AccueilRégion Île-de-France & Grand ParisFrench Tech Tremplin : Elisabeth Moreno et Cédric O annoncent 10 millions d'euros d'investissements

French Tech Tremplin : Elisabeth Moreno et Cédric O annoncent 10 millions d'euros d'investissements

La ministre déléguée chargée de l'Égalité des chances et le secrétaire d'État chargé de la Transition numérique se sont rendus à la Pépinière La Miel (Maison de l'initiative économique locale), à La Courneuve, pour présenter les évolutions de ce programme visant à rendre l'écosystème tech français « encore plus inclusif et pluriel ».
French Tech Tremplin : Elisabeth Moreno et Cédric O annoncent 10 millions d'euros d'investissements

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Lancé en 2019, le programme French Tech Tremplin s'est donné pour mission d'aider des personnes issues de milieux défavorisés et sous-représentées dans l'écosystème tech français à développer leur projet entrepreneurial. Pour être éligibles, les candidats doivent être bénéficiaires des minimas sociaux, boursiers de l'enseignement supérieur, réfugiés, ou encore résidents en quartier prioritaire de la ville (QPV).

Après une première phase du programme, qui a permis d'accompagner 150 personnes en phase « Prépa » et 200 en « Incubation », les deux ministres ont annoncé que 10 millions d'euros supplémentaires seraient investis pour étendre ce programme à davantage d'entrepreneurs. Au total, 25 millions d'euros sont donc mobilisés en faveur de la diversité dans la French Tech.


Elisabeth Moreno a salué la présence des femmes entrepreneures.©A.P.

Concrètement, jusqu'à 500 personnes pourront intégrer la phase « Prépa » et 300 personnes pourront bénéficier de la période d'incubation, pendant laquelle une bourse de 30 000 euros est mise à la disposition de chacun des lauréats.

Le format de la phase « Prépa », qui sera lancée courant octobre, a également bénéficié d'un "relifting". Désormais, elle sera composée de deux semaines de “bootcamp“ organisées dans au moins 20 localisations (dont l'Outre-mer), qui permettront aux lauréats de présenter leur projet, de recevoir un premier diagnostic, des conseils, des ateliers de mentorat, de participer à des séances de pitchs, etc. Les entreprises retenues auront également 1,5 mois d'accès à des outils gratuits pour aider à la croissance de leur projet leurs projets et à un accompagnement des Capitales French Tech sur différents sujets (financements, pitch, recrutement, etc.). Elles bénéficieront enfin de trois jours de “bootcamp“ pour faire un bilan des progrès réalisés et les aider à déposer un dossier de candidature en phase incubation

Si le format de la phase “Incubation“ n'est quant à lui pas modifié, la sélection des incubateurs partenaires sera plus élevée cette année. Les lauréats entreront en incubation en début d'année prochaine.

Le programme « chouchou » de Cédric O

« Il est essentiel d'accélérer la parité et la diversité dans le secteur de la tech. La promesse numérique porte en elle la promesse de l'égalité entre les femmes et les hommes et de l'égalité des chances. Mais cette double promesse doit se concrétiser davantage », a assuré Elisabeth Moreno.

En effet, seuls 30 % des salariés du secteur sont des femmes et elles ne représentent que 12 % des créateurs de start-up. La ministre a aussi relevé que plus de 50 % des emplois issus du secteurs du digital étaient situés en Île-de-France, mais que l'attrait pour les emplois dans la tech est 30 % plus faible dans les quartiers prioritaires de la ville.

« Ces statistiques nous montrent l'ampleur du chemin qu'il nous reste à parcourir. L'enjeu de la transformation numérique est donc aussi un enjeu d'inclusion. C'est toute l'ambition du programme French Tech Tremplin », a assuré la ministre, ajoutant vouloir faire de la tech un accélérateur de l'inclusion.

