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Franck Parker : « Exco est fertiliseur d'entreprises »

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Franck Parker : « Exco est fertiliseur d'entreprises »

Franck Parker est le directeur général d'Exco, un réseau d'experts-comptables international, au sixième rang de la profession, après les “big four” et Mazars. Pour lui, la proximité, l'accompagnement, la transformation digitale et l'écosystème des start-up sont aujourd'hui les clés du développement.

Affiches Parisiennes : Pouvez-vous présenter le réseau Exco ?

Franck Parker : Le réseau Exco, c'est aujourd'hui 137 cabinets et 2 500 collaborateurs déployés dans 16 pays. Nous sommes centrés sur cinq grands métiers, de l'audit à l'expertise-comptable, en passant par le juridique et fiscal, le social et le conseil, avec comme particularité notre positionnement à la fois en France, métropole et outre-mer, et sur l'ensemble des pays d'Afrique francophone. Depuis une dizaine d'années, nous sommes également représentants et membres de Kreston International, le 11e réseau mondial d'audit et d'expertise-comptable. Ce dernier est pour nous un outil de développement et d'accompagnement de nos clients à l'étranger.

En France, nous arrivons au sixième rang de la profession, après les “big four” et Mazars, avec un maillage important du territoire national. Dans notre ADN, nous sommes dans cette logique de fertilisation des territoires, illustrée par notre nouveau slogan “fertiliseur d'entreprises”. Nous jouons un rôle assez moteur dans la croissance des entreprises en régions et au-delà, la croissance des territoires. Cette ambition se traduit par beaucoup de proximité et l'implication de nos managers dans la vie de la cité.

A.-P. : Comment s'organise le réseau Exco ?

F. P. : Depuis l'origine, nous sommes un réseau au sens déontologique du terme, avec des caractéristiques d'identité assez fortes, puisque l'ensemble des cabinets exerce sous la bannière “Exco”. Notre réseau est une holding inversée. Ce sont les régions qui détiennent le siège. Sur le plan juridique, nos 23 cabinets sont présents sur 137 sites. Ces 23 régions et leurs associés personnes physiques, chefs d'entreprise, détiennent donc le siège, avec notre volonté d'être un acteur important des territoires et de leur développement. Au-delà de la posture, cette organisation interne permet une présence importante auprès des entités de gouvernance des territoires (CCI, établissements financiers…). Voilà l'un des axes que nous privilégions. C'est pour nous un marqueur de différenciation.

A.-P. : Ce positionnement remonte-t-il à l'origine du réseau ?

F. P. : Le réseau Exco a plus de 40 ans. Néanmoins, depuis 2002, il est dans sa configuration actuelle. Durant ces 15 dernières années, nous avons vécu une phase de croissance avec le maillage du territoire national. Le réseau est structuré autour de cabinets localement puissants, sans disproportion Paris-province. Outre la capitale, nous comptons parmi les acteurs majeurs dans chacune des grandes villes dans lesquelles nous sommes positionnés. Notre stratégie de maillage territorial vise à accompagner au plus près nos clients, où qu'ils se trouvent, par opposition à des structures ultra-centralisées ou à des pure players du digital qui se cantonnent à une relation dématérialisée.

Nous sommes dans la logique d'une relation physique de proximité, quasi systématiquement à moins d'une heure d'un bureau Exco, quelle que soit sa position sur le territoire. Au cœur de l'actuelle disruption, nous pensons que cette relation humaine directe constitue un lien extrêmement fort. Ce positionnement n'a pas empêché l'ensemble des cabinets du réseau d'entamer une profonde mutation depuis deux ans.

Dans nos métiers de gestion de flux, le digital facilite les choses, les accélère et les rend plus pertinentes, y compris pour nos clients. Le troisième volet de notre action après la proximité et le digital, concerne la capacité de nos associés à faire bénéficier les clients de leur écosystème‌ – financeurs locaux, banquiers, avocats, voire d'autres entreprises. Par exemple, nous recevons fréquemment des start-up qui reviennent vers nous en délaissant le tout “on line” quand elles entrent dans une phase de maturation et de croissance.

