer de nouveaux modes de travail

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Grève contre la réforme des retraites : créer de nouveaux modes de travail
@ DR

Après consultation de ses adhérents, le Medef Paris, tire un premier bilan de l'impact économique de la grève et, face aux vives inquiétudes des dirigeants parisiens, soutient le développement d'alternatives de travail à distance.

Si les chefs d'entreprise parisiens déplorent une perte de chiffre d'affaires d'environ 30 % par rapport à l'année précédente, ils s'inquiètent également de l'impact économique que pourrait engendrer la prolongation du mouvement social sur leur activité.

Selon le baromètre du Medef Paris, réalisé récemment auprès du réseau des chefs d'entreprise adhérents au syndicat patronal et représentatifs de tous les secteurs et de toutes les tailles d'entreprises, 88 % d'entre eux se disent inquiets de l'impact du mouvement sur leur entreprise. 52 % sont « très inquiets », notamment parce que les activités de 78 % ont été directement impactées par le mouvement des Gilets Jaunes en décembre 2018.

Par ailleurs, tant les activités à destination des consommateurs (BtoC) que celles à destination des entreprises (BtoB) sont concernées par des difficultés économiques en raison du mouvement social actuel.

La grève et la perte d'activité économique qui en découle menacent directement les investissements des chefs d'entreprises sondés : 75 % envisagent un gel des embauches à compter de janvier 2020 et 66 % des entreprises étrangères craignent que les investissements prévus soient reportés.

« Après une semaine de grève, notre baromètre prouve que la confiance dans l'économie parisienne est fortement éprouvée. Toute la question est de savoir (..) quelles vont en être les conséquences sur le long terme pour les entreprises parisiennes », déclare Jean-Louis Schilansky, président du Medef Paris.

A contrario, l'implication et la motivation des collaborateurs ne semblent pas fai-blir, malgré les difficultés : 96 % des dirigeants sont satisfaits du taux de présence des salariés dans l'entreprise mais admettent qu'un prolongement de la situation deviendrait rapidement problématique. Pour 92 % des chefs d'entreprise, le recours au télétravail ne peut être que provisoire, certains postes ne pouvant raisonnablement s'exercer à distance sur de trop longues périodes.

Toutefois, le travail à distance, en période de grève illimitée dans les transports publics franciliens, reste privilégié par les employeurs qui n'hésitent pas à s'adapter et à se rendre flexibles pour faciliter la vie de leurs salariés.

Le Medef Paris encourage ces initiatives et soulève l'urgence de développer des solutions pérennes pour permettre aux salariés de travailler à distance. Il invite ainsi la Ville de Paris à agir de concert pour mettre en place de nouveaux modes d'exercice qui permettraient une réduction des contraintes de déplacement dans un tel contexte social. Pour mieux comprendre les revendications du Medef Paris, Marie-Sophie Claverie, directrice générale, nous a présenté en détail les propositions du syndicat patronal.

Affiches Parisiennes : Quelles sont les solutions soutenues par le Medef Paris pour permettre aux salariés de travailler à distance ?

Marie-Sophie Claverie : Nous remarquons, au sein des entreprises adhérentes au Medef Paris, qu'adapter les modes de travail dans les périodes de grève qui engendrent des difficultés de déplacements est un enjeu dont les chefs d'entreprise ont conscience. La plupart ont déjà mis en place des outils pour accompagner leurs salariés jour après jour.

La grève du 5 décembre était annoncée depuis plusieurs semaines. Cela leur a permis de prendre leurs dispositions. Ainsi, 87 % de nos adhérents nous ont dit avoir été en capacité d'anticiper la grève, soit en déployant plus de moyens pour leurs salariés en télétravail, en aménageant leurs horaires, soit en proposant le tra-vail à distance à ceux qui ne sont d'habitude pas concernés par cette pratique.

Toutefois, le télétravail n'est possible que sur une courte période et tous les emplois ne permettent pas de mettre en place ce système, comme dans les secteurs de l'accueil ou du commerce.

Le déplacement des salariés dans notre région nous est donc apparu comme un réel enjeu et l'une des réponses à cette problématique serait que la Mairie de Paris collabore avec nous pour développer des espaces de coworking, en accord avec sa politique d'aménagement du territoire.

