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« Femmes défenseures » : l’initiative Marianne présente ses lauréates aux avocats

L’initiative Marianne a présenté les lauréates de sa première promotion lors de l’événement « femmes défenseures », en partenariat avec l’Ordre des avocats de Paris, afin de célébrer l’engagement féministe de la diplomatie française.
« Femmes défenseures » : l’initiative Marianne présente ses lauréates aux avocats
© DR - de gauche à droite : Caroline Broué, Abier Al Masri, Roshna Khalid et Nagham Hasan

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L’initiative Marianne a été lancée à l’Élysée, et en présence du président Macron, lors la Journée internationale des droits de l’Homme, le 10 décembre 2021, afin de renforcer l’action de la France en faveur des défenseurs des droits humains, tant à l’étranger qu’en France. Les lauréates de la première promotion, composée exclusivement de femmes, ont témoigné lors d'une conférence co-organisée le 28 juin dernier par le Barreau de Paris, la Délégation interministérielle à l'accueil et l'intégration des réfugiés, le ministère des Affaires Étrangères et l'association Marianne. Ces femmes ont également pu partager leur expérience d’activiste et les défis, ainsi que les dangers, auxquels elles sont confrontées.

Etaient présents à la Maison du Barreau, aux côtés des lauréates, Julie Couturier, bâtonnière de Paris, Vincent Nioré, le vice-bâtonnier, Delphine Borione, Ambassadrice pour les droits de l’Homme ainsi qu’Alain Régnier, Préfet et délégué interministériel chargé de l'accueil et de l'intégration des réfugiés.

Une initiative pour renforcer l’engagement français dans la défense des droits

Initiative Marianne a vu le jour en décembre 2021, à la demande du président de la République. De nombreux partenaires se sont alors réunis autour d’Alain Régnier, et des ministères de l'Europe et des Affaires étrangères ainsi que de l'Intérieur, pour mettre en place cette initiative. Comme l’a expliqué Delphine Borione, l’objectif poursuivi est de permettre que « la France fasse plus pour honorer cet engagement qu'elle a toujours pris pour les combattants de la liberté, pour renforcer notre politique de droits de l'Homme, essentielle dans notre politique étrangère, à la fois humaniste et féministe ». Elle a également tenu à souligner que lutter pour les libertés, pour les droits fondamentaux, essayer de faire cesser leurs violations dans le monde implique que des gens les défendent et que la société civile et les institutions s'engagent pour la protection des droits de l'Homme.

Pour ce faire, Initiative Marianne s’appuie sur trois piliers. Le premier est le soutien aux défenseurs des droits de l'Homme, directement dans leur pays. Le deuxième est l’accueil en France des femmes de l'initiative Marianne, et qui ont notamment été reçues à l'Elysée, autour du président de la République. Le troisième pilier est la synergie, le travail commun de tous les partenaires afin de « pouvoir mieux travailler ensemble ainsi qu'avec les programmes internationaux », a souligné l’ambassadrice pour les droits de l’Homme.

« Avocates des droits humains et actrices majeures du changement »

« Les femmes, on le sait, sont de tous les combats en France », a d’emblée déclaré Vincent Nioré, citant comme figures emblématiques Gisèle Halimi et Simone Veil. Les droits des femmes sont une thématique bien d’actualité, avec la remise en cause du droit à l'avortement aux Etats-Unis, qui a d’ailleurs amené la bâtonnière de Paris et son vice-bâtonnier à proposer d’intégrer ce droit dans la Constitution française. Les lauréates de l’initiative Marianne sont également des femmes combattantes et s’illustrent par la diversité de leurs engagements et de leurs parcours, exceptionnels. Originaires d’Afghanistan, de Birmanie, de la Biélorussie ou encore de la Syrie, de la Palestine et d’Irak, elles défendent les droits des femmes et des minorités, militent contre les mutilations sexuelles génitales, contre toutes les formes d’homophobie, et pour les droits environnementaux et la protection de l’environnement. D’autres sont également engagées sur le terrain des droits civils et politiques, en combattant notamment les détentions arbitraires et en militant contre les atteintes aux les droits humains.