A.-P. : Votre réseau territorial est-il toujours ouvert ?

F. P. : Nous opérons un maillage du territoire le plus complet possible. Nous avons encore des zones d'ombre en Normandie et aux alentours de Tours et d'Orléans, même si ces territoires ne sont pas inaccessibles pour nous. Voilà les seuls secteurs français où le réseau reste ouvert. Sur Paris, nous sommes dans une logique de spécialisation. Nous avons aujourd'hui trois cabinets dans la capitale qui travaillent sous une enseigne commune, Exco Paris, sans volonté de s'imposer sur un marché concurrentiel avec un effet volume, mais plutôt à travers une logique d'expertise. Clairement, chaque fois que nous rencontrons un cabinet parisien hyper spécialisé, nous pouvons entamer la discussion en vue d'une éventuelle intégration au réseau.

A.-P. : Que pensez-vous du projet de spécialisation des cabinets porté par Charles-René Tandé, le président du Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables ?

F. P. : Exco est, par essence, un réseau de cabinets pluridisciplinaires. La spécialisation métier n'est donc pas dans notre ADN. Au-delà, nous réfléchissons, notamment dans le cadre de notre partenariat avec Eurojuris, à élargir notre capacité de conseil aux clients, mais toujours à travers cette approche pluridisciplinaire. En revanche, nous croyons à la spécialisation sectorielle. Il y a deux ou trois ans, nous avons fait le pari de nous spécialiser dans le domaine de la santé. Cette option nous a permis de répondre à des appels d'offres en matière de commissariat aux comptes sur les CHU français. Depuis, nous avons réussi à remporter 25 de ces appels d'offres, chose impossible sans une hyper spécialité sectorielle.

Nous continuons donc sur cette voie du multisectoriel avec le secteur automobile – concessionnaires, agents, garages… – qui, comme nous, suit une logique territoriale. Nous sommes ainsi partenaires officiels des grands constructeurs français que sont Renault, Peugeot et Citroën.

A.-P. : Vous êtes vous-même expert-comptable ?

F. P. : Non. J'ai été auditeur pendant 12 ans chez Arthur Andersen. En 2002, au moment de l'affaire Enron, l'entreprise a disparu et j'ai fait le pari d'accompagner un réseau franco-français dans son développement. J'avais 35 ans à l'époque et j'ai pris la direction générale de cet ensemble.

A.-P. : Comment est organisée la gouvernance du réseau ?

F. P. : Il y a donc 23 cabinets – l'Afrique compte pour un, même si Exco intervient dans 15 pays d'Afrique francophone. Un représentant de chaque cabinet est membre du comité de direction, l'entité décisionnelle de notre organisation. Ce comité se réunit à Paris tous les deux mois pour prendre les décisions de gouvernance du groupe. Un cabinet – une voix, indépendamment de leur taille.

A.-P. : Quelle est votre spécificité par rapport à d'autres réseaux ?

F. P. : Vous connaissez l'échiquier de la profession. En France, 90 % des 20 000 experts-comptables sont installés en individuel. Seuls 10 % sont donc organisés en entreprise. Ces dernières revêtent un certain nombre de formes : des associations ou des groupements, des réseaux comme le nôtre, moins nombreux, et les entreprises intégrées, comme les big four. Les associations ou groupements sont souvent dans une logique de partage de moyens, alors qu'un réseau comme le nôtre est délibérément dans une logique de stratégie et de développement communs. Nous sommes extrêmement cohérents vis-à-vis du marché.

Que recherche le client ? Une signature crédible, des intervenants dynamiques, une qualité de service équivalente quel que soit le cabinet… Pour atteindre cette expertise, nous formons nos recrues à la culture d'entreprise à travers des stages d'intégration. La vie en réseau passe également par beaucoup de travail sur les méthodes et sur les contrôles qualité. C'est sans doute ce qui nous différencie des associations ou des groupements.

