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Foires et salons : employés et patrons protestent

« On veut bosser ! » Intermittents, salariés ou entrepreneurs de l'événementiel étaient une centaine, porte de Versailles à Paris, pour réclamer des aides et la réouverture des foires et salons, un secteur quasi à l'arrêt depuis un an et le premier confinement.
Foires et salons : employés et patrons protestent
© Viparis

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Technicien son, tapissier, peintre, traiteur, électricien, régisseur, designer, enseigniste, imprimeur, standiste... Les noms des métiers de l'événementiel étaient énumérés sur des banderoles ou sur des croix et cercueils noirs, figurant sous la pluie le cimetière d'une activité bloquée par l'épidémie de Covid-19.

« M. le Président, vraiment sûr de n'avoir oublié personne ? », questionnait sur une pancarte l'Organisation du personnel de la restauration dans l'événementiel (Opre), qui appelait à ce rassemblement avec le collectif Prestataires foires et salons (PFS) et la Fédération des métiers intermittents du tourisme, de l'événementiel et de la culture (Fmitec). Depuis mars 2020, « très peu de personnes ont pu travailler. La situation est vraiment dramatique et l'avenir très incertain », s'est inquiété Carole Hasson du collectif FPS auprès de l'AFP. L'an dernier, « pendant sept mois, nos entreprises n'ont pas eu d'aides à la hauteur de notre préjudice. On a épuisé nos trésoreries », s'alarme-t-elle.

Le collectif souhaite notamment
« un allongement du PGE » (prêt garanti par l'État) pour le « rembourser sur huit ans au lieu de quatre », voire « une prise en charge par l'État d'une partie de ce prêt », détaille Carole Hasson, gérante et commerciale de son entreprise de conception de stands, dont son mari est salarié. Son conjoint est « en chômage partiel. Heureusement, ça nous sauve », alors « qu'il faut continuer de payer les charges, l'Urssaf, le loyer, les assurances, le comptable... »

« On veut travailler. On adore notre métier », s'enflamme Yann Gaudry, cofondateur de l'Opre, qui défend les intermittents de l'événementiel et réclame un régime spécifique d'assurance chômage. « On est en CDD, donc on n'a pas le chômage partiel et nos droits aux allocations chômage n'ont pas été gelés » comme ceux de « nos cousins intermittents du spectacle. On sent vraiment une injustice », proteste ce maître d'hôtel.

« Livreur pour faire bouillir la marmite »

Venu en tenue blanche de cuisinier, Pierre-Emmanuel Petit a pu « travailler à Roland-Garros l'an dernier et pour quelques mariages autorisés pendant l'été ». Depuis, il est devenu « livreur pendant un mois et demi pour faire bouillir la marmite » et va « être obligé de reprendre un CDD ». Comme lui, certains se tournent vers d'autres métiers, car il y a les factures à payer. « On est en train de sacrifier une partie du personnel, des compétences », déplore-t-il. L'aide gouvernementale garantissant un revenu mensuel de 900 euros aux intermittents de l'événementiel et du tourisme ? « Personnellement, je ne connais aucun bénéficiaire. »

Pestant contre sa « situation devenue précaire », alors qu'il travaille habituellement environ 2 000 heures par an, Éric, maître d'hôtel, souhaite « les mêmes avantages que les intermittents du spectacle ». À cause de la Covid, « on nous empêche de travailler », proteste celui qui « aime son travail, varié, dans des lieux et styles de restauration différents ». Salariée en CDI de Viparis, gestionnaire de sites de congrès et d'exposition en Ile-de-France, Solange Weyn « travaille deux demi-journées par semaine et, le reste du temps, est en chômage partiel ». « Depuis début 2021, on nous annonce que ça va redémarrer, et puis non... On lance des choses et on doit annuler », regrette-elle. « On a pourtant élaboré un protocole sanitaire avec comptage des visiteurs, sens de circulation, distributeurs de gel hydroalcoolique. On est prêt. On n'attend qu'une chose : réattaquer. »

Karine et Xavier Delaunay gèrent une entreprise de menuiserie, spécialisée
« depuis 26 ans dans les stands ».
« Maintenant, on fait des cuisines pour des particuliers », une activité « beaucoup moins rentable », raconte le menuisier. « On est en colère. On nous interdit de travailler, mais on doit payer nos charges », s'insurge sa femme.
« On veut bosser. Comme les aides ne sont pas suffisantes, qu'ils nous laissent bosser », insiste Julie Lesaing, qui exploite un bureau d'études avec son mari.
« L'État doit juste nous faire confiance. Les gestes barrières, on les connaît. » n

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