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Fermeture du centre éducatif renforcé d'Eup

Le CER d'Eup, qui accueillait au pied des Pyrénées des mineurs délinquants jusqu'à sa fermeture provisoire après une série d'agressions, ne rouvrira finalement pas ses portes aux termes d'un arrêté préfectoral.

Droit Publié le ,

L'arrêté décrète, à compter du 1er février, la fermeture définitive du CER, qui était géré par l'association Anras en vertu d'un agrément octroyé par la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Le préfet de Haute-Garonne avait initialement suspendu cet agrément jusqu'au 31 décembre, après enquête de la PJJ, à la suite d'une succession d'agressions et de dysfonctionnements à l'automne. Depuis l'arrivée de sept mineurs début septembre dans les locaux du CER, les incidents graves étaient en effet allés crescendo, avec, en toile de fond, des tensions au sein même de l'équipe et un conflit avec la nouvelle direction. Des plaintes pour violences avaient été déposées par les salariés du CER auprès des gendarmes, appelés à la rescousse plusieurs fois. Une surveillante a porté plainte pour agression sexuelle. L'atmosphère était devenue si délétère qu'un éducateur, dont le fils est soupçonné d'être mêlé à une agression contre les jeunes, avait été licencié. Un surveillant de nuit, qui a eu le nez cassé, a également été licencié.
Dans l'échelle des réponses pénales à la délinquance des mineurs, la cinquantaine de CER viennent en amont des 43 Centres éducatifs fermés (CEF), eux-mêmes derniers recours avant la prison. Les jeunes y sont placés en session unique de quelques mois, conçue comme un séjour de rupture destiné à les soustraire à leur milieu naturel. L'association, qui emploi 1 700 personnes, a déposé auprès de la préfecture un recours gracieux contre l'arrêté de fermeture, et introduit auprès du tribunal administratif de Toulouse un référé pour demander sa suspension pour cause d'"illégalité". François Caspary, délégué syndical central CGT, accuse l’association de faire des salariés licenciés des "boucs émissaires" et déplore qu’elle ne se soit pas "remise en question par rapport aux graves dysfonctionnements" de l'automne.

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