A.-P. : Où se situeraient ces espaces dédiés au coworking?

M.-S. C. : Les espaces de coworking devraient idéalement se trouver à proximité des grandes gares de Paris, des grands lieux d'affluence. C'est ce qu'envisage le projet Stationord, prévu pour 2024 Gare du Nord. De manière très concrète, il permettra à toute personne qui arrive en train de la banlieue parisienne à la Gare du Nord de travailler quelques heures là-bas, seul ou avec un collaborateur se situant à proximité, venu le rejoindre, sans devoir traverser Paris pour atteindre son bureau, et en bénéficiant des mêmes conditions de travail.

Grâce à ce système, les salariés parisiens auraient accès à des lieux où ils pour-raient se retrouver, pour des réunions, des rendez-vous téléphoniques, toute une organisation que le télétravail complexifie. Dans un premier temps, les espaces de coworking pourraient être mis à disposition par un opérateur privé en charge du projet, en utilisant l'espace disponible dans le parc foncier parisien, mais les entreprises pourraient elles-mêmes proposer des espaces de travail en fonction de l'occupation de leurs locaux.

Il s'agit du même concept que celui d'anti-café : un espace où l'on paie pour le temps sur place et pour un accès à toutes les installations proposées (restauration, accès Internet, vidéoprojecteur, imprimante, livres…). Au sein des entreprises, des espaces similaires se développent. Avec ce concept, les locaux des entreprises deviendront un lieu de réunion et d'échange de salariés venant de différentes structures. Une nouvelle dynamique de partage en entreprise, en somme.

Enfin, le coworking permettrait également de réduire le trafic aux heures de pointe dans les transports en commun de Paris intra-muros. Paris s'est toujours voulu avant-gardiste s'agissant de la mobilité et notamment de la mobilité dite
« douce », de l'écomobilité, à l'image du réseau Velib'. L'idée nous est donc ve-nue d'agir sur le même mode opératoire avec la création une application qui recenserait, en temps réel, les places de coworking disponibles

A.-P. : à ce titre, pouvez-vous nous parler en détail de cette application ? Par qui sera-t-elle gérée ?

M.-S. C. : Le projet de l'application Office Lib' prévoit de recenser toutes les places de coworking disponibles dans Paris et d'en informer, en temps réel, les salariés en recherche. Cette application faciliterait tant leur organisation que leurs déplacements. En période de grève, c'est un véritable gain de temps et d'énergie.

L'idée de cette application serait soumise à la Mairie de Paris, qui déléguerait sa gestion à un opérateur privé, comme elle l'a fait pour Velib'. Nous sollicitons de la part de la Ville de Paris, de la maire actuelle comme des candidats aux municipales que nous rencontrons, qu'ils s'engagent avec nous pour le travail. C'est un projet collaboratif, nous souhaitons le construire ensemble.

Avec ce projet, si le Maire de Paris l'acceptait, un signal fort serait envoyé aux entreprises.

D'ailleurs, une autre proposition que nous faisons est de tenir, auprès du Maire de Paris, un Conseil des chefs d'entreprise pour l'accompagner dans ses décisions, s'agissant de l'activité économique et l'emploi.

A.-P. : À quel stade en est ce projet ?

M.-S. C. : Le projet est en cours de maturation. Nos propositions ont été envoyées à la Maire de Paris et aux candidats aux municipales. Des rendez-vous sont d'ores et déjà pris avec certains d'entre eux pour en débattre et nous en débattrons également avec la Maire actuelle lorsqu'elle se présentera officiellement comme candidate.

Office Lib' est notre réponse aux besoins des entreprises et des salariés parisiens. Les modalités de mise en place se feront par la suite, en co-construction.

On estime que le Maire de Paris doit s'intéresser à ce sujet d'économie, trop sou-vent absent dans les campagnes municipales. On ne parle pas des entreprises, on ne parle pas du travail. Paris se veut la ville du quart d'heure et se félicite d'être l'une des premières à s'engager dans la mobilité mais la première des choses serait que les
parisiens puissent aller travailler en aussi peu de temps ! Il serait aussi inté-ressant que la Ville de Paris montre le chemin aux autres villes d'Ile-de-France pour qu'elles suivent la marche.

Les besoins de travail à distance concernent tous les Franciliens et toutes les Franciliennes.




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