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Formation continue des avocats : les nouveaux ateliers de l'EFB

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Formation continue des avocats : les nouveaux ateliers de l'EFB
© A.P. - Pierre Berlioz, directeur de l'EFB.

Pierre Berlioz, le directeur de l'École de formation professionnelle des barreaux de la cour d'appel de Paris (EFB) présente le programme 2019 des nouveaux ateliers de formation continue des avocats lancés les 14 et 15 décembre derniers.

Affiches Parisiennes : L'EFB lance cette année des ateliers de formation continue. Pouvez-vous en présenter le programme ?

Pierre Berlioz : D'après la loi de 1971 et son décret, la mission d'une école d'avocats est non seulement d'assurer la formation initiale, mais aussi la formation continue des avocats. Les textes l'énoncent expressément et le CNB l'a rappelé dans la décision à caractère normatif publiée au Journal officiel en fin d'année dernière. Cette DCN en simplifie et en améliore les modalités. L'EFB assume donc pleinement cette mission en mettant en place de nouveaux ateliers. Le pilote de cette formation continue s'est déroulé les 14 et 15 décembre derniers. Nous avons organisé 16 ateliers de quatre heures, sur une journée et demie.

Chaque atelier commence généralement par un exposé de l'intervenant, livrant les éléments fondamentaux de la thématique traitée. Il est suivi par une partie pratique au cours de laquelle les participants travaillent sur les différents objets présentés : rédaction d'acte, modification de clauses contractuelles, adaptation du contentieux à une nouvelle donne, traduction des réformes dans le droit positif... Les avocats peuvent ainsi développer leurs compétences en sortant de ces ateliers avec des éléments concrets qu'ils mettent immédiatement en pratique dans leur exercice quotidien.

Notre objectif est d'avoir idéalement 20 à 25 participants par atelier. Nous voulons vraiment être dans l'interactivité avec les intervenants. Notre session de décembre a montré que ces derniers sont très sollicités par un dialogue permanent avec la salle.

A.-P. : Quels ont été les principaux thèmes abordés lors de ces premiers ateliers ?

P. B. : Cette première session a été consacrée à une rétrospective 2018 et à une prospective 2019. Nous avons sélectionné 16 thématiques pour lesquelles l'actualité en matière législative ou jurisprudentielle a été riche et qu'il convient de traduire concrètement dans la pratique quotidienne.

Ce type de sessions va être décliné cette année à travers un catalogue de formations étoffé dans les différentes matières du droit et, au-delà, dans des domaines comme le numérique, la gestion du cabinet, la gestion des ressources humaines... Ce catalogue a vocation à satisfaire la demande et à fournir aux avocats une formation continue de qualité et peu onéreuse.

A.-P. : Ces ateliers sont donc payants ?

P. B. : Oui, ces formations sont payantes, mais les tarifs sont établis en fonction du budget formation dont dispose chaque avocat grâce au FIF PL. Ce Fonds interprofessionnel de formation des professionnels libéraux est encore mal connu par la profession. Il faut savoir que les avocats cotisent pour leur formation à travers leurs versements Urssaf. Une partie de ces sommes est reversée au FIF PL qui finance des formations. Le fonds peut donc rembourser aux avocats leurs frais d'inscription, dans la limite d'un plafond de 300 euros par jour. Le budget annuel de formation d'un avocat, ouvrant droit à remboursement, est actuellement de 900 euros.
Le coût de nos ateliers de décembre était de 150 euros la demi-journée de 4 heures, de 280 euros la journée et de 400 euros la journée et demie, soit 12 heures de formation par session. Les avocats peuvent donc être remboursés intégralement de ces frais d'inscription. Ils font uniquement l'avance de trésorerie.

Ce crédit formation continue de 900 euros par an permet à chaque avocat d'accéder à des formations de qualité. Il faut que les avocats l'utilisent pleinement.

« Les avocats doivent utiliser leurs crédits FIF PL pour financer leur formation continue. »

A.-P. : Ces ateliers ne viennent-ils pas concurrencer Campus ?

P. B. : Nous consentons chaque année beaucoup d'efforts pour l'organisation de Campus et nous entendons continuer à le faire. Nos ateliers ne constituent nullement une concurrence à cet événement qui rassemble la profession début juillet. Les formats sont différents, tant dans la durée que dans la méthode, plus approfondie, plus pratique, et le nombre de participants.. Ce sont vraiment des formations qui ont des perspctives différentes, et sont à ce titre complémentaires.
Et puis, soyons clairs, 28 000 avocats à Paris, à raison de 20 heures de formation obligatoires par avocat, cela représente 560 000 heures. Je pense donc qu'il y a de la place à la fois pour Campus et pour les ateliers de l'EFB.

