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Formation : Assas anticipe l'impact des nouvelles technologies sur le droit

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Formation : Assas anticipe l'impact des nouvelles technologies sur le droit
© DR - Gibran Freitas

Le monde universitaire est aussi bouleversé par les transformations technologiques actuelles. Certaines universités sont parvenues à se saisir du phénomène et à s'adapter rapidement. Gibran Freitas est étudiant en Master 2 de Droit des technologies numériques et Société de l'information à l'Université de Nanterre. Il fait également partie de la première promotion du diplôme universitaire (D.U.) Transformation digitale du droit et Legaltech de l'Université Panthéon-Assas, co-dirigé par Bruno Deffains et Stéphane Baller. Il nous raconte son expérience au sein de l'unique formation dédiée aux legaltechs.

Affiches Parisiennes : Pourquoi vous êtes vous tourné vers le D.U. Transformation digitale du droit et Legaltech ?

Gibran Freitas : J'étais dans le D.U. de Droit et Informatique de Paris 1, et, lors d'un de nos cours, Bruno Deffains est venu présenter son futur diplôme universitaire. J'ai alors posé ma candidature car ce sont deux formations complémentaires. Ce que l'on voit aujourd'hui à Paris 2, on ne le voit nulle part ailleurs.

A.-P. : Les cours sont-ils professionnalisants ?

G.F. : Oui, tout à fait. A Nanterre, je fais du droit des technologies numériques. Je dirais qu'à Assas, on étudie davantage les nouvelles technologies appliquées au droit et toutes les applications des nouvelles technologies par rapport au droit. Nous avons des cours de gestion de projet, de marketing, de business, d'économie et quelques cours de droit de la consommation et de cybersécurité.

Concrètement, cette formation représente à peu près six heures par semaine de cours, le lundi et le vendredi, de 18 h à 21 h en général. Les cours se déroulent au Centre Desgoffes ou dans les locaux d'EY Société d'avocats, Stéphane Baller étant codirecteur du diplôme et associé EY. Nous rencontrons beaucoup de professionnels, surtout du monde des affaires, du conseil, et des e-technologies.

A.-P. : Le D.U. est ouvert aux professionnels du droit et du numérique. Cette première promotion est-ellecomposée de profils divers ?

G.F. : Oui, nous avons un avocat associé, quelques juristes, quatre élèves-avocats et des étudiants dans la promotion. Nous avons organisé une table ronde sur la transformation numérique des cabinets d'avocats à l'Ecole normale supérieure, avec pour objectif d'intéresser les ingénieurs. C'est le grand enjeu pour le diplôme en ce moment. Les directeurs espèrent intégrer des ingénieurs l'année prochaine.

A.-P. : Avez-vous l'occasion de beaucoup échanger, entre étudiants et professionnels de la promotion ?

G.F. : Oui, on voit plus facilement les besoins de ces professions. Pour le moment, les activités liées à la transformation numérique consistent surtout en l'accompagnement des professions. Il y a évidemment plusieurs niveaux de maturité sur la question, et ça permet justement de former beaucoup de personnes rapidement, avec des transferts d'expérience et de compétences. Il y a toujours cette question de transmission de savoir et de partage.

A.-P. : Vous avez d'ailleurs un statut hybride, puisque vous êtes étudiant, mais aussi cofondateur de Legal Tech Africa. Pouvez-vous nous en dire plus ?

G.F. : Je mène le programme Legal Tech Africa avec des cofondateurs en Afrique et en France. Ce n'est pas une start-up pour le moment, nous n'avons pas encore fixé la forme que ce projet va prendre. C'est surtout Seraphin (Seraphin.legal) qui porte l'initiative, pour l'instant. Nous sommes en partenariat avec beaucoup de start-up, essentiellement des start-up françaises présentes en Afrique, mais également avec des entreprises africaines. L'objectif est de participer au développement de l'accès au droit et l'entrepreneuriat en Afrique, grâce aux nouvelles technologies.

A.-P. : Vous avez également un projet à préparer durant l'année, en équipe. En quoi consiste cet exercice ?

G.F. : Plusieurs projets sont actuellement en cours réalisation. Par exemple, un juriste porte le projet de transformation digitale de sa direction juridique, un élève est en train de créer une plateforme de mise en relation des avocats et des stagiaires. Tous les projets seront présentés en juillet. Je travaille avec un acheteur public du D.U., qui doit se préparer à une obligation de dématérialisation des procédures d'ici octobre 2018. Je travaille aussi énormément sur Legal Tech Africa, donc je vais également essayer de pitcher ce projet.

A.-P. : L'Université Panthéon-Assas a-t-elle bien appréhendé les enjeux de la transformation digitale ?

G.F. : Oui, c'est le premier diplôme au monde en legaltech, à notre connaissance. Il y a d'autres formations annexes à l'étranger, mais c'est la première formation diplômante.

A.-P. : Que voulez-vous faire de votre diplôme universitaire ?

G.F. : Quand on fait ce type de parcours, un diplôme n'est pas essentiel car il s'agit plus d'entrepreneuriat. Mais il est important d'être dans une communauté de personnes qui partagent les mêmes intérêts. Il y a aussi un besoin de reconnaissance de la discipline.

A.-P. : Vous êtes Président d'Assas Future of Law, pouvez-vous nous parler de vos attentes pour cetteassociation.

G.F. : On a tout de suite constaté le grand intérêt de créer une association pour, par exemple, organiser des événements comme celui de l'ENS, et faire en sorte qu'il y ait une reconnaissance des étudiants au-delà du diplôme. Je pense que ce ne sera pas une association de diplôme ordinaire, l'objectif étant vraiment de rassembler des « têtes pensantes » sur le sujet et de créer du contenu. On met l'accent sur le fond scientifique, sur la vidéo et sur les contenus audio, en essayant d'être innovants.

Je pense que d'ici l'année prochaine beaucoup de diplômes en legaltech risquent de voir le jour à Paris, parce qu'il y a un vrai besoin. Il y a deux mois, nous avions déjà plus de 130 candidatures pour le diplôme d'Assas. Notre association pourra contribuer à comprendre ce besoin.

A.-P. : Le D.U. ne propose pas, pour le moment, de cours d'informatique ou de code. Faut-il avoir des compétences informatiques pour intégrer ce cursus ?

G.F. : Non, mais il faut un très grand intérêt, et beaucoup de curiosité.




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