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France Stratégie : sept questions pour penser un « après » soutenable

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France Stratégie : sept questions pour penser un « après » soutenable
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À l'heure où la reprise économique se fait progressivement, de même que la sortie de crise, l'avenir reste pavé d'inconnues. Afin de mieux s'y préparer, France Stratégie publie un livret de sept questions dont les réponses doivent permettre de mieux appréhender ce que sera la société de demain.

Institution autonome, placée auprès du Premier ministre, France Stratégie contribue, par ses propositions, à l'action publique et éclaire le débat. Elle réalise des études originales sur les grandes évolutions économiques et sociales, et les enjeux de soutenabilité.

A la fin de l'année dernière, France Stratégie a organisé un cycle de séminaires sur le thème des « soutenabilités » afin de réfléchir aux manières d'élaborer des politiques publiques sachant répondre aux diverses exigences dont le point commun est la volonté de laisser aux générations à venir un monde « soutenable ».

Le contexte de crise actuelle a ajouté de nouveaux besoins et de nouvelles attentes envers les politiques publiques. A ce titre, l'équipe en charge du projet « soutenabilités » a identifié sept domaines au sein desquels la crise a fait naître des réflexions sur les politiques publiques et sur le renouvèlement de leur approche. Un appel à contributions en ligne, structuré sur sept axes de réflexion, a été ouvert début avril par France Stratégie qui en a fait un livret, destiné à ouvrir le débat pour penser un « après » soutenable.

Ce livret est accompagné de sept notes d'introduction qui proposent de structurer le débat sur le long terme.

Les attentes à l'égard de la puissance publique face aux risques

Les priorités de l'action publique, la hiérarchisation des missions ou encore les arbitrages entre les logiques de coût, d'effectivité ou d'efficience, et de protection contre les risques ont été remodelés avec la crise, à l'origine de « l'état d'urgence sanitaire » restrictif de la liberté de circulation des citoyens.

France Stratégie ouvre le débat sur les missions d'anticipation, de prévention des risques et de régulation des acteurs à la sortie de la crise. De quoi l'État peut-il (vraiment) nous protéger, comment accroître l'adaptabilité et la résilience des services publics, que la puissance publique doit-elle nous garantir et comment peut-elle s'organiser pour le faire ? Autant de questions sujettes à un débat collectif.

Un modèle social pour « faire avec » nos vulnérabilités

Tous les individus ne sont pas tous touchés de la même manière par la pandémie et par le confinement, qui eu pour effet d'accroître les inégalités de revenu, d'éducation et de logement. Par exemple, les travailleurs « au front » pour lutter contre le coronavirus sont, de fait, plus vulnérables que ceux en télétravail. La vulnérabilité apparaît donc à la fois universelle et inégalitaire. L'écart qui s'est formé entre les métiers essentiels à la continuité de la vie sociale et leur position, pour la majorité en bas de l'échelle des salaires, est une invitation à repenser les priorités de la société et la valeur qu'elle accorde à ceux qui y répondent. C'est ici la question du modèle social français qui porte à débat.

Les interactions humains-nature

Le coronavirus compte parmi les 60 % de maladies infectieuses et parasitaires affectant l'espèce humaine ayant une origine animale et dont il n'est pas exclu que l'émergence puisse être liée à la pression qu'exercent les humains sur les écosystèmes et aux évolutions des modes de vie, dont les modes alimentaires, et des modes de production agricole. Avec les nombreux déplacements de population à travers le monde, et souvent dans de lointaines destinations, les transmissions de maladies peuvent créer des pandémies mondiales. En atteste la crise sanitaire mondiale actuelle. Pour mieux appréhender ces interactions et mieux se prémunir des risques, il est nécessaire de repenser les relations entre les humains et la « nature », en s'inspirant des approches systémiques de la santé.

Relations entre savoirs, pouvoirs et opinions

Pour maîtriser l'épidémie, les pouvoirs publics, tout comme les scientifiques, ont dû agir rapidement. Mais leur prise de conscience de l'ampleur du danger épidémique a été plus lente, soulevant l'incompréhension d'une partie de l'opinion publique. Les débats autour de la chloroquine en sont un exemple. Au regard de la difficile articulation entre les travaux de recherche, entre les comités scientifiques et les décideurs publics, il est opportun de s'interroge sur les liens entre décisions politiques, opinions publiques et savoirs scientifiques, à long comme à court terme. La place des sciences sociales et comportementales dans le processus décisionnel mérite également réflexion.

Les nouveaux usages et interrogations liés au numérique

Le confinement brutal a imposé à des millions de salariés ou d'indépendants de travailler à distance, développant de nouveaux modes d'organisation, de communication mais aussi de nouvelles formes de sociabilité. Toutefois, le numérique est aussi vecteur d'inégalités, qu'il s'agisse des compétences digitales, de l'équipement et des accès aux réseaux.

Si l'infrastructure numérique a tenu jusqu'ici, au sortir de la crise, il est judicieux de réexaminer sa capacité à porter des volumes d'activité considérablement accrus et à résister tan aux risques techniques qu'aux agressions délibérées. L'objectif étant de créer les conditions d'une réelle souveraineté numérique et de réévaluer la dépendance de la société aux grandes plateformes globalisées.

Par ailleurs, l'adoption éventuelle de techniques de suivi des personnes contaminées ou fragiles grâce à des applications mobile met au cœur des débats l'enjeu des libertés publiques.

Interdépendances et autonomie économiques à différentes échelles

L'unes des leçons à retenir de la pandémie actuelle est la fragilité des systèmes économiques, qui nous forcent à nous interroger sur notre dépendance stratégique à l'égard du reste du monde et sur celles du modèle mondialisé actuel. Malgré les nombreux élans de solidarité observés, l'apparition d'une « démondialisation » dans les années à venir n'est pas à exclure, notamment concernant les échanges de marchandises. Un processus qui conduit à re-questionner les notions de frontières et de souveraineté.

Quelle voie pour une économie soutenable ?

Enfin, s'agissant des entreprises et des mesures exceptionnelles de soutien prises dans l'urgence, un véritable plan de sortie de crise sera nécessaire lorsque le confinement sera levé et que l'activité économique reprendra. Celui-ci devra intégrer les préoccupations environnementales, et plus généralement de soutenabilité, et de questionner la cohérence des politiques d'investissement et d'innovation. Il s'agira par exemple d'éviter de subventionner à cette occasion l'achat de véhicules thermiques ou de conditionner le soutien aux activités carbonées au paiement d'un juste prix de leurs émissions de carbone.

Enfin, la sortie de crise sera l'occasion de s'interroger sur les modalités de financement des mesures de soutien et de transformation de l'économie, du rôle de la politique monétaire dans une perspective de justice et de soutenabilité et de l'articulation entre les différents échelons géographiques infranationaux, nationaux, européens et intergouvernementaux.




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