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Formation des commissaires aux comptes : une journée au Grand Rex

Digitalisation, automatisation, gain de temps, management… Une journée de formation des commissaires aux comptes (CAC) parisiens a eu lieu au Grand Rex, mettant l’accent sur un métier en mutation, entre technique et humain.
Formation des commissaires aux comptes : une journée au Grand Rex
© CRCC - Laurent Combalbert (à droite), ex-négociateur du RAID, avec le président de la CRCC Vincent Reynier.

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La compagnie régionale des commissaires aux comptes (CRCC) de Paris a organisé ce 5 juillet sa grande journée annuelle de formation, au Grand Rex. Alors que les métiers de tous secteurs sont soumis à de profonds changements ces dernières années, celui de commissaire aux comptes ne déroge pas à la règle. Ainsi, Vincent Reynier et Sabrina Cohen, respectivement président et vice-présidente de la CRCC, ont organisé avec leurs équipes un temps pour se former. Découvrir de nouveaux outils de travail et toujours proposer mieux aux clients, partenaires et collaborateurs, avec une expertise toujours plus poussée, étaient ainsi au cœur du rendez-vous.

Automatisation, digitalisation, RH, management, la CRCC a donc proposé un panel d’ateliers entre technique et formation humaine, les deux grands prismes de l’événement. Des ateliers permettant à la fois d’appréhender des outils et logiciels de gestion, mais aussi des travaux autour du management et de la RH (relations humaines). Une thématique double, renvoyant à la volonté de la mandature de mieux prévenir, accompagner, se former pour être exemplaire, pérenniser et développer.

Alteryx, VizNow, TaxMatch, nouveaux outils de performance

Améliorer les compétences techniques et managériales a donc été évoqué à l’occasion de deux grandes conférences, qui ont encadré les ateliers allant beaucoup plus loin dans l’exposé des outils et des techniques de management. Certains de ces moments de travail ont ainsi permis de découvrir plusieurs logiciels de gestion de la data, tels que VizNow ou TaxMatch. Un axe de progression pour la profession sur lequel sont revenus, en ouverture de la journée, deux intervenants. La conférence sur ces nouveaux outils a été animée par Vincent Reynier et Sabrina Cohen, avec en invités Jérémy Kaszewski et Florian Chabanon.

Le premier nommé, analyste financier pour Les Mousquetaires (groupe Intermarché), a ainsi décortiqué le logiciel utilisé par son enseigne. Et ses vertus. L’expert a évoqué la manière dont l’analyse des flux financiers a évolué, comme les relations avec les clients et collaborateurs. Cash-flows, fichiers Excel trop lourds, technique rébarbative, le financier s’est tourné, avec son entreprise, vers d’autres solutions, et le logiciel Alteryx. Jérémy Kaszewski estime que l’outil lui fait gagner près de… « 98% de mon temps de travail ». « Alors que je mettais deux semaines pour produire un cash-flow, Alteryx me permet de le faire désormais en 20 minutes ».

© CRCC

Automatisation et gestion de données

Le logiciel de gestion de l’information et de la data permet donc, comme ses semblables VizNow ou TaxMatch, d’optimiser son temps de travail, de production de la donnée comme du contrôle de son intégrité. Bref, de gagner en productivité ! Au cœur de ces logiciels, se trouve l’idée d’automatisation, et d’agilité. L’analyste indique qu’il utilise son outil de préparation de la donnée depuis un an, au quotidien et avec plaisir, et que celui-ci a permis une harmonisation dans le groupe. Pour en maîtriser les bases, c’est simple : une formation de 24 heures suffit pour appréhender l’essentiel de son fonctionnement.

Florian Chabanon, quant à lui, est le responsable administratif et financier d’un groupe de restauration. L’entreprise a eu une croissance très positive, passant d’une start-up à une PME d’une dizaine de restaurants, avec récemment une levée de fonds de 15 millions. Depuis un an, le responsable s’occupe de l’enjeu de la croissance du groupe. Une de ses problématiques est d’adapter les outils d’analyse financière pour accompagner de manière maîtrisée la croissance et la construction du groupe. A nouveau, il évalue que « l’automatisation est l’enjeu-clé dans la structuration de la fonction financière ». Avec Power BI, Florian Chabanon peut faire des actions comme le reporting d’exploitation en lien avec l’expert-comptable, optimiser ses process, et dispose d’un support visuel adapté à pour chacune des parties prenantes, en matière de fonctions financières et opérationnelles. L’aide à la prise de décision stratégique s’en trouve améliorée par tous ces biais.

Ces outils « peuvent aussi être des leviers de fidélisation des clients et collaborateurs », rappelle de plus Sabrina Cohen, quand Vincent Reynier indique lui que la formation des CAC est primordiale, alors que « les données, datas et systèmes d’informations sont prépondérants aujourd’hui ». Pour conclure, Jérémy Kaszewski rappelle que le commissaire aux comptes produit la management letter, sorte de feuille de route pour les dirigeants qui permet d'avoir en tête les déficiences de contrôle interne identifiées lors de l'audit. Et qui permet ainsi la mise en place de plans d'actions pour pallier ces lacunes. De quoi amener une vision plus large du métier, complétée de manière inédite par l’intervention du dernier invité de la journée...

Un ex-négociateur du RAID pour parler d’agilité collective

L’après-midi de formation s’est achevé avec une conférence dont le sujet pouvait sembler très éloigné de la profession. Ancien officier du RAID et négociateur numéro 2 du célèbre groupe d’intervention, Laurent Combalbert est venu parler d’esprit d’équipe et d’agilité collective, mais aussi de négociation et de gestion de crise. Un éclairage intéressant, où les thématiques et compétences évoquées ont passionné l’assemblée. L’ex-policier a ainsi raconté son parcours, de jeune étudiant à Sciences Po et officier de police à négociateur principal du RAID. Pour lui, les clefs de son métier étaient le rapport de force, un enjeu commun, et la notion de confiance, ciment de toute équipe, selon Laurent Combalbert. Il a expliqué qu’elle renvoie à 5 leviers essentiels : confiance hiérarchique, en soi, dans l’équipe, dans la mission et dans l’histoire. Le but de tout cela est d’éliminer l’incertitude, et le complexe, avec le facteur humain, car le danger de son ancien métier résidait dans les interprétations hâtives. L’ex-négociateur a ensuite appuyé sur le fait qu’un point essentiel dans une équipe est de passer de la méconnaissance de l’autre à la reconnaissance, en apprenant plus en avant ce qui constitue le corps de métier du collègue, collaborateur, et donc client par extension. Pour ce qui est de la confiance dans le chef d’équipe, Laurent Combalbert a exposé la théorie des quatre D, « droit au désaccord, devoir de discipline ». Soit la possibilité de discuter et de contredire, tout en devant se plier à la décision finale après l’échange. Pour lui, le désaccord permet d’avancer. Et aussi d’éliminer cette fameuse incertitude, qui existe dans tous les métiers. « Le monde appartient aux optimistes, les pessimistes ne sont que des spectateurs », a conclu l’ancien policier, citant l’homme politique François Guizot. Une maxime intéressante à observer, que l’on soit négociateur avec des preneurs d’otage, ou commissaires aux comptes.

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