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Fondation Concorde : stimuler l'épargne en sortie de crise et dans un environnement de taux bas

A l'occasion de la parution de sa nouvelle note « Epargne, taux bas et pandémie », la Fondation Concorde, Think Tank dédié à la croissance, la compétitivité et l'emploi, a organisé, le 27 mai dernier, un webinaire afin de présenter ses propositions pour mettre l'épargne des Français au service de la croissance et du pouvoir d'achat.
Fondation Concorde : stimuler l'épargne en sortie de crise et dans un environnement de taux bas

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Modérée par Thimotée Waxin, cette visioconférence a réuni Michel Rousseau, président de la Fondation Concorde, Christian De Boissieu, président du Conseil scientifique de la Fondation, et Mathias Baccino, coordinateur de la note. Celle-ci a mis en lumière le taux particulièrement élevé d'épargne des Français, qui reste trop peu investie dans l'économie productive, alors même que les entreprises ont besoin de fonds propres, en cette période de sortie de crise. Malgré les réticences des épargnants à investir et l'installation, qui semble durable, d'un environnement de taux bas, des solutions existent pour stimuler l'épargne et proposer aux Français, qui restent en recherche de rendements, des placements sans risques, comme l'assurance-vie.

Epargne record faiblement investie dans l'économie productive

Les Français ont un taux d'épargne annuel particulièrement élevé, qui atteignait 18,8 % de leur revenu disponible brut à la fin du 3ème trimestre 2020. En cause, un manque de confiance et un pessimisme dans l'avenir, un environnement de taux d'intérêt historiquement et durablement bas entrainant une augmentation des flux d'épargne des ménages afin de maintenir un pouvoir d'achat constant, et des mesures de soutien du pouvoir d'achat, consécutives au mouvement des « gilets jaunes ». Selon la Banque de France, la consommation devrait progressivement s'améliorer en 2021. L'enjeu résidera donc en la transformation de cette épargne cumulée en consommation, génératrice de croissance à court terme, et en investissement, générateur de croissance à moyen et long terme.

Si l'épargne est abondante, elle reste insuffisamment investie dans l'économie productive (PME et fonds territoriaux). En cause, la préférence des Français pour des placements financiers essentiellement concentrés sur des supports liquides et peu risqués qui s'explique par des lacunes en l'éducation financière, une fiscalité inappropriée et trop complexe et une véritable aversion au risque. Autre facteur en cause, l'environnement de taux bas, qui résultent des politiques monétaires des banques centrales visant à soutenir l'inflation et l'économie, pénalise l'épargne des Français.

Les entreprises veulent des fonds propres, les épargnants du rendement

Conséquence de la crise, les entreprises, et notamment les plus petites, ont subi des pertes d'activité très importantes et ont besoin de fonds propres pour rebondir. Pour la Fondation, stopper la désindustrialisation de la France doit être la priorité économique numéro 1. Par ailleurs, si plusieurs outils ont été mis en place ces dernières années pour améliorer le financement des PME et ETI, leur développement reste limité et, au total, 7 milliards d'euros ont été directement investis dans ces dernières, à rapporter aux 3 629,6 milliards d'euros placés sur les produits de taux à la fin du troisième trimestre 2020. Pourtant, les fonds propres constituent une garantie pour les tiers, en renforçant la confiance dans la solvabilité de l'entreprise, en accompagnant la transformation des PME en ETI qui reste encore insuffisante en France, et en permettant le développement d'un actionnariat national, essentiel à la souveraineté économique de la France.

Parallèlement, bien que peu friands des placements financiers, les Français sont toujours en quête de rendement. Selon une étude de l'AMF de décembre 2020, les épargnants attendent un rendement annuel de 2,6 % de leurs placements sans risque et de 7 % de leurs actifs risqués. Des solutions existent, comme l'assurance-vie. Peu de Français savent que, grâce à la loi Pacte, changer de contrat d'assurance-vie au sein d'une même société d'assurance sans perdre les avantages fiscaux liés à celui-ci est désormais possible. Pour le Think Tank, il serait intéressant de favoriser l'arrivée dans notre pays du « goal based investing » ou investissement par projet, méthode qui vise la réalisation d'un investissement en fonction de ses besoins et objectifs et non exclusivement de sa tolérance au risque.

Cinq axes de réflexion

Afin de mettre l'épargne des Français au service de la croissance et du pouvoir d'achat, la Fondation suggère de permettre aux acteurs du secteur de l'épargne de favoriser l'investissement de long terme, notamment en révisant la directive européenne Solvabilité 2 afin que soient pris en compte, de façon allégée, dans les calculs de solvabilité les investissements de long terme portés par les assureurs. Elle préconise aussi de procéder à une mise à plat fiscale en excluant du plafonnement des niches fiscales les investissements réalisés au profit de l'économie productive, en mettant en place un régime de faveur pour les souscriptions au travers de l'assurance-vie investie à plus de 40 % en unités de compte, en revalorisant et assouplissant les plafonds d'investissement du Plan d'épargne en actions (PEA), en repensant l'épargne réglementée ainsi qu'en créant un régime de transmission de ce plan. Parmi les autres propositions de la Fondation, citons la libération de l'épargne et le développement d'une épargne porteuse de sens, en encourageant toute entreprise cotée à proposer une offre réservée aux salariés en cas d'augmentation du capital, en créant des fonds d'investissement stratégiques territoriaux accessibles comme unités de compte et en réfléchissant à la création d'un modèle de fonds de pension à la française. Enfin, le Think Tank propose d'apprendre aux Français à quitter le monde de la garantie en mettant en place, dès la rentrée prochaine, en classe de troisième, 20 heures de cours consacrées aux fondamentaux de l'éducation financière et une vingtaine d'épisodes d'un programme court sur les chaînes télévisées publiques reprenant ces principes.

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