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Gilles DAURIAC : « Le besoin d'accompagnement du dirigeant est de plus en plus important »

Gilles Dauriac, président d'ECF Aquitaine, est le commissaire du congrès. Il retrace pour nous les défis relevés pour l'organisation et livre l'essentiel du déroulement des journées ECF de Bordeaux.
Gilles DAURIAC : « Le besoin d'accompagnement du dirigeant est de plus en plus important »

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Affiches Parisiennes : Quels sont vos défis en tant que commissaire du congrès ECF à Bordeaux ?

Gilles Dauriac : Le premier défi de notre équipe était d'atteindre un niveau de participants élevé. Sans égaler le record absolu des inscriptions du congrès de l'an dernier à Marseille, celui de Bordeaux devrait être très bon.

Le deuxième défi était d'offrir aux congressistes un environnement à la hauteur de ce qu'ils méritent. Celui-ci n'était pas très difficile à relever, la ville de Bordeaux est magnifique et les endroits choisis pour les différents événements qui vont jalonner le congrès sont exceptionnels. Jugez-en par vous-même : la journée détente de dimanche se déroulera sur le bassin d'Arcachon et se terminera par une soirée au château Smith Haut Lafitte. Le congrès se déroulera lundi et mardi dans le hangar 14, sur les quais des Chartrons, avec une soirée de gala dans les locaux prestigieux de la CCI, place de la Bourse et la soirée de clôture du mardi soir sera, à la Co(o)rniche, un lieu magique proche de la dune du Pyla, célèbre dans le monde entier.

Le dernier défi, et c'est sans doute le plus important, sera de faire en sorte que chaque congressiste reparte de Bordeaux à la fin de ce congrès ravi des moments qu'il y aura passé, avec le regret que le congrès soit déjà terminé et l'envie de se réinscrire pour l'année prochaine.

A.-P. : Que vont découvrir les congressistes à Bordeaux ? Comment va se dérouler le programme ?

G. D. : J'ai déjà évoqué le programme un peu festif et le déroulement du congrès sur le plan touristique, mais l'essentiel est dans le contenu intellectuel.

Notre syndicat a acquis au fil des années une véritable expertise dans l'organisation de nos congrès, et la matière intellectuelle est toujours très dense, avec un grand nombre d'ateliers animés par les meilleurs spécialistes des questions traitées.

Aussi, cette année, l'équipe des rapporteurs a imaginé une approche assez originale bâtie autour de trois axes, trois parcours distincts, de 8 heures de formation chacun :

- Le parcours Sécurité, qui proposera de baliser les fondamentaux du conseil aux dirigeants sous les angles de la création de l'entreprise, de sa transmission et celui des erreurs à éviter dans la gestion de son entreprise

- Le parcours Anticipation aura vocation à aider le dirigeant à choisir son statut, à déterminer son revenu ; à anticiper son avenir à travers la protection sociale et enfin à construire son patrimoine.

- Le parcours Sérénité offrira enfin à nos confrères les outils leur permettant d'enrichir et de documenter les différentes missions de conseil au dirigeant qu'ils réaliseront et d'accompagner leurs clients dans la préparation de son départ en retraite.

Ces trois parcours, qui n'ont pas de caractère contraignant, ont vocation à organiser le choix des confrères parmi les 10 ateliers proposés, car c'est presque une trentaine d'heures de formation qui seront proposées sur les deux jours du congrès, et il sera impossible à un congressiste de suivre tous les ateliers.

A.-P. : Lors de ce congrès, vous avez choisi de promouvoir le conseil au dirigeant, pourquoi ce thème est-il si important ?

G. D. : Depuis toujours, les experts-comptables se sont positionnés assez naturellement au carrefour de toutes les préoccupations du dirigeant. Cela s'explique assez facilement par le caractère récurrent de notre mission, qui nous amène à accompagner le dirigeant au fil du temps dans toutes les phases de sa vie professionnelle, et même assez souvent de sa vie privée.

Or, la complexification de plus en plus grande de l'environnement tant sur le plan économique que réglementaire, avec une législation, notamment fiscale, qui évolue plusieurs fois par an, parfois dans des sens opposés, crée chez le dirigeant un sentiment d'insécurité croissant, et donc, un besoin d'accompagnement de plus en plus fort.