« L'engagement de nos lauréates les expose très dangereusement, car leur vie, pour certaines d'entre elles, la plupart, est en danger », a également tenu à souligner Vincent Nioré après avoir salué leur courage et leurs actions, qui forcent l’admiration. Le vice-bâtonnier a également adressé une pensée toute particulière à celles qui n’ont pas pu témoigner publiquement pour des raisons de sécurité et qui ont été contraintes de garder l'anonymat lors de leur venue à l’évènement.

Aux femmes qu’il qualifie « d’avocates des droits humains » et « d’actrices majeures du changement », Vincent Nioré a assuré qu’elles pourraient toujours compter sur le soutien perpétuel du barreau de Paris, dans chacun de leurs combats. « Je tiens, et nous tenons avec la bâtonnière Julie Couturier, à vous adresser nos plus chaleureux remerciements. Merci », a-t-il conclu.

Julie Couturier et Vincent Nioré
© D.R.

Des femmes engagées pour les droits civils et la démocratie

Parmi les lauréates de l’initiative Marianne, trois femmes, Abier Al Masri, palestinienne, Roshna Khalid, afghane, et Nagham Nawzat Hasan, irakienne, ont témoigné lors d’une table ronde sur le thème de droits civils et politiques et de la transition démocratique, animée par la journaliste de France Culture Caroline Broué.

Abier Al Masri, originaire de Gaza, a été interprète pour des journalistes avant de devenir professeure d’anglais et formatrice pour des organisations à but non lucratifs étrangères et locales là-bas. Depuis 2016, elle est assistante principale de recherche pour la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch. Elle y documente, analyse et les violations des droits humains perpétrées sur la bande de Gaza, notamment celles dues à l’enclavement du territoire. Son objectif en France est de sensibiliser sur le sort du peuple de Palestine, de Gaza, de défendre leurs droits d’une seule voix, et ce en militant davantage. Elle compte d’ailleurs monter un réseau d’action en ce sens sur le territoire national. Elle a également alerté sur le fait que l’apartheid israélien est la réalité quotidienne des Palestiniens, qui ne sont toujours pas libres de circuler au sein de ce territoire, tout comme de Gaza.

Roshna Khalid a été la deuxième intervenante de cette table ronde à prendre la parole. Celle qui a été la première femme à être présentatrice pour la télévision nationale dans toute la région du nord de l’Afghanistan, en 2008, a toujours voulu porter la voix des femmes, des enfants, de la société afghane. Elle a aussi été nommée directrice de l’Institut de l’Enseignement Technique et Professionnel de sa province et est porte-parole du bureau du gouverneur provincial, chargée des affaires sociales, des postes qu’elle occupe jusqu’en 2021. Engagée pour l’égalité entre les femmes et les hommes, elle a fondé une radio dédiée aux droits des femmes et notamment à l’éducation et la représentation médiatique. Mais, à cause de nombreuses menaces pour ses activités par les talibans, elle a dû s’exiler en France l’an dernier. Devant l’auditoire, elle en a appelé au soutien de la France, à son appui ainsi qu’à celui de l’ensemble de la communauté internationale pour faire entendre davantage la voix des femmes afghanes et défendre leurs droits.

Enfin, l’irakienne Nagham Nawzat Hasan, docteure en gynécologie, s’est exprimée sur son engagement, depuis deux maintenant vingt ans, pour les droits des femmes et des minorités religieuses, notamment la communauté yézidie. En 2014, après le génocide des Yézidis dans la région du Sinjar, perpétré par l’Etat Islamique, elle s’est engagée auprès des personnes déplacées pour leur apporter une aide médicale. Nagham Hasan a d’ailleurs salué la reconnaissance par la France de ce génocide et son accueil de nombreuses familles survivantes.

Peu de temps après, elle a décidé d’apporter aux femmes qui avaient réussi à échapper à la captivité une aide tant psychologique que physiques, afin de les aider à se reconstruire. Elles qui se retrouvent alors sans leur famille et sans moyens financiers pour s’en sortir.

En 2016, elle est nommée International Women of Courage par le département d’Etat américain pour son engagement. Elle continue à se battre pour la reconnaissance du crime de génocide et des violences sexuelles que ces femmes ont subi.

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