AccueilActualitéRégion Île-de-France & Grand ParisGrand Paris : 15 millions d’euros pour revitaliser les centres-villes

Urbanisme Grand Paris : 15 millions d’euros pour revitaliser les centres-villes

Les premières assises métropolitaines du centre-ville ont été organisées dernièrement par la Métropole du Grand Paris et l’association Centre-ville en mouvement.
Grand Paris : 15 millions d’euros pour revitaliser les centres-villes
© AP - Philippe Laurent, président de Centre ville en mouvement.

ActualitéRégion Île-de-France & Grand Paris Publié le ,

« 71 communes de la Métropole du Grand Paris présentent un besoin de revitalisation. Pour répondre à cet enjeu, nous avons mis en place le programme “Centres-villes Vivants“ dans une dynamique de rééquilibrage territorial, dont la deuxième édition est dotée d'un budget de 15 millions d’euros sur trois ans », a expliqué Patrick Ollier en introduction de ces assises. Aussi, un dispositif d’accompagnement technique et financier des projets des communes est notamment prévu.

« Un centre-ville qui meurt, c’est la vie dans la commune qui meurt en même temps », a complété Marie-Christine Ségui, conseillère métropolitaine déléguée aux centres-villes vivants, aux services, et aux commerces de proximité. « La deuxième édition est un peu différente de la première, ce n’est plus véritablement un appel à projets. Les communes émettent une volonté de revitaliser leur centre et la métropole va proposer un suivi », a précisé l’élue. « C’était déjà difficile pour les villes modestes avant la crise sanitaire, qui n’ont pas les mêmes moyens que les grandes villes. C’est mon combat au quotidien. Pour cette édition, nous avons donc souhaité faire très attention à ce que tout le monde puisse participer et accéder à un accompagnement. Si nous n’avions pas la métropole et les partenaires du programme, nous n’y arriverions jamais ».

Patrick Ollier a n’a pas manqué d’évoquer, en lien avec ce programme, la création d’une foncière de revitalisation métropolitaine avec la Banque des Territoires. En se fondant sur le dispositif de préemption des baux commerciaux, il permettra donc l’acquisition, la gestion, la commercialisation et la cession de murs et fonds commerciaux, au service de projets des communes. « Si nous n’intervenons pas, les forces du marché font que la diversité disparait naturellement, car des activités sont plus ou moins rentables, équilibrent plus ou moins bien leurs propres comptes. C’est pour cela que la possibilité de préempter les fonds de commerce est importante », a témoigné Philippe Laurent, président de l’association Centre ville en mouvement et vice-président à la MGP. 

Des partenaires essentiels

A savoir également, “Centres-villes vivants“ prévoit un accompagnement à la transition numérique du commerce et de l’artisanat de proximité, via le programme “Innover dans la Ville“ et la Boutique connectée, en partenariat avec CCI Paris Ile-de-France et CMA Ile-de-France.

La CCI Paris Île-de-France pilotera par ailleurs un réseau métropolitain de managers de commerce et de centre-ville. « Nous avons 62 000 commerces sur Paris intramuros. La vacance commerciale, peut-être un peu forte, est de l’ordre de 10 %. Il ressort du dernier recensement qu’il y a une perte de 2000 commerces, mais compte tenu des créations, le différentiel est de l’ordre de 1000. Dans certains secteurs – c’est équivalent dans toutes l’Île-de-France -, le secteur des équipements de la personne a été excessivement touché. Sur Paris, c’est 750 fermetures de magasins d’habillement et 250 de chaussures », a détaillé Gérald Barbier, vice-président de la CCI Paris, estimant qu’un nouveau recensement devrait être réalisé prochainement. « La casse n’est peut-être pas terminée. Il y a ce fameux décalage lié aux PGE, que certaines entreprises n’ont pas encore commencé à rembourser. Elles le feront dans les mois qui viennent ».

