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Gino LegalTech, la technologie au service des juristes

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Gino LegalTech, la technologie au service des juristes
© DR - Philippe Ginestié, avocat fondateur de Gino LegalTech.

Cette legaltech, fondée par l'avocat Philippe Ginestié, permet aux juristes de robotiser eux-mêmes leurs contrats. Son produit, Gino, crée une vraie rupture.

Avocats et legaltechs, éternels ennemis ? Il n'en est rien pour Philippe Ginestié, avocat passionné de longue date par les nouvelles technologies, qui a décidé de les réconcilier.

En effet, ce pionnier, également fondateur du cabinet Ginestié Magellan Paley-Vincent, a récemment mis au point Gino, une solution permettant au juriste de robotiser lui-même ses contrats. La robotisation génère un gain de temps considérable, le juriste capitalise ainsi son expertise contractuelle au fil du temps.

Du traitement de texte au traitement de concepts

La méthode de rédaction actuelle, consistant à rendre cohérent un ensemble de blocs textuels « copiés-collés », doit aujourd'hui faire face aux mutations de l'univers contractuel. Allongement des contrats, explosion de leur nombre, recherche d'efficience financière, opérations de plus en sophistiquées et internationales…


L'équipe de Gino LegalTech. © DR

Ces mouvements – associés à la tendance de fond d'une gestion de plus en plus rigoureuse des coûts juridiques par les entreprises – « modifient profondément les business models », comme le rappelle Philippe Ginestié, invitant les juristes « à passer du traitement de texte au traitement de concepts ».

Un passionné de la première heure
« J'ai vraiment été le premier à m'investir dans les legaltechs, avec la solution Ginerativ, mise au point il y a 11 ans ». Philippe Ginestié est depuis toujours féru de nouvelles technologies. Après des études de droit, à Montpellier et HEC, il a rejoint les Etats-Unis pour suivre le ITP à la Harvard Law School et faire un MBA à la Harvard Business School. Mais c'est au début des années 1980 que le juriste commence à s'intéresser au phénomène de l'intelligence artificielle (IA).« Le concept d'intelligence artificielle a été conçu en 1956, lors d'une réunion mythique à l'université de Darmouth. Les concepts se sont développés jusqu'aux années 1970-1980. Nous avions alors le matériau intellectuel pour produire de l'intelligence artificielle, qui était développée depuis 1956 dans des ouvrages théoriques, mais les espoirs ont été déçus par le manque de puissance de calcul et de mémoire », témoigne Philippe Ginestié.
« Aux Etats-Unis, j'ai fait une première maquette en 1982. Mais, pour faire un générateur de contrats, il faut deux interfaces conviviales, celle destinée à celui qui crée le robot et celle conçue pour celui qui l'utilise. En 1982, il était exclu de disposer de cette convivialité. J'ai rouvert le dossier en 1992, mais la techno n'était pas encore prête. C'est réellement en 2002 que l'horizon s'est ouvert. En 2007, nous avons lancé le premier produit, nommé Ginerativ ». C'est fort de cette première expérience que Gino LegalTech a été lancé il y a un an, avec pour objectif de « donner la main au juriste rédacteur d'acte ».

Avec Gino, le juriste crée des documents qui, enrichis d'instructions intuitives insérées au fil de la rédaction, sont de véritables robots capables qui reproduisent fidèlement sa démarche : interroger le demandeur du contrat et, en fonction de ses réponses, produire le contrat adéquat.

Avec seulement deux types d'instructions, les variables et les éléments conditionnels, le juriste crée ses robots, capables de traiter les contrats les plus complexes et d'assurer leur cohérence logique et juridique. Une fois les robots créés, les gains de temps sont considérables.

« Un pacte d'actionnaires, c'est une à trois journées de travail, selon la complexité de l'espèce. Avec Gino, cela demande 20 à 30 minutes, plus le temps de retravailler éventuellement les clauses difficiles. On peut commencer avec le robot d'un pacte d'actionnaires simple et, au fil des cas, on va l'enrichir. Au fur et à mesure, il couvre de plus en plus de situations et devient une véritable somme de connaissances sur le sujet », explique Philippe Ginestié.