A.-P. : Comment les intervenants sont-ils sélectionnés ?

P. B. : Nos intervenants sont des avocats, des universitaires, et d'autres professions du droit : ainsi en décembre nous avions un notaire sur les questions familiales, une Data Protection Officer sur la formation RGPD... Certains ont directement participé aux travaux des réformes qu'ils abordent. Ils ont donc une pratique très concrète de la matière qu'ils présentent.

A.-P. : Avez-vous établi un calendrier des ateliers organisés cette année ?

P. B. : Notre objectif est de répartir les ateliers tout au long de l'année, de façon à permettre aux avocats de se former de manière récurrente. Nous allons progressivement monter en puissance pour que ces ateliers de l'EFB puissent devenir un réflexe pour les avocats.
A terme, une dizaine d'ateliers devrait programmée chaque mois. L'éventail des thèmes abordés est très vaste, de la propriété intellectuelle à l'immobilier, des baux commerciaux au droit de la famille, du droit des sociétés à la compliance, au RGPD... avec une diversité d'intervenants pour apporter des visions et des pratiques différentes.
Nous élaborons une grande partie du contenu de ces formations en partenariat avec des institutions et des associations professionnelles qui nous apportent leur expertise. Nous travaillons ainsi avec l'association des avocats mandataires en transactions immobilières, avec l'IRPI – Institut de recherche en propriété intellectuelle –, l'AFJE – Association française des juristes d'entreprise –, le Cercle Montesquieu, l'AFA – Agence française anticorruption –, la FNAIM – Fédération nationale de l'immobilier –...
Nous collaborons également avec l'ENM – Ecole nationale de la magistrature –, notamment à travers la formation continue commune évoquée lors du dernier Grenelle sur le droit de l'entreprise. L'idée est de travailler avec des partenaires qui nous apportent leur connaissance du secteur pour avoir l'offre la plus complète qui soit, et toujours dans une perspective pratique.

« La réforme de la formation initiale doit conduire les écoles d'avocats à travailler plus étroitement avec les universités. »

A.-P. : La formation continue de l'EFB pourrait-elle se développer sur le e-learning ?

P. B. : Nous allons naturellement multiplier les outils de formation à distance. Nous travaillons actuellement sur une stratégie d'e-learning avec du contenu multimédia et des présentations en images, des tutoriels, des vidéos... J'ai initié une formation interne à l'EFB pour que nous maîtrisions rapidement la conception de ce type de modules. Nous voulons élaborer des formats interactifs et attractifs pour que notre e-learning soit à la fois percutant et facile d'utilisation.

Formation initiale : la réforme du CNB

Une proposition cadre a été votée dernièrement au CNB concernant la refonte de la formation initiale. Au nombre des axes de réforme, le Conseil national des barreaux propose une nouvelle répartition des trois périodes : soit quatre mois de cours pour une durée de 270 heures, deux mois de PPI – projet pédagogique individuel – et six mois de stages ; soit deux mois de PPI et dix mois de stages en alternance, avec mission aux écoles de s'organiser pour répartir les 270 heures de cours sur ces dix mois. Autre nouveauté, le niveau de recrutement passe du Master 1 au Master 2.
En l'état, la Chancellerie n'a pas encore réagi à ces propositions de réforme qui, si elles étaient adoptées, nécessiteraient une modification du décret, voire de la loi.
Comme le souligne Pierre Berlioz, « puisque l'objectif du CNB est de réduire l'enseignement à quatre mois de cours, ce qui est assez limité, cette réforme doit conduire les écoles de formation des avocats à travailler plus étroitement avec les universités. Comme nous l'avons dit au dernier Grenelle, avec l'examen d'entrée à l'issue du Master 2, nous devons développer des modules de formation sur la déontologie et la pratique professionnelle propre à ce métier pour qu'ils soient dispensés en amont aux étudiants, en vue de leur future entrée en école d'avocats.
L'idéal serait même de développer un cursus de formation aux métiers du droit dès les premières années d'université, pour faire connaître leur diversité, leurs points communs et permettre une meilleure orientation. »




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