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Grand Paris : l'économie circulaire tourne-t-elle en rond ?

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Grand Paris :  l'économie circulaire tourne-t-elle en rond ?
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Le jeudi 3 octobre, la Métropole du Grand Paris proposait pour sa troisième édition l'événement “Grand Paris circulaire”. « Rendez-vous annuel métropolitain de référence », il se tenait cette année à la Maison des océans, rue Saint-Jacques. Un lieu hautement symbolique aux dires de Florence Berthout, maire du 5e arrondissement, qui ouvrait la journée, imaginé par Albert 1er pour « éveiller les consciences et donner les moyens de s'engager » pour protéger un écosystème particulier, l'océan, qui n'intéressait que peu de monde à son époque.

L'économie circulaire a pour objectif de « préserver les ressources naturelles tout en limitant la consommation de déchets et la consommation d'énergie ». C'est, selon Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris (MGP), « le principe de Lavoisier appliqué à l'économie : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Se réjouissant du nombre d'acteurs présents, il leur adresse le message suivant : « Je mets la Métropole du Grand Paris à votre disposition pour faire évoluer au plus vite le principe de l'économie circulaire. Capitalisant sur vos propositions, je prends l'engagement de concrétiser tout ce que nous pourrons faire en la matière ».

Un combat citoyen global

« Le combat de l'économie circulaire n'est pas que celui de la métropole », affirme-t-il aussi. « C'est également celui des élus, des entreprises et des citoyens ». Au fil des interventions, l'audience a ainsi pu obtenir les éclairages de Jean-Michel Genestier, conseiller métropolitain, sur le « Pacte pour la logistique urbaine de la MGP », qu'il qualifie de « complet et traitant l'ensemble du sujet ». Il insiste sur le besoin d'intégrer les questions de logistique dans les PLU, sur des expériences en cours sur les véhicules de livraison, et sur les perspectives qu'ouvriraient une harmonisation des réglementations entre communes sur les tonnages et les horaires de livraison. Sur cette même question intervenait aussi Emmanuel Bonnaud du groupe La Poste aux 1 200 camionnettes sillonnant quotidiennement la capitale pour distribuer les colis et décrivant le paradoxe d'un consommateur qui veut une ville sans marchandises. Alé Sall, échangeant avec un ingénieur, a pu également parler au nom de la métropole à propos de la rénovation énergétique des logements et du COP « Grand Paris 2° » faisant de la métropole « un catalyseur » en la matière. L'assistance a surtout pu apprécier les précisions apportées par Marta de Cidrac, rapporteure au Sénat du projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage voté à la quasi-unanimité par la Chambre Haute. Le texte s'est détaché de la question initiale des consignes, très restreinte, pour mettre l'accent aussi sur le suremballage, la consommation hors-foyer de plastiques qui échappent au bac jaune (la bouteille d'eau acheter chez le boulanger, par exemple), le réemploi et la réparation, ou encore les déchets du BTP et les décharges sauvages.

Le Grand Paris sur le chemin de Damas

En ouverture, Patrick Ollier a particulièrement insisté sur l'importance d'entreprendre une démarche pédagogique, ciblant en particulier ceux responsables de la mise en action et les écoles. « Une fois que l'enfant a appris les choses, il n'y a pas de soucis pour l'avenir : le problème c'est que l'on ne nous a rien appris avant. » Il réitère devant les journalistes : « Je vais être direct. La pédagogie doit se faire autant auprès des citoyens que des maires et des élus. Il y a une vraie méconnaissance des principes de l'économie circulaire. Non pas qu'ils ne les veuillent pas, mais beaucoup y sont indifférents, et nombre de maires ne les ont pas intégré à leurs pratiques municipales. C'est pour ça qu'on a créé la plateforme, pour que ceux qui n'ont pas les moyens sachent qu'on est là pour les aider, c'est pour ça qu'à partir du moment où on arrivera à définir nos actions, on les financera. Les maires ont des initiatives à prendre : ils ont des pouvoirs en la matière, encore faut-il qu'ils sachent les utiliser. C'est notre travail ». En matière d'économie circulaire, celui qui est aussi maire de Rueil-Malmaison (92), reconnaît avoir parcouru son « chemin de Damas : il y a sept ou huit ans, je n'y croyais pas ».

Et concrètement ?

Patrick Ollier et Xavier Lemoine, vice-président de la MGP délégué à l'économie circulaire, collaborative, sociale et solidaire, ont dû toutefois faire face aux questions de journalistes dubitatifs sur les actions concrètement menées par la métropole, aux compétences limitées derrière les beaux discours. Le second reconnaît : « Les transferts de compétences des communes aux territoires en constitution absorbent malheureusement toutes nos énergies et ils ont pour l'instant d'autres chats à fouetter que de parler économie circulaire, et je peux en témoigner. Ce qui compte, c'est, qu'à l'intérieur des territoires, il y ait quand même des référents qui entraînent. Une culture commune se partage et nous nous arrangeons pour aller visiter l'ensemble des territoires pour créer une émulation, formellement ou non. » Il affirme néanmoins que « l'économie circulaire est en train d'acquérir ses lettres de noblesse, sa reconnaissance. Elle infuse et elle diffuse dans tous les domaines ». Il congratule aussi Marta de Cidrac pour la réforme qu'elle a porté : « le législateur peut avoir un effet levier immédiat. »

Si les compétences de la métropole sont limitées, on retrouve toutefois à son actif la création en 2017 d'un groupe de travail de l'économie circulaire composé d'élus et de praticiens, la mise en place du réseau G142 réunissant un élu et un référent technique pour chacune des 131 communes et chacun des 11 EPT de la Métropole « afin de développer une culture et des actions communes », la création à l'IFSTTAR d'une Chaire de recherche internationale « économie circulaire et métabolisme urbain », une charte des événements éco-responsables et surtout une plateforme numérique collaborative pour le partage des connaissances et des bonnes pratiques.

Au cours de l'après-midi a aussi été évoqué le Centre aquatique olympique, seul ouvrage pérenne construit pour les JO, dont la réalisation en face du Stade de France nécessite la démolition d'anciens bâtiments d'Engie : 130 000 tonnes de déchets. Si des enjeux liés à l'amiante y sont associés, Christian Mourougane de la Métropole et Fabrice Emeriau d'AD Ingé Conseil ont surtout parlé tri, revalorisation et évacuation de ceux-ci. Plutôt que l'emploi de camions polluants, la construction d'un tapis roulant jusqu'au canal Saint-Denis est envisagée. à l'image du téléphérique amenant aux péniches les gravats de démolition à Clichy (92), celui-ci serait financièrement plus cher, mais son coût social et environnemental serait moindre. Les deux acteurs soulignent l'importance que le décideur public doit attacher à ce dernier coût au moment de son appel d'offres, au risque de se rabattre sur des entreprises moins chères mais moins éco-responsables.




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