Les trois modules de la plateforme

Concrètement, la plateforme intègre, d'abord, un module de création de robots. Ce dernier permet de produire un robot pour chaque type de contrat (bail, contrat de travail, pacte d'actionnaires…). « Je robotise un contrat de financement pour un client », illustre Philippe Ginestié.

« Quand j'ai besoin à nouveau d'un contrat du même type, j'enrichis mon robot des éléments nouveaux. Toute la partie commune aux deux baux est déjà robotisée. Mon robot s'enrichit ainsi en permanence et finit par avoir une puissance formidable. Je ne fais qu'améliorer mon robot, que l'enrichir des cas nouveaux, des modifications de la loi et de la jurisprudence, qu'améliorer les rédactions. J'échappe ainsi totalement à la répétitivité des tâches. »

De plus, outre le gain de temps considérable et la possibilité de se concentrer sur les choix stratégiques à faire pour un acte donné, le robot permet au juriste de sécuriser sa rédaction.
Ensuite, la plateforme dispose d'un générateur, qui permet de questionner de manière interactive les utilisateurs souhaitant produire un contrat. Le document, alors généré en fonction des réponses données, est conforme à celui conçu par le juriste rédacteur. Il est ainsi possible de déléguer la production des actes aux opérationnels ou aux collaborateurs, lorsque le juriste estime que c'est nécessaire.

La pratique doit s'imposer

« Les entreprises demandent la solution miracle. Il y a beaucoup d'utopie, générant des attentes qui ne correspondent pas à la réalité des solutions existantes. C'est aussi pour cela que nous organisons des petits-déjeuners, qui permettent aux juristes de tester directement nos outils », précise Cyril de Villeneuve.
« Beaucoup de legaltechs se plaignent du fait que les clients ne passent pas à une phase de test, avec la possibilité de renoncer si la solution ne répond pas aux objectifs. Sautez dans le bain, vous apprendrez en faisant ! », interpelle le directeur général de Gino LegalTech, qui estime que des nouveaux profils de
« juristes créateurs de robots » seront amenés à voir le jour prochainement.


La plateforme permet aussi aux entreprises d'intégrer directement et automatiquement l'information contractuelle dans leurs systèmes d'information. « Ainsi, les données du contrat de travail sont distribuées entre le service de paie, la DRH ou le service du budget », explique Philippe Ginestié.

Enfin, le gestionnaire de robots permet au juriste d'enregistrer, de classer et de retrouver ses robots pour les enrichir ou pour produire des contrats.

« Ce module permet également de retrouver et de classer tous les actes produits », souligne Cyril de Villeneuve, directeur général de Gino LegalTech.

Par ailleurs, chaque contratest automatiquement accompagné de la liste des questions-réponses qui ont permis de le réaliser. « Il s'agit d'un véritable TermSheet du contrat », poursuit le directeur général.

« Avec ce nouveau produit, nous passons d'un langage propre aux informaticiens à un système totalement convivial, qui permet au juriste de générer lui-même ses contrats », résume Philippe Ginestié.
En effet, aucune formation n'est nécessaire pour créer des robots ou pour produire des contrats. Le système est parfaitement intuitif. Gino est ainsi utilisable tant par des juristes que des opérationnels, à la différence de l'ancienne solution nommée Ginerativ, où la création de robots supposait une formation.

Reste, désormais, aux directions juridiques et aux cabinets d'avocats à s'approprier ces nouvelles méthodes de travail.

Et Philippe Ginestié de conclure : « J'aime rappeler, comme l'a souligné dans une déclaration la ministre suédoise du Travail, Ylva Johansson, que ce ne sont pas les nouvelles technologies qui vont détruire des emplois, mais les anciennes, dont les utilisateurs se trouveront déclassés ».

Quentin Clauzon et Boris Stoykov




Quentin CLAUZON
Journaliste

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