Nous sommes donc naturellement les interlocuteurs de confiance privilégiés du dirigeant, et ce notamment pour deux raisons assez essentielles. La première est que le dirigeant choisit souvent son expert-comptable sur des critères humains. L'intuitu personae est très fort dans notre métier, nous sommes bien souvent « les miroirs de nos clients », ce qui facilite grandement les échanges.

La deuxième est que le socle de notre mission repose sur la satisfaction de contraintes administratives obligatoires (dépôt de déclarations dans les délais, établissement des bulletins de salaires…), ce qui nous confère une assez grande indépendance de vision sur les choix qu'il aura à effectuer dans la mise en œuvre de ses stratégies patrimoniales. En clair, le dirigeant nous demandera d'autant plus facilement notre avis sur la météo que nous ne sommes pas des « vendeurs de parapluies ».

Or, à l'heure où l'uberisation menace tous les pans traditionnels de notre économie, et où l'intelligence artificielle remplace l'humain dans l'accomplissement de tâches de plus en plus complexes, nous devons impérativement nous démarquer des offres de services banalisées, en mettant justement l'accent sur ce qui constitue notre ADN : le conseil au dirigeant, sous peine de voir nos parts de marché fondre comme neige au soleil et nos équipes grossir les effectifs de Pôle emploi.

Pour ma part, je vois le progrès technologique davantage comme une opportunité que comme une menace, car en nous libérant des travaux les moins valorisants, il donne davantage de relief à notre vraie valeur ajoutée qui est dans l'échange permanent avec le dirigeant.

Le conseil au dirigeant est en pratique bien souvent notre mission principale. Le déclaratif constitue en réalité la partie visible de l'iceberg, mais il devient de plus en plus important de rendre apparent, formalisé et valorisé ce qui était historiquement souvent délivré oralement et gratuitement.

Au-delà de l'importance du thème, les congressistes trouveront en venant à Bordeaux des outils et démarches pratiques qui leur permettront à la fois d'enrichir le fond de leurs missions, mais aussi, et parce que c'est désormais indispensable, de donner davantage de forme au fond.

A.-P. : Comment les experts-comptables devront organiser le développement de leur cabinet face au défi du numérique ?

G. D. : Notre métier, quand on l'observe avec le recul des 70 dernières années, est passé d'une prestation assez mécanique, reposant sur la mise en œuvre de techniques complexes et peu automatisées permettant d'aboutir au produit fini « comptes annuels » à un métier à dominante intellectuelle forte.

Cette évolution s'explique à la fois par la complexification de l'environnement réglementaire et par les évolutions technologiques, qui éliminent progressivement la partie « mécanique » du métier.

Le défi de l'intelligence artificielle s'inscrit aujourd'hui dans le prolongement naturel de tous les défis qu'a relevé notre profession au fil du temps, avec comme fil directeur une part croissante de la matière grise.

Concrètement, cela se traduira dans nos cabinets par une évolution assez significative du niveau de qualification de nos équipes, qui passeront d'un statut de « mécaniciens de la comptabilité » à celui « d'ingénieurs du chiffre ». Le temps passé sur les dossiers, pour qu'il soit valorisable chez le client, devra de plus en plus être du temps visible et créateur de valeur ajouté ressentie par le dirigeant.

Le conseil sera bientôt le moteur essentiel du développement de nos cabinets, pour ceux d'entre nous qui auront choisi un mode de fonctionnement libéral et indépendant, car c'est notre capacité à accompagner le dirigeant par le conseil que nous lui délivrons qui déclenchera chez lui l'envie de nous recommander à son entourage.

A.-P. : Avez-vous un mot à dire aux confrères qui hésiteraient à venir au congrès à Bordeaux ?

G. D. : A ceux qui hésitent encore, je dirai : « Venez ! »

- Venez découvrir le champ des possibles en matière de conseil au dirigeant !

- Venez capter les approches innovantes et les pratiques éprouvées !

- Venez échanger avec les confrères et les spécialistes pour partager les expériences enrichissantes !

- Et enfin, en plus de tout le reste, Venez passer un bon moment avec nous dans la plus belle ville du monde.

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