« Avec les équipes de la French Tech, nous sommes très fiers de ce programme, de voir toutes les histoires qu'il révèle, toutes les portes qu'il ouvre. C'est le budget le plus important dans le cadre de la mission French Tech. Nous l'avons pensé comme une forme de cheval de Troie. Nous nous sommes dit qu'il y avait une énergie partout en France, une volonté de créer des emplois, de changer le monde. Il y a dans les quartiers plus d'entreprises qui se créent qu'ailleurs. Il fallait donc donner, à toutes celles et tous ceux qui se lancent, la chance de gagner du temps et de disposer des mêmes atouts que ceux qui ont fait des universités ou des grandes écoles », a expliqué Cédric O.

« Le monde de la tech, c'est un langage en lui-même, quand on est de l'extérieur on a peut-être les idées, mais pas les codes du milieu. Ce programme donne justement très rapidement accès à toutes ces clés de la tech, grâce aux mentors notamment », a complété Taig Khris, représentant de la French Tech Grand Paris et entrepreneur triple champion du monde de roller.

Pour Cédric O, ce programme a permis à des « profils talentueux » de faire entendre leur voix et de s'insérer dans un « écosystème encore trop fermé et endogamique ».

Les deux ministres ont ensuite assisté à la présentation des entreprises lauréates du programme Tremplin, dont Hop'ti Soins, une entreprise qui commercialise une gamme de vêtements spécialement dédiés aux patients hospitalisés pour des traitements lourds, ou encore Les Décodeuses, une start-up sociale spécialisée dans la formation des femmes issues des quartiers prioritaires aux emplois du numérique.


Pour Cédric O, l'entreprenariat est le projet le plus inclusif qui soit. ©A.P.

Les deux membres du Gouvernement ont aussi fait la connaissance d'Algorapolis. Cette start-up présente à La Miel est la seule unité urbaine de fabrication de spiruline fraîche en Île-de-France. Cet aliment, riche en minéraux, vitamines, acides aminés, acides gras et antioxydant est notamment prisée des vegans, végétariens, sportifs, allergiques, et autres “food responsables“ à la recherche d'une source alternative de protéines. « Livrée toute l'année à vélo dans un rayon de 20 km, la pâte de spiruline fraîche d'Algorapolis n'a subi aucune transformation. Sa culture a une très faible consommation énergétique et poursuit une logique zéro déchet, grâce à une production en circuit fermé », a expliqué Gabriel Riboulet, fondateur de la start-up, avant de saluer l'accompagnement « incroyable » offert par le programme Tremplin.

« L'égalité des chances est l'une des priorités du Gouvernement. Elle est au cœur de notre modèle social et elle doit être au cœur de notre modèle économique. En permettant à celles et ceux qui n'ont pas forcément le réseau ni les moyens pour entreprendre, de se lancer et de croire en eux, on crée non seulement une société plus forte, mais également un écosystème tech plus performant. L'entrepreneuriat est le projet le plus inclusif que l'on puisse avoir », a conclu Cédric O.

De nombreuses pépites hébergées

Pour rappel, La Miel a pour mission d'apporter les outils nécessaires (accompagnement personnalisé, formations pour le business plan, atelier d'information, permanences individuelles avec des experts juridiques/comptables, bureaux ou ateliers …) à la création et au développement des très petites entreprises du territoire de Plaine Commune, en Seine-et-Saint-Denis. Elle gère notamment la Pépinière de la Courneuve, une structure d'hébergement et d'appui aux « jeunes entreprises à fort potentiel », âgée de moins de trois ans, tout secteur d'activité confondu. Depuis son inauguration, cette structure a accompagné plus de 300 entreprises et start-ups. Le taux de pérennité moyen à trois ans des entreprises hébergées de 85 %, alors que la moyenne nationale se situe à 63 %.

En attendant l'arrivée des ministres, Mauna Traikia, chargée du numérique à l'EPT Plaine Commune, a salué lors d'une visite le dynamisme des porteurs de projets du territoire, qui sont parvenus malgré la crise sanitaire à lever près de 4 millions d'euros de prêt à taux zéro en 2020, générant quelque 600 emplois.