Pour l’élu consulaire, « la crise a été un accélérateur de la digitalisation. Beaucoup de commerçants ont compris que c’était incontournable. Mais les solutions ne peuvent être transposées partout. Grâce à la MGP, nous avons pu mettre en place un site dans ce domaine, pour aider certaines villes et commerçants qui n’avaient pas encore ces outils ».

© AP / Marie Christine Ségui, conseillère métropolitaine, Gérald Barbier, premier vice-président de la CCI Paris IDF, Fabien Ducasse, directeur territorial Région/Essonne à la Banque des Territoires.

Au-delà des commerces

« On retombe ici sur cette différence entre les communes. Les plus modestes ont plus de difficultés à intégrer de tels dispositifs, à assurer un suivi des commerçants. La gestion d’un petit commerce n’est déjà pas simple à gérer, il a fallu les accompagner au quotidien », a rappelé Marie-Christine Ségui

« Mais au-delà des commerces, cela va plus loin, c’est tout un ensemble. Il faut aussi poser la question de l’urbanisme, des parkings, de l’aménagement. Un centre-ville vivant, c’est un lieu où les habitants se rencontrent. Le désir d’être ensemble crée de la dynamique. Il ne faut pas non plus oublier la culture, on peut l’amener au sein du centre-ville », a poursuivi la maire d’Ormesson-sur-Marne.

Et Gérald Barbier d’acquiescer : « Oui, avoir cette notion globale de la ville est excessivement important. Il faut lier tout cela avec l’attractivité culturelle et sportive. Et comme l’a dit le président Ollier, il faut de beaux commerces pour entretenir cette attractivité ».

Pour Fabien Ducasse, directeur territorial Île-de-France à la Banque des Territoires : « l’ensemble des acteurs doivent approcher le problème par plusieurs dimensions : stationnement, mobilité, livraison, numérisation… on ne fait plus ses courses comme avant. Il n’y a pas de solutions toutes faites, il faut les adapter à chaque territoire ».

Concrètement, les communes doivent adresser une lettre d’intention à adresser à la MGP, quel que soit l’état d’avancement du projet. Contrairement à la première édition, il ne s’agit pas d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI). Le processus est simplifié de manière à ce que les petites communes comme les grandes puissent y accéder.

Les petits commerçants avant tout artisans

« Votre combat pour les centres villes est le nôtre depuis très longtemps, vous trouverez toujours la CMA à vos côtés, comme pour la ZFE », a ensuite assuré Elisabeth Détry, présidente de la CMA Île-de-France, qui a souhaité rappeler que beaucoup de commerçants de centre-ville (bouchers, boulangers, coiffeurs, opticiens…) étaient avant tout des artisans. « Que ce soit la CCI ou la CMA (nous sommes complémentaires), nous avons des aides spécifiques, c’est important que vous le sachiez. Nous accompagnons les entreprises pour la création, la reprise surtout. Il est essentiel de travailler en amont pour la reprise des fonds de commerce. Le rôle de la CMA est de faire la jonction entre la ville et le commerçant », a-t-elle ajouté.

Elisabeth Détry a aussi évoqué les boutiques éphémères, qui « ont très bien marché ». L’idée serait donc de les pérenniser, pour que les artisans puissent faire état de leur savoir-faire à différentes périodes.  « Oui ces boutiques éphémères sont à la mode, notamment pour les communes modestes. Cela permet, d’essayer les activités qui fonctionnent », a témoigné Marie-Christine Segui. « Il y a beaucoup d’attente sur la foncière, sur le sujet. Nous allons avoir besoin d’un achat de fonds, c’est ce que souhaite la Métropole ».

Et Philippe Laurent de conclure : « ce programme “Centres-Villes vivants“ devient une marque de fabrique de la MGP. Il est essentiel à la cohésion du territoire, d’autant que nous nos communes ne sont pas éligibles aux dispositifs nationaux, comme “Action cœur de ville“. Depuis la création de la MGP, nous avons souhaité qu’elle soit polycentrique et pas uniquement tournée vers Paris. ».

Partager :
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?