Avec les bigs, les choses sont différentes. Ces acteurs de la profession sont représentants d'une marque internationale sur le territoire français, sans pour autant avoir une indépendance de décision comme l'a le réseau Exco. Kreston International ne nous impose absolument rien et surtout pas le fameux “one firm, one country”. Nous restons totalement maîtres de notre destin.

A.-P. : Comment vous positionnez-vous par rapport à l'expertise-comptable en ligne ?

F. P. : Chez nous, la transformation digitale est large. Nous l'avons entamée depuis deux ans. Elle est technologique, naturellement, mais elle est également humaine. Nous faisons en sorte que cette mutation ne brutalise pas le quotidien de nos collaborateurs. Nous avons travaillé sur l'ensemble de nos métiers, notamment l'audit et l'expertise-comptable – 90 % du chiffre d'affaires du réseau Exco –, et nous sommes à présent en vitesse de croisière en termes de développement digital.

Pour l'audit, nous avons opté pour une solution canadienne de gestion des dossiers en mode SaaS. Pour l'expertise-comptable, nous avons investi aux côtés d'une start-up, Teogest. Elle nous a permis de co-construire une solution qui nous semble répondre exactement aux besoins de nos clients. Nous avons donc aujourd'hui une solution de comptabilité en ligne, en mode SaaS, “Exco Digital”, avec différents modules – budget, tableaux de bord, restitution d'informations comptables…

Exco Digital est donc un triptyque : une plateforme digitale en mode SaaS, un collaborateur dédié au client, physiquement, et un écosystème du cabinet local ouvert au client.

A.-P. : Pratiquez-vous des tarifs plus avantageux pour les TPE ?

F. P. : Délibérément, nous ne concourons pas sur terrain du low cost si c'est ça votre question. Notre promesse n'est pas uniquement de la dématérialisation et de la digitalisation des process. C'est aussi le conseil de proximité et l'accès à un écosystème qui facilite le business. Il n'y a aucune raison pour que ce triptyque soit facteur de diminution de nos honoraires. Au contraire, nous enrichissons nos prestations avec cette transformation digitale et nos clients le comprennent très bien. Nous sommes fertiliseurs d'entreprise. C'est notre signature.

A.-P. : Êtes-vous impliqués dans le monde des start-up ?

F. P. : C'est naturellement un univers en pleine effervescence. La plupart des cabinets d'expertise-comptable se positionnent sur ce secteur en développement, mais ce n'est pas suffisant. L'implication et l'investissement sont nécessaires. Exco a décidé d'investir dans ce monde des start-up. Nous avons pris contact avec tous les incubateurs, les pépinières d'entreprises, les espaces de coworking… en France comme à l'international. Nous nous immergeons dans ces tiers-lieux, en investissant dans un espace et en mettant un collaborateur à disposition.

Nous le faisons, par exemple, chez WeWork, à Paris. Nous prenons gratuitement en charge l'animation. Nous organisons notamment des afterworks pour aborder des sujets en lien avec la gestion d'une entreprise. Nous proposons, par ailleurs, une offre parfaitement adaptée au tiers-lieu dans lequel nous sommes implantés, y compris sur le plan tarifaire. Là encore, nous sommes des fertiliseurs d'entreprises et de territoires. Nous investissons sur l'avenir en espérant que les start-up que nous accompagnons sont de futures licornes.

A.-P. : Où en êtes-vous en matière d'interprofessionnalité ?

F. P. : Pour avancer sur ce sujet, nous avons décidé de nous mettre en résonance avec le réseau Eurojuris. Nous sommes en discussion avancées avec ses représentants, non pas dans une perspective de fusion, mais pour mettre en place des synergies, en région, où nos deux réseaux sont très homogènes. Nous avons également passé ensemble un partenariat avec WeWork pour assurer l'ensemble des prestations que je détaillais précédemment : une animation, une permanence, des tarifs privilégiés… Nous cherchons à présent à mettre place des actions communes, pertinentes et différenciantes.




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