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Grèce : faillite en vue

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Depuis quelques jours, les Grecs se ruent dans les banques pour retirer leurs avoirs. En deux ans, les dépôts ont fondu de 30 %. Les Grecs les plus riches envoient leurs économies à l'étranger (Chypre, Grande-Bretagne, Suisse…), les autres les stockent chez eux dans des coffres forts. Cette crise de confiance sans précédent met en grande difficulté les banques commerciales grecques, dont certaines sont maintenant à court de liquidités. Elles sont financées à hauteur de 100 millions d'euros, soit le tiers de leurs bilans, par la Banque centrale européenne. Mais la BCE a indiqué qu'elle cesserait de fournir des liquidités à certaines banques grecques sous-capitalisées. Une façon de rappeler au gouvernement grec qu'il lui incombe de recapitaliser ses banques qui en ont besoin (18 milliards d'euros ont été en principe prévus à cet effet). Mais existe-t-il encore un gouvernement grec ? Les deux grands partis qui se partagent traditionnellement le pouvoir, la ND (Nouvelle démocratie, droite) et le Pasok (social-démocrate) payent plusieurs décennies d'incurie et de clientélisme. Les sondages donnent actuellement en tête le Syriza (gauche radicale) avec 20 % des suffrages devant la ND (19 %) et le Pasok (13 %). Le Syriza est contre le mémorandum, c'est-à-dire le plan de sauvetage proposé à la Grèce par l'Union européenne et le FMI, tandis que la ND et le Pasok y sont favorables. Il n'est pas certain que les élections du 17 juin débouchent sur une majorité stable. De toute manière, la Grèce ne pourra pas rembourser sa dette et risque même de se trouver à court de trésorerie dès fin juin. L'Union européenne ne peut annuler cette dette sous peine de voir d'autres pays demander le même traitement. Il est donc vraisemblable que la Grèce va se mettre en faillite. Ce qui coûtera très cher à certaines banques européennes et aggravera la dette de plusieurs pays européens, dont la France. La Grèce risque alors d'être contrainte de quitter la zone euro pour revenir au drachme, un scénario qui n'est pas prévu par le traité instituant la monnaie unique. Une période chaotique en perspective pour l'Union européenne et une épreuve dont le nouveau gouvernement socialiste français se serait bien passé.

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