Taig Khris (à gauche), entrepreneur représentant la French Tech, a animé les échanges lors de la présentation des lauréats.©A.P.

« Nous avons observé une accélération de la digitalisation des entreprises durant cette crise. Cette réaction positive est un message porteur d'espoir pour tous les créateurs d'entreprises. Nous sommes très fiers, la France de demain se passe ici », s'est-t-elle réjouie, ajoutant qu'il s'agissait d'un des territoires qui abritait le plus de création d'entreprises en France.

Parmi ces pépites, l'élue a notamment félicité les créatrices de Paris Frip, deux sœurs ayant décidé il y a un an de faire de leur passion pour les vêtements de seconde main un business. « Nous vendons des vêtements qui restent contemporains, et ce, à un prix juste », ont expliqué les deux créatrices d'entreprises.

« L'ESS fait justement partie de notre stratégie de territoire », a ajouté Mauna Traikia.

Avec quelque 25 millions d'euros générés durant la crise sanitaire, l'entreprise Wagence, spécialisée dans le référencement et le marketing digital, n'est pas passée inaperçue. En deux ans et demi, son équipe a triplé et trois nouveaux collaborateurs devraient la rejoindre très bientôt. « Notre objectif, c'est d'accompagner les entreprises qui n'ont pas encore entamé leur transition digitale, grâce aux outils utilisés par les grandes agences parisiennes, que nous réunissons ». La start-up affiche également un taux de retour de 5, 2 : pour un euro dépensé, ses clients en génèrent 5,2. Les besoins en matière digitale étant toujours plus importants, surtout depuis la crise sanitaire, nul doute que le succès continuera d'être au rendez-vous.

Certaines pépites hébergées à La Miel sont aussi uniques en leur genre, à l'instar de Targ'Ethnic, l'agence leader du marketing éthique et multiculturel en France. Sa mission ? Regrouper toutes les expertises complémentaires afin de rendre les promotions et les messages de leurs clients impactant auprès des différentes diasporas ou communautés résidant en France.

« Nous travaillons avec les deux plus grandes entreprises des télécommunications en France. Elles n'ont pas coupé les budgets durant la crise, ce qui fait que nous n'avons pas trop souffert », ont témoigné les fondateurs, qui ont décidé de se lancer il y quatre ans, après avoir décelé des opportunités sur ce segment marketing.

Une autre pépite s'est spécialisée dans la personnalisation de sachets de thés bios, la start-up Le Beau Thé. Dans son atelier, au sein duquel l'équipe commence à se trouver à l'étroit, quelque 30 000 sachets 100 % bio sont fabriqués à la main chaque semaine. Son avantage commercial ? La possibilité de personnaliser des sachets de thé à la demande, en petites séries, avec des logos, des messages, des visuels, pour les entreprises et les particuliers. Ses créateurs, Marcellin Pelhate et Thuy Vy Do Huynh, sont engagés dans le zéro plastique, à la fois pour les emballages et le thé. Ils sont distribués dans des boutiques de luxe : Le Bon Marché, Galeries Lafayette, Harrods, Le Meurice, Printemps, Harvey Nichols...

« Nous travaillons notamment lors des mariages, ce qui reste pratique pour se faire connaître. Nous aurons besoin à court terme de plus de force de travail, ce qui n'est pas un problème à la Cité des 4000, où il n'est pas rare de trouver des personnes actuellement sans emploi qui savent coudre », a notamment expliqué Marcellin Pelhate. Finalement, pour Le Beau Thé, la crise sanitaire a plus représenté une « opportunité » ou en tout cas un booster, qu'un réel frein. Des efforts récompensés dernièrement : Le Beau Thé a été désigné lauréate du concours 20e concours Talents des cités en Île-de-France.

Tous les entrepreneurs ont quoi qu'il en soit salué les possibilités d'échanger avec leurs pairs au sein de la pépinière, ainsi que l'accompagnement offert par La Miel. Un système d'échanges avec une monnaie interne permet notamment aux entreprises de générer de l'activité entre elles.

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